visiter les corps
21 août 2010


Avancer jusqu’à atteindre le bord de l’image, rien qu’en l’espérant proche on pourrait sentir sous les doigts le grain de la pierre,

et comme on irait ainsi, dans le crâne, entrant dans chaque pièce de son propre désir, chaque chambre de ses peurs, et regarder ce qui passe comme temps (et combien tout ce qui terrifie modifie la perception de l’espace) ;

puis continuer :

aller en soi comme on entrerait à trois heures du matin dans les appartements voisins, d’abord rester sur le pas des portes, regarder les corps dormant, étendus, et puis oser :

tendre la main jusqu’à presque toucher la peau, et les dormeurs ne nous verraient pas,

on ne laisserait que notre buée sur la vitre comme signe du passage et on reviendrait la nuit suivante vérifier que le corps est en bonne place, s’allonger à côté pour respirer le souffle qui dort, tenter de déchiffrer ce secret

ne pas cesser de revenir jusqu’à le rejoindre —

arnaud maïsetti - 21 août 2010

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