autoportrait aux chaises
18 juillet 2012


c’est mon visage qui cherche des coins d’ombre quand le soleil déjà est tombé, mon visage qui le trouve en bas de la rue, oh de la noirceur plus prononcée sur le noir, je me penche davantage, et l’ombre se déplace, c’est mon visage peut-être, oui, c’est lui, de contours noirs, celui qui cherche à s’asseoir en moi, cherche simplement à prendre des forces où qu’elles se trouvent, au bord d’un ruisseau ou dans la saleté de la ville (il n’y a pas de ruisseau, et le bruit des fontaines, j’y pense tellement, je l’ai oublié), ce sera donc ici : c’est mon visage entre deux chaises, deux pays perdus, toujours-déjà perdus, je voudrais bien m’en faire un bijou de cette vie intérieure, et le porter autour du cou, là où les cheveux viennent mourir, mais la vie est lente et je suis pressé, c’est mon visage qui pose son ombre là et la laisse une partie de la nuit, une partie seulement, le bijou introuvable, perdu lui aussi, c’est mon visage qui vole le secret aux repos,


arnaud maïsetti - 18 juillet 2012

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