Kourosh Yaghmaei | Gole Yakh (Winter Sweet)
25 novembre 2018


Chanson inépuisable, me dit-elle – évidemment, elle aura sublimement raison. Alors, je pense à l’épuisement, et combien il résiste, c’est vrai, à la chanson, à la voix, à la musique d’un autre temps, d’une autre ville, d’une autre vie. Même dans la même ville, je suis aussi d’une autre (c’est vrai), et de plus loin, et de trop tard – la chanson dit cela aussi, que je ne suis pas d’ici, et que c’est une blessure, la même blessure qui ne cesse de dire il faudrait ailleurs, mais je m’enveloppe dans la chanson, dans sa langue terriblement d’ailleurs, dans les mots qui disent la tristesse par des élans de joie comme pour ne pas mourrir on sourit encore, dans les phrases qui disent parfois sous les images mille fois écrites la mille et unième qui déplace tout pour toujours : je l’écoute moi aussi inépuisablement pour ne surtout pas guérir de la blessure, et la voix me dit, elle aussi, que ce qui est inépuisable rend la nuit plus longue, et le silence plus lourd, plus nécessaire. (Merci pour l’inépuisable)



La tristesse s’est nichée dans tes beaux yeux
La nuit s’est abritée dans tes cheveux noirs
Tes deux yeux noirs sont comme mes nuits
La noirceur de tes yeux, comme mon chagrin
Quand le dépit tombe de mes cils pour devenir cette pluie
Le chagrin a tout recouvert de mes progrès en ruines
Quand tu restes avec moi
Le vent revêt ma solitude
Mes deux yeux plein de larmes pleuvent dans la nuit
Le printemps s’échappe de mes mains
Et dans ma chambre je me brûle de solitude
Oh ! Celui qui a fleuri à cette époque
Dis-moi, que puis-je chanter ? Ma jeunesse est partie
Là où ma voix est déjà allée
Ma jeunesse est cette fleur de glace dans mon coeur [1]


arnaud maïsetti - 25 novembre 2018

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arnaud maïsetti | carnets




[1traduction d’après la traduction anglaise ici : et d’une langue l’autre, tout ce qui se perd ?

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