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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>Raymond Radiguet | &#171; La certitude me d&#233;voila mon amour avec tout ce qu'il avait de monstrueux &#187;</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
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		<dc:subject>_Raymond Radiguet</dc:subject>
		<dc:subject>_amour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;un onze novembre&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_raymond-radiguet" rel="tag"&gt;_Raymond Radiguet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_amour" rel="tag"&gt;_amour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton2036.jpg?1510393496' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;small&gt;
&lt;center&gt;Raymond Radiguet, &lt;i&gt;Le diable au corps&lt;/i&gt;, 1923 (derni&#232;res pages)&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notre maison respirait le calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vrais pressentiments se forment &#224; des profondeurs que notre esprit ne visite pas. Aussi, parfois, nous font-ils accomplir des actes que nous interpr&#233;tons tout de travers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me croyais plus tendre &#224; cause de mon bonheur et je me f&#233;licitais de savoir Marthe dans une maison que mes souvenirs heureux transformaient en f&#233;tiche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme d&#233;sordonn&#233; qui va mourir et ne s'en doute pas met soudain de l'ordre autour de lui. Sa vie change. Il classe des papiers. Il se l&#232;ve t&#244;t, il se couche de bonne heure. Il renonce &#224; ses vices. Son entourage se f&#233;licite. Aussi sa mort brutale semble-t-elle d'autant plus injuste. Il allait vivre heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le calme nouveau de mon existence &#233;tait ma toilette du condamn&#233;. Je me croyais meilleur fils parce que j'en avais un. Or, ma tendresse me rapprochait de mon p&#232;re, de ma m&#232;re parce que quelque chose savait en moi que j'aurais, sous peu, besoin de la leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, &#224; midi, mes fr&#232;res revinrent de l'&#233;cole en nous criant que Marthe &#233;tait morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foudre qui tombe sur un homme est si prompte qu'il ne souffre pas. Mais c'est pour celui qui l'accompagne un triste spectacle. Tandis que je ne ressentais rien, le visage de mon p&#232;re se d&#233;composait. Il poussa mes fr&#232;res. &#171; Sortez, b&#233;gaya-t-il. Vous &#234;tes fous, vous &#234;tes fous. &#187; Moi, j'avais la sensation de durcir, de refroidir, de me p&#233;trifier. Ensuite, comme une seconde d&#233;roule aux yeux d'un mourant tous les souvenirs d'une existence, la certitude me d&#233;voila mon amour avec tout ce qu'il avait de monstrueux. Parce que mon p&#232;re pleurait, je sanglotais. Alors, ma m&#232;re me prit en mains. Les yeux secs, elle me soigna froidement, tendrement, comme s'il se f&#251;t agi d'une scarlatine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma syncope expliqua le silence de la maison, les premiers jours, &#224; mes fr&#232;res. Les autres jours, ils ne comprirent plus. On ne leur avait jamais interdit les jeux bruyants. Ils se taisaient. Mais, &#224; midi, leurs pas sur les dalles du vestibule me faisaient perdre connaissance comme s'ils eussent d&#251; chaque fois m'annoncer la mort de Marthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marthe ! Ma jalousie la suivant jusque dans la tombe, je souhaitais qu'il n'y e&#251;t rien, apr&#232;s la mort. Ainsi, est-il insupportable que la personne que nous aimons se trouve en nombreuse compagnie dans une f&#234;te o&#249; nous ne sommes pas. Mon c&#339;ur &#233;tait &#224; l'&#226;ge o&#249; l'on ne pense pas encore &#224; l'avenir. Oui, c'est bien le n&#233;ant que je d&#233;sirais pour Marthe, plut&#244;t qu'un monde nouveau, o&#249; la rejoindre un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule fois que j'aper&#231;us Jacques, ce fut quelques mois apr&#232;s. Sachant que mon p&#232;re poss&#233;dait des aquarelles de Marthe, il d&#233;sirait les conna&#238;tre. Nous sommes toujours avides de surprendre ce qui touche aux &#234;tres que nous aimons. Je voulus voir l'homme auquel Marthe avait accord&#233; sa main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retenant