À un ami | « On se fourvoierait à réveiller au sujet de Blanqui le spectre du « Surhomme ». »
30 septembre 2014


Par le Parti Imaginaire.


On se fourvoierait à réveiller au sujet de Blanqui le spectre du « Surhomme ». Ses ennemis s’en chargent amplement.

« Esprit sombre, altier, farouche, atrabilaire, sarcastique, ambition immense, froide, inexorable, brisant les hommes sans pitié pour en paver sa route. Cœur de marbre, tête de fer. »

« La tête et le cœur du parti prolétaire en France » (un journaliste).

« Le plus cynique des démoniaques conjurés pour la perte de la société moderne » (un réactionnaire).

Manœuvres commodes pour assurer hors les geôles l’isolement d’un être.

Le Surhomme est un hochet, comme l’Homme est une chimère. Il suffit de distinguer entre l’existence médiocre qui est flottement, navigation à vue parmi les possibles, et l’existence décidée qui s’est une fois attachée à une vérité et chemine, et opère, depuis là. Il n’est pas curieux que le mot destin dérive du verbe destinare, qui signifie « attacher ».

Qui s’attache ainsi devient de moins en moins une personne et de plus en plus une présence. Il est de moins en moins « humain », mais de plus en plus commun, de plus en plus simple. ON traite à juste titre d’« irréductible » le sujet d’un tel attachement, puisqu’en effet il n’est plus réductible à lui-même pour notre part, nous nous plaisons à nommer les réductibles la foule de ceux qui, se prenant pour des personnes, se trahissent à tout moment.


Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu

_Auguste Blanqui _Interventions