Pointe Rouge | ce qui dore, le soir
3 septembre 2016


Alain Bashung, Je me dore (Tournée des Grands Espaces, 2004)


Jamais le soleil ne voit l’ombre.
Léonard de Vinci

Et veille sur nous. Sur l’ennui terrible de ces jours avant la tempête, ou avant la nudité des branches. Avant les luttes qui recommenceront, et avant le sommeil qui viendra bien assez tôt. Avant les drames, après ce qui nous reste de joie. Veille sur nous depuis ce qui tremble sous le vent : le mot de canopée, celui de cime, d’adombrement du ciel par l’ombre elle-même. Tous ces mots mystérieux qui ne font que veiller le sens. Sur le sol, éclate en gerbes de nuit la vibration du vent. Veille sur nous infiniment. Entre nous et le ciel, rien d’autre que le tout dont nous sommes tissés. Tendre les mains vers ce qu’on ne touchera jamais : et prendre les images comme un voleur, sept fois recommencer, sept fois puiser ici le mouvement du ciel, sept fois se laisser envahir par les forces. La lumière dépose ici ce qui reste des mois brûlés de l’été : l’or qui bientôt va passer. Veille sur nous comme l’amant qui penché sur le corps de celle qui dort encore, veille, et regarde infiniment le corps qui se soulève, et s’enfonce dans la nuit qui l’habite.







arnaud maïsetti - 3 septembre 2016

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