La Ville écrite | comme une ombre
23 septembre 2011




Il faudrait tapisser la ville de cadrans solaires : qu’à la place des noms de rues, on dispose de l’heure qu’il fait – que cette heure tracée par un doigt de lumière et d’ombre nomme le temps qu’on passe cette rue et ce temps, qui passerait avec nous, et qu’on emporterait ; et ainsi dans chaque ville, de chaque pays, ces cadrans solaires qui parleraient la même langue, celle qui dans le ciel avance le jour et la nuit et le jour pour que de la nuit jusqu’au jour on puisse nommer ce qui appartient au jour et à la nuit, tout ce temps passé qui dure, et ne dure pas en nous : et pour la folie du geste, quelque part, je dessinerai comme l’on fait pour marquer la scène du crime les contours de l’ombre sur le mur dressé de ce pont infranchissable : ainsi est l’heure et le lieu confondu de ce qui s’est passé, ô douleur, quand je suis passé ; lorsque vous irez de nouveau sur ce pont, vous verrez au tracé de la silhouette le passé comme moi je l’ai vécu – sautez au-dessus de mon ombre, tandis que j’attendrai que l’ombre revienne précisément à l’instant ancien, pour que je puisse continuer ce temps velut umbra


arnaud maïsetti - 23 septembre 2011

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