mon souffle et marchant sur la pointe des pieds, je me dirigeais vers la porte entr'ouverte. J'arrivais juste pour entendre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ma femme est morte en l'appelant. Pauvre petit ! N'est-ce pas ma seule raison de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyant ce veuf si digne et dominant son d&#233;sespoir, je compris que l'ordre, &#224; la longue, se met de lui-m&#234;me autour des choses. Ne venais-je pas d'apprendre que Marthe &#233;tait morte en m'appelant, et que mon fils aurait une existence raisonnable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>lendemains, guerres et larges</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/lendemains-guerres-et-larges</link>
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		<dc:date>2015-11-18T17:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_deuil</dc:subject>
		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_visages</dc:subject>
		<dc:subject>_en guerre</dc:subject>
		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Puisque tout ce qu'on &#233;crirait ferait honte &#224; ces jours. Et puisque ne pas &#233;crire sur ces jours, ferait honte, aussi. C'est le pi&#232;ge. La tentation du large comme une fa&#231;on de se sauver de ces laideurs : ou de fuir en l&#226;che ? Aucune issue peut-&#234;tre. Mais ne pas s'en tenir l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces jours de tuerie, on ne comprend rien. On regarde les infos en temps r&#233;el : le temps r&#233;el, on le reconna&#238;t &#224; ce qu'il ne produit que de l'attente. Sur les cha&#238;nes d'info en continu, des bandeaux &#034;URGENT&#034; d&#233;filent, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_4098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.23.53-1.jpg?1447866338' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Puisque tout ce qu'on &#233;crirait ferait honte &#224; ces jours. Et puisque ne pas &#233;crire sur ces jours, ferait honte, aussi. C'est le pi&#232;ge. La tentation du large comme une fa&#231;on de se sauver de ces laideurs : ou de fuir en l&#226;che ? Aucune issue peut-&#234;tre. Mais ne pas s'en tenir l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jours de tuerie, on ne comprend rien. On regarde les infos en temps r&#233;el : le temps r&#233;el, on le reconna&#238;t &#224; ce qu'il ne produit que de l'attente. Sur les cha&#238;nes d'info en continu, des bandeaux &#034;URGENT&#034; d&#233;filent, avec la mention : &lt;i&gt;pas d'information pour le moment.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le triomphe du conditionnel, dont souvent on se passe pour faire du temps celui de la rumeur qui d&#233;vaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saisit toujours qu'en retard. Le compte des morts arrive apr&#232;s les salves. Avant les noms. Et apr&#232;s les visages. (Sur les r&#233;seaux, ces proches qui d&#233;posent les portraits de ceux qui manquent dans l'espoir que. Terrible mur de visages vendredi soir dernier, o&#249; d&#233;filaient des vivants qui &#233;taient d&#233;j&#224; morts.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le propre de l'Histoire quand elle a lieu : qu'elle se d&#233;robe sous nos pieds. Viendra le temps de la pens&#233;e, puis celle, sans doute, de l'action. Pour l'heure, pass&#233; celui de la sid&#233;ration et de l'&#233;motion, c'est le temps redoutable et infect des bavardages, des avis d&#233;livr&#233;s comme pour se vautrer dans soi-m&#234;me, et de jouir de la l&#226;chet&#233; d'en poss&#233;der un, d'avis, et que dans sa banalit&#233;, ils trouvent l&#224; leur singularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois jours &#233;videmment, surtout ne pas &#233;crire qui ajouterait aux mots d'autres mots et la honte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser seulement : dans les massacres, on partage la ville : l'usage tendre qu'on en a fait, tant de fois ; caf&#233;s, terrasses, salles de concert, quartiers. On est contemporain de cela aussi, et dans ce partage nu, simple, sans morale ni col&#232;re, il y a seulement ce dont soudain on est priv&#233; : d'un usage du monde d&#233;sormais impossible. Les tueries et l'&#233;tat d'urgence rendent le monde o&#249; qu'on regarde maintenant introuvable, rel&#233;gu&#233; aux oubliettes d'une histoire dont un jour on dira : c'&#233;tait