10 mai 2020
Accueil > Mots-clés > _Catégories > _Journal | contretemps
_Journal | contretemps
Articles
-
le souvenir de son existence terrestre
10 mai 2020, par arnaud maïsetti -
sans être là
30 novembre 2018, par arnaud maïsetti30 novembre 2018
-
en coup de vent
23 novembre 2010, par arnaud maïsettiIdiot Wind (Bob Dylan, ’Blood on the Tracks’ (NY Sessions), 1975)
La chaussée est très large, en sorte Que l’eau jaune comme une morte Dévale ample et sans nuls espoirs De rien refléter que la brume, Même alors que l’aurore allume Les cottages jaunes et noirs. P. Verlaine (Romances sans paroles, ’Streets’)
J’aurais passé moins d’une révolution de soleil à Paris — pied posé sur la grande ville un peu avant midi, et à six heures du matin le lendemain, j’étais parti : j’aurais vu le (…) -
foules
10 mars 2010, par arnaud maïsettiLes soirs de matchs, dans la ville, c’est le même grouillement : on voit des rangées de cars de police, des chiens, des foules emportées par le même pas vers le stade, de l’autre côté du cimetière près duquel je vis et d’où je les vois.
Dans le froid nouveau, le vent âpre, ils ralentissent à peine. Le soir, on entendra par moments des éclats de bruits, et de là où vient la lumière haute nous reviendra un peu le relent des défaites, des victoires, qu’importe demain on parlera du match (…) -
contre-tendanciel
6 mars 2010, par arnaud maïsettiRegarder la réalité en face : ne pas s’écarter de cette exigence — prendre en compte la totalité des paramètres (vitesse du vent, intensité de la lumière, teneur de fatigue dans le sang, hauteur des lucarnes, gramme de violence contenue par volume d’air expiré) : et tenir les comptes à jour : à chaque secousse, le jour perd du temps sur lui-même. Lui en restera-t-il assez, à l’heure du bilan ?
Lu dans le journal :
Le séisme survenu samedi au Chili a secoué la Terre… et très légèrement (…) -
le sommeil d’amour dure encore
21 juin 2020, par arnaud maïsetti21 juin
-
ruissellements, soleils (sommeil aux cris de la foule)
3 juin 2012, par arnaud maïsettiDans le lit tard Nous sommes là Nous recommençons Tout
J’ai du mal À y croire Je vois des bras De mer
Y. T.
Les premières gouttes de ciel tombent sur moi ce soir quand je rentre du soleil frappé si fort sur le visage et les yeux, que le sommeil en plein jour (cela ne m’arrive jamais) — comme si j’avais dû passer par le rêve pour continuer.
Mais je n’ai pas rêvé — juste déposer ma tête comme on se confie tout entier et sa peine et sa force à qui pourrait les consoler, et les accepter (…) -
être exclu du spectacle
17 avril 2020, par arnaud maïsetti17 avril 2020
-
au-delà
20 octobre 2009, par arnaud maïsetti« Il s’arrête pour s’orienter. Tout à coup il regarde à ses pieds. Ses pieds ont disparu » V. H.
Double opacité du réel : maillage si serré qu’il étreint ; je cherche au-delà. Double formulation de cela : dans la tête d’abord, les mots tout à la fois, et la douleur en premier ; et dans la bouche ensuite, l’ordre successif que cela prend.
« Qu’ainsi, rejeté de moi, ceci, que / Je sais d’aujourd’hui, si franc, si fécond et si clair, me toise, et m’épaule à jamais sans défaillance » (V.S) (…) -
peut-être les regards des combattants me cherchent-ils à travers l’obscurité de la forêt
2 mai 2020, par arnaud maïsetti2 mai 2020
-
dans les haies d’Ajloun
6 octobre 2019, par arnaud maïsetti6 octobre 2019
-
Vincit qui patitur (la brume)
3 février 2014, par arnaud maïsettiJournée longue comme un arbre qui va s’effondrer.
