España #3 | Tarragona & Valéncia
6 décembre 2014




Dans Tarragone, troisième jour, seulement passer — à peine voir les ruines qui sont toute la ville, vestiges romains sur quoi la ville est posée et partout Rome dépasse, on pose des plaques pour écrire que sur telles pierres tout un monde aujourd’hui perdu, et sur telles autres, on ne sait pas, on écrit quand même, on pourrait tout écrire ; il y a surtout (je n’en avais jamais vu) un hippodrome effondré, seule une tribune debout, on nous demande sur une plaque d’imaginer les bruits ; on se tient ici au centre et les chevaux nous frôlent ; plus loin l’université est en grève ; aux piliers de la cathédrale, des figures aux visages impassibles tendent depuis des siècles des livres illisibles ; midi brûlant a chassé toute la ville et c’est à peine si on entend la mer, proche, battre — partir.







Valence est un autre pays ; les drapeaux le disent cette fois en haut des plus hauts bâtiments, ce n’est plus la Catalogne, ce n’est plus la Tarraconaise, c’est le Royaume, la loi battue par la Monarchie constitutionnelle parlementaire unitaire qui partout signe le retour d’une langue et la forme de la ville, large et profonde, comme plus haute aussi, et plus lointaine ; ici la Renaissance plutôt que Rome, et ici le Christ en sang déjà plutôt que l’Église, ici la fatigue Baroque sur laquelle ploie nos propres errances ; ici la vitesse de notre siècle qui circule et sous nos yeux passe.










arnaud maïsetti - 6 décembre 2014

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