la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces jours, ce n'est pas encore l'avenir qui se dessine, mais c'est du pass&#233; soudain qui a surgi et s'est d&#233;finitivement pos&#233; entre nous et vendredi dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, &#224; Saint-Denis, rejoindre le Th&#233;&#226;tre G&#233;rard Philippe pour y parler d'Antonin Artaud : &#234;tre le jour durant &#224; moins d'un kilom&#232;tres d'un immeuble dont on donnera l'assaut, cinq heures plus tard. On est donc contemporain aussi de ce temps, de cette ville ? Mais de quoi sera-t-on pr&#233;serv&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces heures de carnages, on poss&#232;de peu de certitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf celle de refuser la guerre, &#233;videmment : guerre qu'on nous impose, de part et d'autre d'une ligne de front qui voudrait faire de nous des soldats sur qui on tire, qui pourraient tirer, ou au nom de qui on frapperait, qu'on frapperait au nom de quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une guerre &lt;a href=&#034;https://www.lundi.am/La-guerre-veritable&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plus puissante &#224; mener&lt;/a&gt; que sur les corps : une guerre int&#233;rieure contre le d&#233;sir de guerre, une guerre au-dehors, avec des armes minuscules qui n'en sont pas pour travailler &#224; la complexit&#233; du monde, &#224; son &#233;paisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre, o&#249; la mener ? On est sur la br&#232;che : refuser la guerre sans &#234;tre complice de ceux contre qui elle sera men&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t la vie ; plut&#244;t la beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? Minusculement, d'abord l'&#233;vidence de se proposer des combats invisibles pour d&#233;truire partout la question (par exemple, mais surtout) des origines et l'enjeu des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis : fabriquer des hypoth&#232;ses plut&#244;t que des opinions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inventer des communaut&#233;s qui ne soient pas des familles ; ne trouver de patrie que dans l'enfance. Chercher des mots qui ne seraient pas des positions. Gagner des positions qui seront des mouvements. Habiter des failles. D&#233;sirer seulement des devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser la guerre non &#224; cause des morts seulement, mais au nom d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche, prendre le large, regarder longuement le sang tomber du ciel : dans la lumi&#232;re trouver les espaces o&#249; la fuite serait une conqu&#234;te non contre les peuples, mais pour en retrouver la possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.27.06.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_4100 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.27.47.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.27.54.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4102 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.27.56.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.27.57.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.29.17.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.30.02.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.30.37.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.30.38.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;div class='spip_document_4108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.30.39.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;div class='spip_document_4109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.32.37.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.34.51.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.36.05.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.38.04.jpg?1447866340' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.38.06.jpg?1447866341' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.38.08.jpg?1447866341' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_4115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.38.10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-11-14_17.38.10.jpg?1447866341' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>puisque ce monde est le n&#244;tre</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/puisque-ce-monde-est-le-notre</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Bernard-Marie Kolt&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_en guerre</dc:subject>
