Shannon Wright | Ways to make you see
23 février 2014



Shannon Wright, "Ways to make you see" (de l’album réalisé avec Yann Tiersen, en mon adolescence (mais quand ?) — ici en live à la Loge, en 2010



Quand la musique se fait contre soi pour dépouiller davantage le corps, mettre à nu la sensation d’être ici. Les notes tombent les unes après les autres, basse continue mélodique brisée par éclats plus aigus de sons qui la percent, et parfois en cascade des arpèges qui dégringolent le temps — et pour emporter la vanité de la musique, la voix qui relève ce qu’un cri peut chanter quand il est toute sa douleur, le regret de chanter après l’expérience qui l’a rendu mélodie, la grande force de dépouiller cette douleur pour qu’on puisse, soi-même, s’y confier et lui confier quelque chose de plus grand, de plus grand.

(C’est toi qui me suis, sous tes pas glisse toute confiance, oh non, c’est impossible, jamais tu ne sauras qui je suis.)

(Toutes les façons de te rendre la vue, ce n’est pas que l’amour m’ait abandonné, oh toutes les façons de te rendre la vue, ce n’est pas cela —)

(je n’ai pas mal, je n’ai pas peur maintenant, je n’ai pas peur)


S’en laver, comme de l’eau brûlante sur la peau, s’en laver longuement.


arnaud maïsetti - 23 février 2014

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