En remontant le soir vers la ville, les affiches électorales, de nouveau, grotesques, dérisoires — quelque chose comme ce mot de foutaises, et pourtant, je pense (mais pourquoi ?) au Bachelier de Jules Vallès, et aux camarades qui dans Le Ventre de Paris s’assemblent dans ce petit café à Châtelet pour parler de la Sociale.
Grande mélancolie passant devant une banque en voyant un jeune garçon (mon âge peut-être), le visage mangé par une (…) -
le tranchant de l’œil en éveil
2 août 2017, par arnaud maïsetti2 août 2017
-
Sit tibi terra levis (je veille)
5 février 2014, par arnaud maïsettiCe sont de grandes pluies, sur fond de ciel complètement évanoui, entre nous et lui quelque chose qui appartient à la déchirure, et le long d’elle s’écoule la peine qu’il faut pour la rejoindre, comme des larmes sans cesse, sur fond d’aucune tristesse — cette phrase que j’entends pour la première fois, comme une émotion comme éprouverait pour la première fois :
« La douleur est comme une souffrance qui n’a trouvé personne pour la vivre »
Je marche le long de cette pluie, et à travers (…) -
page deux cent une
13 octobre 2010, par arnaud maïsettiDust Lane (Yann Tiersen, ’Dust Lane, 2010)
« et il fera bientôt nuit sans que l’ont ait vu le jour, le jour est fini, se charge d’une masse invoyante lourde sombre qui se baisse et qui est ramassée par le vent fort et glacial, qui est remuée par le ciel, le ciel bouge en restant dans sa masse moite noire, le ciel remue sans résultats, il va tomber, il va donner de la pluie glaciale dans le vent, on ne peut plus se retourner, ni sortir, ni voir. » C. Tarkos, Anachronisme (2001
Comment (…) -
le nom des arbres : comment je tue le temps
12 mai 2015, par arnaud maïsettiJe n’ai jamais su le nom des arbres, ni des bêtes ni des nuages, ni des vents (sauf deux), ni des formes des colonnes dans les églises anciennes, ni des sept Muses et sont-elles sept, ni des théorèmes de géométrie, ni rien qui pourrait me permettre d’aller au milieu des vivants et me croire tel. Je sais qu’il y a des arbres pourtant, et le vent, je le sais parce que l’arbre tremble tout près, mais tout cela me dépossède davantage de mon propre nom, et l’ombre sous mes pas bascule lentement (…)
-
nous vivons dans une fausse croyance
31 mars 2020, par arnaud maïsetti31 mars 2020
-
vision du corps de Baudouin IV le Lépreux
1er novembre 2019, par arnaud maïsetti1er novembre
-
des mers virides
11 octobre 2011, par arnaud maïsettipoussières d’algues sur le fleuve immobile Je ne choisis pas : il y a des signes objectifs qui s’imposent. Cette couleur, ce mot plutôt, le mot vert, par exemple : je l’ai rencontré toute cette journée, à mille endroits, pourquoi.
Signe d’espoir, le vert est le symbole de la jeunesse, de l’inexpérience et de la crédulité, probablement par analogie aux fruits non mûrs.
Combien de manière de nommer un seul jour – quand un jour comme celui-ci est passé sur un même ciel gris cassé, et moi, (…) -
de grands incendies
2 juillet 2011, par arnaud maïsettiBreathless (Cat Power (reprise de Nick Cave), ’The Jukebox’, 1998)
« It’s up in the morning and on the downs Little white clouds like gambolling lambs And I am breathless over you »
Plus tu auras réussi à écrire (si tu écris), plus éloigné tu seras de l’accomplissement du pur, fort, originel désir, celui, fondamental, de ne pas laisser de trace. Quelle satisfaction la vaudrait ? Écrivain, tu fais tout le contraire, laborieusement le contraire !
Henri Michaux, (’Poteaux d’angle’) (…)
