La Ville écrite | un mur propre
20 septembre 2017


céder à la provocation était notre façon de jeter nos corps sur chaque parcelle de la ville qui n’attendait que cela, puisqu’elle n’était faite que pour nous.

avec les mots qu’on griffait sur elle comme des caresses, on parlait à ceux qui passaient et ne passaient pas : on s’adressait au murs comme au silence, comme en désespoir de cause.

et puis, dresser une page blanche entre nous et la ville, c’était comme penser qu’on dirait non : évidemment qu’on irait jeter des mots et des points d’exclamation même, non pour dire quelque chose : mais pour dessiner des points d’exclamation.

est-ce qu’on demande à un mur de n’être pas une paroi où se jeter sur elle ?


arnaud maïsetti - 20 septembre 2017

Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu

_colère _La ville écrite _Marseille _murs