Saint-Just & des poussière | un récit
8 février 2021



Ce que nous avons dit ne sera jamais perdu sur la terre. On peut arracher à la vie les hommes qui, comme nous, ont tout osé pour la vérité, on ne peut point leur arracher les cœurs ni le tombeau hospitalier sous lequel ils se dérobent à l’esclavage et à la honte d’avoir laissé triompher les méchants.

Saint-Just, Discours du 11 Germinal An II

Cet été paraîtra aux éditions de l’Arbre Vengeur un récit autour d’un rêve formulé à voix haute épousant les contours de la silhouette de Saint-Just et des rêves qu’il formula pour nous.

Raconter l’histoire que l’Histoire ne raconte pas : c’était du désir l’inavouable désir. Suivre les pas du Conventionnel jusqu’à nous, par-delà l’imagerie atroce ou sainte, en dépit de ce qu’on en a fait : de ce que les Thermidoriens qui l’ont abattu et nous gouvernent encore ces jours ont fait de lui.

Ce désir, nourri de plusieurs lectures qui avaient su éprouver ce délire, en cerner les colères – à Paris, en 2012, à Suresnes, en 2014, à Aix-en-Provence, en 2016 – prend la forme d’un récit qu’accueillent les éditions de l’Arbre Vengeur, cet été 2021, vers Fructidor An CCXXIX.

Le récit raconte la forme que prend le Bonheur possible quand on voudrait l’écrire, il dit une vie conquise pour venger l’Histoire, il danse autour des contradictions, celle du pouvoir qu’on choisit de prendre pour mieux l’exercer contre lui, celle de la mort, de toute vie. Il suit celle de Saint-Just non pour la faire avouer, mais pour les forces encore encloses en elle. Comme la poussière qu’on emporte chez soi après une longue marche, ou comme celle qui dort dans les fosses communes aux Errancis et n’attende qu’un peu de braises pour s’éveiller.

Saint-Just & des poussières achève presque dix ans de ce rêve.


arnaud maïsetti - 8 février 2021

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