Statuaires, paroles muettes
13 novembre 2013




(sta-tue) s. f.

Figure entière et de plein relief, représentant un homme ou une femme, une divinité, un animal, un dieu, un cheval, un lion.

Littré

Mélancolie de l’homme : « si je suis là, c’est au même moment où tu es, si loin, et que la lumière me frappe comme pour dire : je frappe aussi celle qui est auprès d’autres corps, si loin, pour la seule raison du crépuscule, des désirs emportés. »

Songe de la femme : « je vais d’une heure à l’autre, doucement, et d’un corps d’homme à l’autre, avec les yeux, avec les lèvres, et sous mon corps ceux qui passent sont ceux qui savent qu’il n’y aura que du passé après moi. »

Soupir de la divinité : « sur mon corps mon nom est gravé pour qu’on s’en souvienne, mais il l’est à l’endroit de mes yeux : comme saurais-je le voir ? et dans mes mains, le couteau et les larmes, et l’oubli partout. »

Désir de l’animal : « la fuite, les deux pieds dans la pierre, mais la fuite par tous les moyens, comme par exemple : prendre forme humaine, et se taire, hurler intérieurement tous les cris de toutes les bêtes, mais avaler la pierre d’abord pour arrêter le cri. »

Infirmité de Dieu : « Autrefois bien sûr, mais maintenant, pour quoi faire ? »

Folie du cheval : « Franchir, même debout. »

Douceur du lion : « Je voudrais, je t’en supplie, que tu plonges ta main dans ma gueule, et je l’accepterai, comme le jour, comme la nuit, comme les moments qui précèdent le jour et la nuit, et je m’allongerai contre toi pour cette vie, et pour l’autre. »


arnaud maïsetti - 13 novembre 2013

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