et si toujours la pluie
8 novembre 2019



Si toujours la pluie la pluie la pluie la pluie tombe comme tombe avec le soir le soir comme des coups tombent sur les corps qui sous les coups tombent dans le soir où ce qui se relève relève de ce qui ne tombe pas encore depuis toujours la pluie toujours tombe quand toujours sous les coups de minuit le soir en retard tombe en plein jour de midi mais cours toujours le soir vers où tombe dans Paris cinq heures du soir vers Paris cinq heures du matin hier aura passé sans rien déposer du passé qu’un dépôt de pluie comme tu craches tu pleures comme on fait son lit on se couche comme on passe à travers les gouttes rien qu’en fermant les yeux mais si moi je les ouvre pour les avaler toutes mais si moi je dis le soir la pluie ne tombe que sur moi au lieu où la nuit tombe et sur moi aussi que des larmes qu’à grandes eaux rien jamais ne lavera jamais et c’était l’histoire du jour qui passait aussi comme le WeltGeist en armure sous la fenêtre du vieillard dépassé par l’histoire le soir où l’oiseau de Minerve foutaises je regarde les grandes eaux tombées dans la tombe de ce jour en plein soir et je lui appartiens et je viens bientôt m’y mêler m’y confondre et prolonger par mes larmes ce que les larmes du soir n’ont pas arraché au jour et que tout soit recouvert du soir et des terres et des jours ce qui toujours tombe et se relève quand on pose les yeux sur elle la pluie qui ne tombe que sur les crasses de l’histoire et qu’elle n’effacera pas qu’elle charriera jusqu’à mes pieds où je déposerai mes larmes et que tout s’enfuit dans le torrent des choses mortes qu’aura donné le jour jusqu’au soir en passant par moi emporté aussi par ce qui aura emporté le jour la nuit la pluie arrachée à elle-même par la nuit tombée soudain sur la nuit


arnaud maïsetti - 8 novembre 2019

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