Georges Bataille | Le désordre de la pensée
29 mars 2015



Dans ce projet que je commence d’une histoire de l’éblouissement à partir de George Bataille, commencer par sa voix (aveugle, évidemment) : et cette élégance du saccage.


Émission de l’ORTF, d’André Gillois, du 20 mai 1951.
Bataille s’entretient avec différents intellectuels : Emmanuel Berl, Maurice Clavel, Catherine Gris, Jean Guyot, le Dr. Martin et Jean-Pierre Morphé.

Extrait de l’émission sur France Culture Une vie, une œuvre, 2011

« Évidemment, je suis philosophe, au moins jusqu’à un certain point, et toute ma philosophie consiste à dire que le principal but que l’on puisse avoir est de détruire en soi l’habitude d’avoir un but.

Cela consiste à supprimer en somme ce que des millénaires d’humanité ont accumulé d’ordre dans la pensée au profit de ce désordre de la pensée qui me plaît et qui me parait somme toute contrevenir à une frustration générale.

Dans le désordre de la pensée naît par exemple la poésie, l’intensité des sensations et précisément ce qui détruit l’ordre. Et je ne crois pas que cela ait d’autres intérêts.

Il est essentiel pour les hommes d’arriver à détruire en somme cette servilité à laquelle ils sont tenus du fait qu’ils ont édifié leur monde, le monde humain, monde auquel je tiens, d’où je tiens la vie, mais qui tout de même porte avec lui une sorte de charge, quelque chose d’infiniment pesant, qui se retrouve dans toutes nos angoisses et qui doit être levé d’une certaine façon. »


arnaud maïsetti - 29 mars 2015

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