F. Pessoa | « les rêves de quelqu’un qui pense »
26 avril 2013



Fernando Pessoa, La Mort du Prince


Tout ne serait-il pas une vérité entièrement différente – sans dieux, sans hommes et sans raisons ? Tout ne serait-il pas quelque chose dont nous ne pouvons pas même concevoir que nous ne le concevons pas – le mystère d’un monde totalement autre ? Pourquoi ne serions-nous pas tous – hommes, dieux et univers – les rêves de quelqu’un qui pense, placé pour toujours en dehors de ce qui existe ? Et ce quelqu’un qui rêve ou qui pense, pourquoi ne serait-ce pas quelqu’un qui ne rêve ni ne pense, soumis lui-même à l’abîme et à la fiction ? Tout ne serait-il pas un tout-autre-chose, ou rien du tout, et ce qui n’est pas ne serait-ce pas la seule chose qui existe ?


arnaud maïsetti - 26 avril 2013

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