La Ville écrite | Les Gentils
1er novembre 2017


Le méchant est comme le sac du charbonnier, noir au dehors, plus noir au-dedans.

Proverbe Espagnol


Que ce temps soit plein de bassesse, de lâcheté, de paresse, d’obscénité, de vulgarité – évidemment. Chaque jour le confirme, creuse l’évidence. Qu’en face, l’idée qu’il faille lui opposer la gentillesse est une lâcheté de plus, une paresse plus coupable encore, une vulgarité obscène.

Et que ce temps manque cruellement de méchanceté – pas celle de ce monde organisé, mais celle de chacun contre lui –, oui, c’est évidence aussi : que cette méchanceté, cette mauvaiseté par laquelle on répondra aux violences, soit une manière de prendre courage.

Quant aux gentils, qu’il leur suffise d’écrire des mots dans les recoins invisibles des couloirs pour qu’ils se sentent quitte du Bon et du Bien, et ils s’excuseront même de s’être tâchés les mains. Car « tout vraie liberté est noire et se confond immanquablement avec la liberté du sexe qui est noire elle aussi sans qu’on sache très bien pourquoi. » (Artaud) Les Gentils savent très bien pourquoi ils le sont : en vertu d’un savoir qui les sauve.

Contre la bienveillance triste et violente de qui nous gouvernent, contre la docilité vaine de ceux qui s’en accommodent, que ce temps soit celui de la méchanceté joyeuse et intraitable.


arnaud maïsetti - 1er novembre 2017

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