		<dc:subject>_sang</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;fr&#232;res de sang&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_bernard-marie-koltes" rel="tag"&gt;_Bernard-Marie Kolt&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_journal-contretemps" rel="tag"&gt;_Journal | contretemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_en-guerre" rel="tag"&gt;_en guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_sang" rel="tag"&gt;_sang&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-01-09_07.59.23.jpg?1420967011' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Si peu de certitudes qui r&#233;sistent ces jours, et dans tout ce bruit, rien qui puisse ressembler &#224; la bonne attitude &#8212; ni se taire, ni parler ; ni se jeter dans la m&#234;l&#233;e et ajouter une parole vaine au milieu d'essentielles, ni s'en extraire comme si on en &#233;tait indiff&#233;rent ou pas concern&#233; &#8212;, alors comprendre peu &#224; peu l'exigence des trois jours de deuil et de silence qui suivent le ravage, m&#234;me si tenir &#224; distance l'&#233;v&#233;nement ne nous pr&#233;serve pas de lui, surtout pas, et que le vouloir seulement serait une faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garder le silence faute de mieux, parce que d'autres ont pris la parole qui la justifiait &#8212; ce texte de &lt;a href=&#034;http://petiteracine.net/wordpress/2015/01/resister/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C&#233;cile Portier&lt;/a&gt;, l'un des tous premiers que j'ai lus, texte entrelac&#233; avec le fil en temps r&#233;el des nouvelles du temps pr&#233;sent ; oui : &#171; r&#233;sister &#224; la logique des &#233;v&#233;nements &#187; : sa grande dignit&#233; &#8212;, et parce que tant se sont saisis de la parole aussi pour rajouter &#224; l'horreur l'abjection, et jusqu'au d&#233;go&#251;t de lire, y r&#233;pondre aurait &#233;t&#233; s'y confondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tous les &#034;je&#034; surgis partout, ces &#034;je suis&#034; collectifs dont personne ne sait plus vraiment &#224; quoi ils font &#233;cho, si c'est pour dire qu'on &#233;tait ce qu'ils &#233;taient, ou qu'il faudrait &#234;tre ceux-l&#224; qui ne sont plus, qu'on est ou n'est pas ce que les morts repr&#233;sentent, ou repr&#233;sentaient, au milieu de ce grand trouble sur ce qu'une repr&#233;sentation repr&#233;sente, ou pas : &#233;trange fatalit&#233; de voir ceux qui luttaient contre les symboles pris pour des symboles &#8212; les slogans ont cela pour eux qu'ils ne disent rien en disant tout. Et ce matin, cette pens&#233;e rapide et claire, salutaire, d'Andr&#233; Markowicz, le grand traducteur de Dosto&#239;evski et de Shakespeare : la question d'Hamlet n'est pas d'&#234;tre ou de ne pas &#234;tre, mais d'&#234;tre ET de n'&#234;tre pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; lire et penser demeurent essentiels, c'est parce que ce sont des t&#226;ches o&#249; r&#233;sistent l'acte de lire et de penser, o&#249; s'arrachent l'avis, l'opinion, qui ne sont que des &#233;raflures, l&#224; o&#249; la blessure au contraire tient les douleurs en tensions qui disent &lt;i&gt;nous sommes vivants, encore&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-01-09_07.59.26.jpg?1420967012' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On n'a peu de certitudes, ni de ce qu'on est, ni de ce qu'il faudrait faire &#8212; sauf celle de se remettre au travail, l&#224; o&#249; on est, minuscule et infime, cette t&#226;che donc de lire et d'&#233;crire qui n'est pas s&#233;par&#233;e des inqui&#233;tudes du monde, celles qui nous d&#233;livrent de nos inqui&#233;tudes personnelles de &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; confin&#233;s dans leur vanit&#233; ; sauf de savoir le prix des mots, et comme il est pr&#233;cieux de s'en tenir &#224; distance parfois, comme il est essentiel de s'en ressaisir ensuite (ce matin &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/societe/2015/01/09/trois-mots-pour-les-morts-et-pour-les-vivants_1177315&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;tienne Balibar, ces trois mots pour les morts et pour les vivants&lt;/a&gt;) ; peu de certitudes, sauf celle de ne pas confondre les assassins avec les victimes ; sauf celle de voir d&#233;j&#224; ce