À un ami | « Qui se résorbe en un destin se trouve de plain-pied avec ceux qui le partagent. »
7 novembre 2014



Par le Parti Imaginaire.


Qui se résorbe en un destin se trouve de plain-pied avec ceux qui le partagent. L’expérience de l’amitié est le plus doux effet d’une telle discipline.

« Je regarde comme une conquête d’avoir fait alliance et amitié avec quelques cœurs dévoués capables de grande affection et de grands sacrifices, c’est une force que n’a pas tout le monde. »

Tout comme l’amour ressortit au cloaque romantique, l’amitié fait partie des joies blanquistes. Elle est cette rare forme d’affection où l’horizon du monde ne se perd pas. « L’amitié, dit Hannah Arendt, n’est pas intimement personnelle, mais pose des exigences politiques et demeure référée au monde. » Là, des êtres s’entr’appartiennent dans l’élément libre, c’est-à-dire qu’ils s’entr’appartiennent pour autant que chacun appartient toujours-déjà à un destin. Si, dans son Lélius, Cicéron doit prévenir contre les dangers de sécession que l’amitié recèle pour la Cité, c’est qu’un monde inique, une société détestable, ne s’oublient pas dans l’amitié comme dans les suffocantes ivresses de l’amour. Elle a même toutes les chances de se tourner contre un tel monde, contre une telle société. Pour parler en termes abrupts : toute amitié est aujourd’hui de quelque manière en guerre avec l’ordre impérial, ou n’est qu’un mensonge.


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