Hurlements en faveur de soi [# 1]
24 novembre 2011



Vingt-huit variations sur une même traversée | initialement écrites et mises en ligne sur tweeter le vingt-quatre novembre 2011 entre vingt heures six et
vingt heures quarante sept.


hurlements en faveur de soi : dans la ville renversée, les départs ne sont qu’un moment des arrivées, des corps aux correspondances actives

hurlements en faveur de soi : du secret répandu comme de la poudre, souffler fort que le vent se change dans l’eau, son image enfin troublée

hurlements en faveur de soi : traquer la contiguïté des signes, les suivre jusqu’aux derniers remparts ; puis escalader

hurlements en faveur de soi : retirer de mon passé tous ces vestiges appartenant à ma propre absence, la ruine de descendre lentement au sol

hurlements en faveur de soi : transposer la violence en souffle, le cri en morsure, la blessure en coupure, le silence en violence, et aller

hurlements en faveur de soi :la réinvention du monde ne concerne pas le monde lui-même mais l’amour qu’on lui propose et refuse, va accepter

hurlements en faveur de soi : le langage n’est pas la propriété indivise des écrivains, mais le bien des amants qui s’adressent aux hasards

hurlements en faveur de soi : les hasards répondent, comme répond l’inconnu provoqué qui s’approche, t’enlace soudain et te console

hurlements en faveur de soi : vertige d’une interruption qui recommence ; non pas la suspension, mais l’éternité en chaque désir caressé

hurlements en faveur de soi : c’est détruire qu’il faut commencer par reconstruire

hurlements en faveur de soi : l’écrivain devra agir sur le corps vif des choses, non sur la tentative de mort de tout ceux qui le pensent

hurlements en faveur de soi : l’écrivain est ce corps éparpillé, dans lequel tu t’enveloppes une nuit par siècle, et que tu abandonnes là

hurlements en faveur de soi : le seuil, tu le regardes longuement, il t’observe aussi – lequel aura le dessus

hurlements en faveur de soi : réconciliation déchirée entre la liberté et le désir. Mais des coups de feu et tu te réveilles. À tes côtés elle dort

hurlements en faveur de soi : de tels rêves reviendraient par centaines jusqu’à ce que le rêve remplace la réalité fabriqué pour l’oublier

hurlements en faveur de soi : chercher une alternative à la forme des mots : tu trouves et dis : l’usage qu’on leur invente

hurlements en faveur de soi : l’irréductibilité du monde – pas de pensée qui soit généralisable, aucune. Prendre chaque visage à son mot

hurlements en faveur de soi : mettre mon corps en pièces

hurlements en faveur de soi : que ces pièces aient pour titres le nom inconnu que j’inventerai pour moi, les hasards adressés pour toujours

hurlements en faveur de soi : le souvenir n’existerait que pour ne pas le renier, l’aimer davantage, le repousser plus loin encore

hurlements en faveur de soi : il n’y a pas de tristesse, il n’y a que des larmes, tu dirais cela en regardant tes mains, lentement

hurlements en faveur de soi : dans la joie, tes larmes diraient : vois comme je danse, et tu tomberais dans le ciel

hurlements en faveur de soi : il y a un cri dans ta gorge : cherche le, il dispose la ville de part et d’autre de toi

hurlements en faveur de soi : nous n’avons pas d’histoire ; ne possédons que la virginité des îles intérieures

hurlements en faveur de soi : dans l’eau, le corps n’appartient plus qu’au corps qui l’entoure. C’est pourquoi il tombe en lui-même

hurlements en faveur de soi : mais plongé dans un peu d’eau, le corps est entièrement livré à cette suspension infinie du désir qui le happe

hurlements en faveur de soi : les cheveux répandus à brassées comme des étoiles

hurlements en faveur de soi : tu n’as plus de voix pour dire : je suis ici


arnaud maïsetti - 24 novembre 2011

Licence Creative Commons





arnaud maïsetti | carnets




par le milieu

_amour _cheveux _désir demeuré désir _écritures & résistances _Guy Debord _Jean Genet _la mer, toujours recommencée _Poësies _rêves et terreurs