qui se pr&#233;pare, les &lt;i&gt;patriot acts&lt;/i&gt; qui seront sign&#233;s avec le sang de ceux qui sont tomb&#233;s, aussi, contre cela m&#234;me ; sauf qu'il faudra de la force pour aller dans les tunnels noirs, comme &lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1799&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le pressent aussi dignement Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, qui seront nos armes, des armes qu'il faudra forger contre les armes ; peu de certitudes, sauf celle de poss&#233;der comme des armes des amis, qui dans les tunnels donnent plus que des armes, mais le courage de s'en passer et d'y r&#233;pondre, et d'en r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque ce monde est le n&#244;tre, et que nous ne sommes pas seuls, il reste cette libert&#233; de choisir nos solitudes, et de les appeler nos amis &#8212; et plut&#244;t que de faire front, t&#226;cher de comprendre, plut&#244;t que &lt;i&gt;d'&#234;tre&lt;/i&gt; contre ceux qui ceux ne sont pas, travailler aux villes communes ; plut&#244;t que de se r&#233;signer aux guerres civiles mondiales qu'on nous pr&#233;pare, aux suicides de tous ordres, aux communions collectives d'&#233;motions pures, d'hyst&#233;rie nationale, penser &#224; devenir ce qu'on n'est pas encore &#8212; ces mots de Kolt&#232;s : &lt;i&gt;fr&#232;res par le sang qui se r&#233;pand sur le trottoir, plut&#244;t que par celui qui coule dans nos veines.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images : ciel rouge sur ville noire, soir du 9 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-01-09_07.59.30.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2015-01-09_07.59.30.jpg?1420967012' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>en attendant le bateau (folie des assauts)</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/en-attendant-le-bateau-folie-des-assauts</link>
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		<dc:date>2013-08-26T16:26:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_vies</dc:subject>
		<dc:subject>_solitudes</dc:subject>
		<dc:subject>_en guerre</dc:subject>
		<dc:subject>_ciels</dc:subject>
		<dc:subject>_mer</dc:subject>
		<dc:subject>_ville</dc:subject>
		<dc:subject>_George Perros</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il n'y a que l'eau, les femmes et la mort, qui nous prennent dans notre nudit&#233;. Nous changent. &lt;br class='autobr' /&gt;
G. Perros &lt;br class='autobr' /&gt;
La rentr&#233;e comme une grande retraite au large. Dans les regards des gens, je le voyais, c'&#233;tait aujourd'hui : aujourd'hui qu'on conc&#233;derait sa vie &#224; la vie r&#233;elle. Me suis assis au m&#234;me caf&#233;, au m&#234;me endroit, &#224; la m&#234;me table, repris la ligne l&#224; o&#249; je l'avais laiss&#233;e hier, l'ai tir&#233;e l&#224; o&#249; je l'ai pu ce soir, l&#224; o&#249; je la reprendrai demain matin ; j'avais oubli&#233; qu'il pouvait faire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ville" rel="tag"&gt;_ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_george-perros" rel="tag"&gt;_George Perros&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-26_17-51-34.jpg?1377534348' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowTransparency=&#034;true&#034; src=&#034;http://www.deezer.com/fr/plugins/player?autoplay=false&amp;playlist=false&amp;width=700&amp;height=80&amp;cover=true&amp;type=tracks&amp;id=65446365&amp;title=&amp;app_id=undefined&#034; width=&#034;700&#034; height=&#034;80&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a que l'eau, les femmes et la mort, qui nous prennent dans notre nudit&#233;. Nous changent.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;G. Perros&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;rentr&#233;e&lt;/i&gt; comme une grande retraite au large. Dans les regards des gens, je le voyais, c'&#233;tait aujourd'hui : aujourd'hui qu'on conc&#233;derait sa vie &#224; la vie r&#233;elle. Me suis assis au m&#234;me caf&#233;, au m&#234;me endroit, &#224; la m&#234;me table, repris la ligne l&#224; o&#249; je l'avais laiss&#233;e hier, l'ai tir&#233;e l&#224; o&#249; je l'ai pu ce soir, l&#224; o&#249; je la reprendrai demain matin ; j'avais oubli&#233; qu'il pouvait faire froid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu, &#224; la radio, t&#233;moignages de la folie des hommes au front dans les