Hoffman & Bonfand | 20 photographies
21 septembre 2009



Premier texte dans la collection Arts et Portfolio de Publienet que je coordonne avec Jérémy Liron : à voir sur le site du livre pour s’abonner ou pour vous procurer l’ouvrage (numérique)...


20 PHOTOGRAPHIES, ALAIN BONFAND/LUKAS HOFFMANN .
PDF, 48 pages + version eBook.
ISBN 978-2-8145-239-0.
Les 15 premières pages à feuilleter librement ci-dessus.
Téléchargement texte intégral 5,50 euros.


Lancement, aujourd’hui, de la collection Portfolio sur Publie.net — collection que nous a confiée, à Jérémy Liron et moi, François Bon. Je relaie ici mon texte de présentation en ligne sur le site, et qui voudrait essayer de définir rapidement les enjeux, pour nous, de cette collection. Articulation texte et travail plastique ; vue sur l’atelier ; mise en relation des travaux plastiques et d’écriture ; circulation des supports et travail sur les richesses plastiques. Internet, non pas lieu de repli, mais territoire de conquête.

Qu’internet soit plus qu’une vitrine de présentation, mais un véritable site de recherche et mise en relation, c’est une évidence. Qu’il devienne l’enjeu et même l’outil des travaux plastiques, on l’espère même.

Plusieurs portfolios en cours, et à chaque fois, travail passionnant de recherche pour représenter les photographies (pour la couverture : Estelle Petit ; charte graphique et mise en page : Jérémy Liron) ; pour creuser la question que posent la représentation elle-même et son rapport au monde.

Voir en retour comment le regard des plasticiens travaille l’écriture qui essaie de l’envisager.

Pour moi, grande fierté de participer à cette aventure-là ; déjà tant appris en quelques mois d’accompagnement de Jérémy — et beaucoup de projets passionnants en cours.


>voir en ligne : 
 
- publie.net, la page d’accueil 

-  la page de la collection 

- la page du premier livre : L. Hoffman/A. Bonfand 
 
- le site de Jérémy Liron, les pas perdus.


Parmi les mutations qu’Internet a produit ou provoqué, les plus profondes sont souvent les moins immédiatement perceptibles – dans le champ des arts, ce serait à la fois la mise en relation des travaux et la mise en tension de leurs échanges sans hiérarchisation de l’image et des textes qui voudraient s’en saisir. Les travaux de plasticiens non seulement deviennent facilement visibles, mais radicalement visibles, par expositions sur la Toile des évolutions de la démarche, des séries depuis le projet jusqu’à leur terme jamais finalement épuisé. À la fois galerie et atelier, c’est cette ouverture qui nous est donnée et qu’il nous faut, non plus seulement recevoir, mais penser.

Ce qui est nécessaire en effet, c’est de refuser le cloisonnement ancien des pratiques – de mettre en relation le travail sur la langue et le travail plastique sur la matière. Le Net engage précisément une mise en relation des travaux sans se préoccuper ni de la nature intrinsèque de ceux-ci, ni de leur prétendue hiérarchie. Pictura et poesis donc, dans le même souci de s’emparer de l’un et de l’autre, et l’un par l’autre, non pas pour réduire et annuler leurs spécificités, mais pour interroger les pratiques, faire circuler les énergies, produire des relations par flux d’intensités nouvelles.
Parce que les arts plastiques, graphiques, photographiques ou picturales nous apprennent plus qu’à voir le monde : à le dévisager, l’envisager sous des rapports qui le renouvellent, l’approfondissent, et l’élargissent, l’écriture apprend peu à peu en retour à produire une langue neuve à l’épreuve des territoires que ces arts arpentent.

Le parti pris de cette collection est de confronter un travail plastique à un texte qui voudrait, sans souci d’illustration, le prendre en charge – charge d’énergie, ici encore. Refusant l’illustration ou l’explication, les textes qui s’affronteront aux images, voudraient seulement interroger de l’intérieur les possibilités du regard du plasticien, dans sa tâche de désignation du monde, de révélation chimique du réel : double charge de nomination.
L’enjeu est évidemment double – donner à des artistes la possibilité de montrer leur travail dans un contexte politique et économique qui leur donne de moins en de moins de place, alors que la production plastique nous est de plus en plus vitale ; et permettre plus qu’un dialogue, une véritable mise en relation des langues et des regards, en frères.
Le premier livre que la collection portfolio de Publie.net propose est un travail photographique du jeune plasticien Lukas Hoffmann, auquel le philosophe Alain Bonfand répond, littéralement par une lettre adressée à l’artiste, et que nous reproduisons ici. Cette lettre se clôt en toute simplicité et évidence par l’amitié qui signe en quelque sorte autant les propos de A. Bonfand, que la nature de cet échange – amitié d’un travail qui exige de l’autre à se porter à hauteur du regard, amitié de la relation produite dans et par l’œuvre lue, comme par emprunt de ce regard qui rehausse le monde à nos yeux.


arnaud maïsetti - 21 septembre 2009

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