De Marseille à Marseille en passant par Cahors | la run de lait
23 mars 2017


De Marseille à Marseille en passant par Cahors. Jeudi dernier, trajet vers l’Occitanie (j’apprends de nouveaux mots qui disent d’autres mondes) – je parlerai d’écritures et de théâtres, esquisserai un panorama, échangerai avec les énergies vives des dramaturgies d’aujourd’hui. Mais pour rejoindre Cahors, c’est la run de lait. Mot merveilleux du Québec pour dire ces trajets qui s’arrêtent dans le moindre village, dont on ne verra à travers la fenêtre du train que des gares semblables à toutes. Je déposerai sur twitter des images de ces images ; une semaine après, run de lait que je dépose ici – à contretemps parce que le temps est trop rapide sur moi, que sa run me laisse souvent comme un voyageur en retard dans une de ces gares, attendant le passage prochain d’un train qui ne viendra plus. Note : je me tromperai sur l’expression que je nommerai ronde de lait, ne sais pourquoi. L’amie K. – à qui je dois de l’avoir entendu la première fois – me dit que ma confusion donne à ce run l’allure d’une ronde de nuit à la Rembrandt : et j’en accepte l’image et l’énigme.


Vers Cahors pour parler écriture dramatique (si elle existe) (et si Cahors existe) (Pour le moment, c’est arrêt indéterminé à Arles)

Vers Cahors, ne même pas s’arrêter à Tarascon

Vers Cahors, Nîmes viendrait incontestablement en travers de la route qu’on longerait comme si Nîmes était la route elle-même.

Vers Cahors : Montpellier, tunnel noir sur lequel se reflète Montpellier, ce tunnel noir sur lequel se reflète Montpellier, tunnel noir

Vers Cahors : Sète soudain, en une fois.

Vers Cahors, Béziers était soudain semblables à toutes les gares, qui ressemblaient donc à Béziers.

Vers Cahors, Narbonne n’est pas une allégorie (ou alors : une allégorie de Narbonne)

Vers Cahors, Carcassonne sonne comme Carcassonne sonne.

Vers Cahors, ivre virgule devient ivre poteau et TER Languedoc-Roussillon

Vers Cahors, Toulouse est une rose est une rose

Vers Cahors, Saint-Jory est un éblouissement (tant que je n’ai rien vu de Saint-Jory)

Vers Cahors, le soleil ne cessera jamais de se coucher sur Grisolles

Vers Cahors : le contraire est vrai aussi, à Grisolles.

Vers Cahors, s’arrêter à Lamothe, le nom d’une terre qui va d’ici à maintenant (et c’est tout)

Vers Cahors, l’arrêt en gare de Falbas me rend contemporain de cette voiture arrêtée pour toujours en gare de Falbas.

Vers Cahors, la nuit etait tombée précisément sur Albias qui n’avait rien demandé.

Vers Cahors, son nom de Caussade dans Caussade désert.

Vers Cahors, Lalbenque est disparu.

Vers Cahors. Cahors.


arnaud maïsetti - 23 mars 2017

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