je meurs de soif
23 février 2014



entre moi et la fontaine, tout un monde ; je tâche de l’enjamber mais ce sont des branches mortes, un étang et sa vase épaisse où je ne vois aucun reflet, des villes comme des bûchers sans flammes où je me brûle, entre moi et la fontaine, des corps répandus, entre moi et la fontaine, toi, entre moi et la fontaine, les mois d’un temps qui jamais n’arrive, entre moi et la fontaine, la soif elle-même qui rend la fontaine plus désirable et moi plus insupportable, entre moi et la fontaine, mon passé qui se mêle maintenant que j’en possède un de plus grand que moi, et entre moi et la fontaine, un avenir qui a désormais moins d’un siècle, entre moi et la fontaine, je ne sais pas, la fontaine s’éloigne,


arnaud maïsetti - 23 février 2014

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_Charles d’Orléans _désir demeuré désir _La ville écrite _soif