le long de la ligne
4 février 2009


Approche d’une définition fantastique de la ville par sa vitesse
son épaisseur de corps inertes et mis en mouvement

Ce qui passe de la ville, depuis le métro par lequel on la traverse

(Et des reflets qui se déposent sur elle, ce qu’il reste)

Le bougé du réel : le tremblé du monde qui s’y imprime dans l’avancée qu’on lui impose

Les fils qu’on suit, qui se superposent, qui fuient

Et puis - ces corps, ces corps qui se posent sur l’écran comme des zones opaques

Empêchant la lumière de traverser

Ces corps, qui n’offrent ici qu’une résistance moindre

Relâchant l’effort dans ces endroits de plus grande lassitude

Ces corps qui se laissent capter, à défaut d’être approchés

Qui s’effacent pourtant (non : qui se diluent)

Fantômes qui prennent formes endormies des rêves que la ville produit sur eux

Abstraction - abstraction délivrée de la ligne narrative : rendue à la ligne brutale du délire comme opération d’invention du monde : de la projection qui lui donne corps (et esprit)

Des nouveaux récits qui émergent à la surface : s’en saisir - en endosser la charge politique (=marginale), la revêtir du simple regard de sa puissance lyrique : c’est qu’entre chaque photo se révèle une béance en laquelle passe la douleur de la vie avant la vie (autre formulation : du pouls battu contre moi, n’en retenir que le temps mort avant le ressaisissement inévitable des forces)

Ce qui demeure :

De cette approche de la ville par obturation fantastique de la ligne

(Droite, donc, d’un point à un autre : le plus court chemin vers le monde)

La trace du parcours, en soi - trajet imaginaire de la nuit sur nombreuses épaisseurs mouvantes


novembre 08










février 09








arnaud maïsetti - 4 février 2009

Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu