La Ville écrite | beau, puisque c’est écrit
5 juillet 2011


Jouis (puisque c’est écrit), la légende de ces villes en lettres immenses – admire non pas la forme de certains de ces murs, mais puisqu’on les recouvre de l’ordre, c’est de l’ordre lui-même devant lequel tu te prosternes. Jouis, tant qu’il sera possible, la ville te le dit, pourquoi résister. Jouis, à la forme que possède certaines lettres sur certains murs de certaines villes, tu reconnaîtras l’évidence. Pas besoin de ville même, un simple mot suffit pour qualifier le réel. Beau, comme une marque de plus, une direction : toutes directions. Beau, une syllabe vidée de tout ce que vers quoi elle fait signe. Ciel noir par dessus, peu importe qu’il soit bleu. Saturation des vides. Adjectif, nom, injonction morte. Ce qui est beau, personne pour le dire. À l’intérieur de cet immeuble, si on devait regarder par la fenêtre, on verrait la ville découpée dans le mot. Mais pas le mot. Du ventre répandu, la ville écrite pour qu’on la lise – et après, tu t’éloignes, cherches une pierre pour entendre le bruit qu’elle fera contre le mot.


arnaud maïsetti - 5 juillet 2011

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