Topor | la déchirure vive
19 janvier 2019


c’est entre terre et ciel, à ce point-là exactement, là où se fait la déchirure : c’est précisément au lieu même qui sépare et relie, c’est aussi dans la regard de la jeune fille, dans la demande qu’elle fait à la vie même, c’est dans le geste, simplement, c’est dans le son de sa voix (je l’entends), c’est dans le miracle, c’est dans la grâce : son regard obstiné, têtu, férocement vivant ; c’est dans ces deux mots-là (la grâce et le miracle) qui cèdent sous le poids de vérité qui les emporte, c’est aussi dans la couleur, passée, de ce qui va venir, c’est dans les regrets pour des souvenirs qu’on n’aura pas ; c’est dans la lutte contre soi-même, c’est dans la leçon qu’imposent les oiseaux, et ce qu’ils font au ciel, le saccage qu’ils font du vent, c’est dans ce monde vieux et qu’il faudrait renverser : c’est là, justement là, que le dessin se dresse, en moi.


arnaud maïsetti - 19 janvier 2019

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