tranch&#233;es : les cas o&#249; les types &#233;taient pli&#233;s (le nom de la maladie &#233;tait horrible, je l'ai oubli&#233;e) en deux sans signe de blessure, ou alors, ils restaient au contraire raides avec les bras le long du corps, certains &#233;taient sourds (alors qu'ils pouvaient entendre), aveugles (alors qu'ils pouvaient voir) &#8211; des cas d'hyst&#233;rie, on ne pouvait le concevoir, la race &#233;tait forte qui devait l'emporter sur la d&#233;bilit&#233; des esprits, et c'&#233;tait aussi pour cela qu'elle faisait la guerre, la race, pour prouver qu'elle &#233;tait sup&#233;rieure ; mais les types revenaient du front terrifi&#233;s, et non pas hauss&#233;s dans leur &#234;tre et la virilit&#233; de l'esp&#232;ce : c'&#233;tait incompr&#233;hensible. Quand on passe des mois sous le feu continu, qu'on se l&#232;ve pour tuer, et qu'on tue, et, myst&#233;rieusement, qu'on n'est pas tu&#233;, on devient fou au lieu de mort. Les m&#233;decins pensaient que la folie avait cause dans le corps, des particules invisibles d'obus qui tranchaient les nerfs &#8211; les corps &#233;taient intacts, comme apr&#232;s des attaques au gaz, et pourtant atteint, plus loin que les nefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange ce temps dehors, comme s'il venait de pleuvoir, mais il n'a pas plu. Et un vent comme s'il allait venir, mais qu'il ne viendrait que de loin. Le vent du boulet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendu, &#224; la radio, t&#233;moignages de la folie des hommes au front, le syndrome de Damocl&#232;s : certains pr&#233;f&#233;raient mourir plut&#244;t que d'avoir peur de mourir, tant la peur &#233;tait plus forte que la mort elle-m&#234;me. Et ensuite, l'effarement de se dire qu'on est les survivants de cela, qu'on est issue de cela, qu'on en est les h&#233;ritiers &#8211; que le monde autour de moi est celui qu'ils nous ont laiss&#233;, ces hommes fous de n'avoir pas &#233;t&#233; morts, plut&#244;t que fous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'apr&#232;s-midi, de nouveau des t&#226;ches impossibles (les coups de t&#233;l&#233;phone aux administrations qui accablent, j'aurais pu les faire il y a dix jours : je comprends pourquoi je ne l'ai pas fait). Se dire que tout ce qui a pris le pas sur la sauvagerie, l'organisation sociale, est une r&#233;ponse aux f&#233;rocit&#233;s, peut-&#234;tre, et pr&#233;serve de la folie furieuse, pour mieux l'organiser aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit qu'au moment de l'assaut sur les citadelles de Verdun, apr&#232;s des heures de canonnades au plus lourd comme on n'a pas id&#233;e, comme on n'aura jamais plus id&#233;e, les allemands ont trouv&#233; les soldats fran&#231;ais dans leurs trous, qui dormaient. Le sommeil est le meilleur abri du corps pour traverser la folie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du ciel que j'aurais regard&#233; toute la journ&#233;e en esp&#233;rant une accalmie, je n'ai rien trouv&#233; que ce temps d'avant les orages, ou d'apr&#232;s. Et moi au milieu, attendant ce qui n'arriverait pas, ici, devant la masse de papiers &#224; ranger &#8211; me r&#233;fugie dans le sommeil des filles du feu. Dans nos combats minuscules, qui n'ont rien des gestes insens&#233;s d'avant, sauf le sens peut-&#234;tre que la bureaucratie pr&#234;te aux vaincus, j'ai des pens&#233;es immenses, de grand large et de ciels enfin nets de temp&#234;te aux pr&#232;s. J'ai ces pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour de l'assaut, on raconte les larmes de ceux qui &#233;taient revenus, ivres, de rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a pas le choix du monde auquel on appartient, ces guerres tranquilles qu'on nous impose, sans cadavre visible, sans assaut et sans horreur (il y a les journaux pour cela, les regarder salit &#224; la fois de ne pas &#234;tre l&#224;-bas, et de penser qu'on est sali en se r&#234;vant l&#224;-bas) &#8211; j'ai crois&#233; ce type, un fou encore, on en croise tous les jours, sorti de quelle guerre, lui ? &#201;chapp&#233; de quel assaut, survivant d'o&#249; ? Et je me suis demand&#233; s'ils me regardaient comme &#233;chapp&#233; d'un assaut aussi, mais lequel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens qu'apr&#232;s le r&#234;ve des feuilles mortes &#8211; les enfants levaient des bonhommes de feuilles mortes tant il y en avait sur le sol &#8211;, j'ai vu un bateau minuscule s'&#233;loigner, avec moi seul &#224; bord, qui me faisait signe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2555 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-26_18-22-54.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-08-26_18-22-54.jpg?1377534353' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Arnaud des Palli&#232;res | Michael Kohlhaas</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/lectures-livres-pieces-films/cinema/article/arnaud-des-pallieres-michael-kohlhaas</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>_corps</dc:subject>
