S. Pey | « Ni que j’ai construit une pyramide dans ma chambre »
13 novembre 2011



Serge Pey, Les deux parties (extrait)


Ni qu’un oui tombe du ciel comme un oeuf s’écrase en deux noms sur la terre

Ni que ma valise ne pense qu’à fuir ou à arriver puisque c’est son travail de valise

Ni que le néant est une horloge dont les flèches désignent les puits où nous nageons

Ni que j’ai construit une pyramide dans ma chambre où je fais cuire les œufs et le maïs et les têtes de mort de la Toussaint

Ni que toute lampe est un souvenir qui abandonne le souvenir pour nous fonder dans une autre lumière

Ni qu’un visage dure deux questions et qu’un autre dure deux réponses et qu’un autre ne parle pas

Ni que je suis devenu un aigle et que j’ai plané au-dessus du lac de Chapala

Ni que je passe mon sommeil à redresser une chute du jour et à arracher des étoiles sur les drapeaux pour les rendre la nuit qu’elles n’auraient jamais dû quitter

Ni que j’ai habité une rue qui s’appelait la lumière

Ni que j’ai aimé toute la lumière et que j’ai bu cette lumière jusqu’à son étoile de froid


Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu

_cheveux _évidences & accords _oui _Serge Pey _œuf