La Ville écrite | heureux qui comme
1er août 2017


À chaque pas l’ailleurs s’ouvre, comme une plaie : c’est une plaie, d’ailleurs, la déchirure qui te sert à nommer le monde est le monde lui-même, oui, alors tu vas en elle comme un désir : à chaque pas : et chaque pas le recommence, le ciel et la nuit qui tombent sur toi en même temps à mesure que tu fais rouler la terre sous ta fatigue, pas besoin de billet, ou d’avion, ou de rien d’autre que de ton corps qui s’avance : encore : et encore, c’est ici, l’ombre de tes pas dessine les pays neufs à chaque seconde et si tu t’arrêtais, le voyage continuerait par dessus toi, le soleil dessinant sa ligne d’ombre ferait basculer le temps et les lumières et tout bouleverser des corps qui autour de toi s’approchent, vont se jeter sur ta peau, tu es ici toujours ailleurs, et quand tu seras ailleurs, tu auras sous tes pieds le seul ici qui compte : et que tu laisseras avec ta sueur, puisque tu t’en iras, encore : et encore, chercher d’autre ici, d’autres impossibles ailleurs : rien ne t’attend et tu iras voir de plus près là où tu n’es pas : il suffit d’ouvrir les yeux, c’est de ce côté de la vie.


arnaud maïsetti - 1er août 2017

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