La Ville écrite | aux bons livres
28 août 2018


On rêve de librairies qui oseraient ne vendre que des mauvais livres : des livres fades et déjà écrits mille fois, des livres écrits avec désinvolture et arrogance, des livres négligemment jetés sur la pile d’autres livres semblables, des livres exécutés sans souci du monde, parce qu’il faut bien pour certains être écrivains, et que le prix à payer pour cela et de commettre des livres, des livres lourds ou trop rapides, des livres qui n’osent pas rebattre les cartes de la vie, ou au contraire des livres qui voudraient réinventer le monde avec des idées vieilles, des livres qui font honte ou qui s’oublient immédiatement, des livres idiots ou incompréhensibles, des livres aux mêmes intrigues, ployant sous la croyance de mêmes vieilles lunes, avec des marquises qui sortiraient immanquablement à cinq heures, des scènes osées pour de faux, des phrases définitives et ridicules : et des essais aussi, des essais polémiques qui commencent par vous allez voir ce que vous allez voir, et qui finissent par revenir aux fondamentaux : il y aurait donc une librairie pour cela, on viendrait ici, les livres ne seraient pas classés, il suffirait de tendre la main, c’était les mauvais livres.

Heureusement, tout ceci est un rêve : partout, il n’y a évidemment que des librairies qui proposent de bons livres.


arnaud maïsetti - 28 août 2018

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