		<dc:subject>_dieu</dc:subject>
		<dc:subject>_en guerre</dc:subject>
		<dc:subject>_spectres et fant&#244;mes</dc:subject>
		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>
		<dc:subject>_Arnaud des Palli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>_Heinrich Von Kleist</dc:subject>
		<dc:subject>_pr&#233;sent &amp; pr&#233;sence</dc:subject>
		<dc:subject>_image temps</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Terreur et douceur du temps injuste&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/lectures-livres-pieces-films/cinema/" rel="directory"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_cinema" rel="tag"&gt;_cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_corps" rel="tag"&gt;_corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_dieu" rel="tag"&gt;_dieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_en-guerre" rel="tag"&gt;_en guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_spectres-et-fantomes" rel="tag"&gt;_spectres et fant&#244;mes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_cheveux" rel="tag"&gt;_cheveux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_arnaud-des-pallieres" rel="tag"&gt;_Arnaud des Palli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_heinrich-von-kleist" rel="tag"&gt;_Heinrich Von Kleist&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_present-presence" rel="tag"&gt;_pr&#233;sent &amp; pr&#233;sence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_image-temps" rel="tag"&gt;_image temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1173.jpg?1376744783' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Un film r&#233;alis&#233; par Arnaud des Palli&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Mads Mikkelsen, M&#233;lusine Mayance, Delphine Chuillot, David Kross, Bruno Ganz, Denis Lavant, Roxane Duran, David Bennent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date de sortie : 14 ao&#251;t 2013 (2h 2min) &lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;sum&#233; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XVI&#232;me si&#232;cle dans les C&#233;vennes, le marchand de chevaux Michael Kohlhaas m&#232;ne une vie familiale prosp&#232;re et heureuse. Victime de l'injustice d'un seigneur, cet homme pieux et int&#232;gre l&#232;ve une arm&#233;e et met le pays &#224; feu et &#224; sang pour r&#233;tablir son droit.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;div id='blogvision'&gt; &lt;iframe src='https://player.allocine.fr/19536037.html' style='width:640px; height:360px'&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=197189.html&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener noreferrer&#034;&gt;Michael Kohlhaas&lt;/a&gt; &lt;br/&gt; &lt;a href=&#034;https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19536037&amp;cfilm=197189.html&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Terreur et douceur du temps injuste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autour du film : Une critique dans Le Monde par Jacques Mandelbaum Un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/big&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est pour les chevaux que tu fais la guerre ? &#8211; Non. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit, &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_von_Kleist&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kleist&lt;/a&gt; le prend &#224; l'histoire. XVIe s., un &lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/Hans_Kohlhase&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marchand de chevaux&lt;/a&gt;, victime d'une injustice, prend les armes, fait r&#233;gner la terreur pour qu'on l'entende : on l'entend, et on lui donne raison, lui remet les chevaux vol&#233;s pour le pr&#233;judice souffert, puis le roue de coups pour le pr&#233;judice donn&#233;. 