Vietnam #2 | Vers Sa Pa
26 octobre 2015



6 octobre. route vers le Nord.

De Hanoï, prendre le train du soir – indescriptible passage dans la ville, à deux mètres des habitations (images noires parfois éclairées de visages à la porte) ; dormir à peine jusqu’à l’aube qui se lève au milieu de la nuit. À cinq heures déjà, le jour au pied des montagnes du nord. On remontera tout le jour de Lao Caï, jusqu’à Sa Pa. Les fleuves qui se faufilent entre les buffles, les pistes qui grimpent jusqu’aux terrasses de riz ; ce n’est pas seulement un autre monde, mais la plongée dans un autre temps, arrêté, permanent, comme éternel.


train sur les antiques chemins de fer français :
dix heures pour quelques centaines de kilomètres


Lao Caï – au confluent du Fleuve Rouge et de la Nam Ti ;
Une ville comme un poste-frontière.
Au-delà, c’est la Chine du Xian autonome Yao de Hekou dans le Yunnan.
Ici sont les
bouches du fleuve.






Quelques kilomètres plus loin, plus haut ; le marché près de Xa Cõc Ly.
Un buffle vendu, ce sont trois motos achetés. On négocie.
On vend toute la journée de la viande vivante et des colliers de cuir.



Remonter la Rivière des Courants.
Longer une terre qu’on dirait vierge,
et qui s’enfonce dans le ciel.



Des chemins à peine balisés mènent à d’autres terres,
plantées de drapeaux millénaires,
terres qui pourraient être les mêmes qu’il y a des siècles,
et pour toujours.




Dans la route qui conduit à Sa Pa,
s’arrêter sur des promontoires faits pour regarder le travail antique du riz ;
on ne verra au loin que des silhouettes aller sur la ligne d’horizon,
porter ballots de paille et sacs lourds,
d’autres fouetter l’herbe,
d’autres encore, brûler la paille de riz.











Sa Pa.
Un simple village autrefois transformé par les français en terre de mission :
une église plantée comme une épée blanche pour évangéliser les peuples du Haut-Tonkin,
et des hôtels pour distraire ceux qui attendaient le dimanche d’évangéliser les peuples.
Autour, la brume est permanente, comme posée sur la ville et la montagne.
Ho Chi Minh chante les louanges d’une libération dans le brouillard.






La ville est un balcon posé en équilibre dans le vide.
D’ici, on voit le vide, avec lequel jouent la lumière et la montagne, la brume et le silence.
Au loin, on voit ce qui est si loin qu’il semble à des années.



Demain, s’enfoncer dans ces montagnes.


arnaud maïsetti - 26 octobre 2015

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