1808. L'Allemagne est ravag&#233;e par les troupes qui portaient avec eux pourtant l'espoir des Lumi&#232;res. Bonaparte est devenu finalement Napol&#233;on. Beethoven raie sa symphonie h&#233;ro&#239;que qui portait le nom du h&#233;ros : il n'&#233;tait qu'un tyran. Kleist &#233;crit &lt;a href=&#034;http://de.wikipedia.org/wiki/Michael_Kohlhaas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Michael Kohlhaas&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, interroge la justice l&#224; o&#249; elle devient vengeance, et surtout (sommet de l'&#339;uvre) la rencontre du vengeur avec Luther pose la question m&#233;taphysique de la justice personnelle, croise la vengeance avec l'ordre du monde, vieux th&#232;mes que le romantisme teinte de la col&#232;re &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; la qu&#234;te d'un dieu retir&#233;. Une all&#233;gorie pleine de myst&#232;res : si Kleist condamne son marchand guerrier &#8211; l&#224; o&#249; r&#232;gne la justice personnelle, il n'y a pas de justice commune &#8211;, Kafka lira ce r&#233;cit contre lui-m&#234;me : l'espace de terreur, ce n'est pas Michael K. qui en est ma&#238;tre, mais l'ordre du monde tel qu'il fabrique d'abord l'injustice, puis la r&#233;pare en commettant l'injustice. Le h&#233;ros de Kleist, imm&#233;diatement apr&#232;s avoir retrouv&#233; ses chevaux, est ex&#233;cut&#233; : il est ex&#233;cut&#233; d'avoir retrouv&#233; ses chevaux, ou pour mieux dire : il ne peut retrouver ses chevaux que s'il accepte son ex&#233;cution. Kafka, admirateur de &lt;i&gt;Michael Kohlhaas&lt;/i&gt;, saura lire ce r&#233;cit parce qu'il habitait le monde insens&#233; qui le r&#233;alisait &#8211; ainsi a-t-il pu nous permettre de lire ce monde en retour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_14-59-15.png?1376744511' width='500' height='266' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tous ces gens que tu entra&#238;nes dans la guerre, ils savent ce qui les attend ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; La beaut&#233; du film de Arnaud Des Palli&#232;res tient d'abord &#224; sa syntaxe : cette m&#233;taphysique de la vengeance, ces jeux complexes et f&#233;roces entre l'individu et le collectif, la vengeance et la justice, le corps humain meurtri et le corps social ab&#238;m&#233;, la solitude et Dieu, il aurait &#233;t&#233; finalement assez convenu de les exposer. Le cin&#233;ma est semble-t-il con&#231;u pour cela, aujourd'hui : la causalit&#233; en temporalit&#233;, le temps devenu la pens&#233;e m&#234;me de l'explication du r&#233;cit par lui-m&#234;me, la dictature du sc&#233;nario sur lequel repose, semble-t-il aux yeux de beaucoup, la qualit&#233; suppos&#233;e de l'&#339;uvre. Ici rien de tel : ce qui emporte le r&#233;cit est le faux-raccord, l'ellipse, la coupe dans le plan ou dans l'intrigue, et l'explication retard sur l'action &#8211; beaut&#233; &#224; couper le souffle, litt&#233;ralement, de la course de l'enfant dans les bois, le montage parall&#232;le avec la mort de sa m&#232;re qui cr&#233;e une subordination sid&#233;rante, &#233;vidente, une travers&#233;e de plan qui justifie &#224; lui seul le film, sans mot. Ailleurs, c'est le silence sur la plupart des plans qui r&#232;gne aussi. L'absence radicale des dialogues donne prix au moindre mot : quand les personnages parlent soudain, ce n'est jamais pour dire ce qu'ils font, mais pour rendre pr&#233;sente la parole comme une action qui se produit sur l'&#233;cran. Des Palli&#232;res &#233;vacue de son film toutes les intrigues politiques du r&#233;cit de Kleist pour travailler l'incarnation du politique en corps. Le corps politique de la princesse, son visage blanc, sa voix de cour, ses sourires implacables ; le corps politique des gardes en armes qui dans la brume, sortis du r&#234;ve, s'avancent aupr&#232;s des corps endormis du rebelle et de sa jeune fille. Sur tout le film domine cette d&#233;liaison de l'action sur son explication : quand elle se produit, &#224; l'image, c'est toujours d'&#233;vidence ou d'&#233;nigme, et par contamination l'une devient l'autre, la seconde se teinte de la premi&#232;re ; et le temps impose son propre &#233;v&#233;nement. Ce qu'on regarde d&#232;s lors, ce n'est pas le r&#233;cit du r&#233;cit tel qu'il se fait pour nous, mais le jeu du r&#233;cit avec son attente qui se pr&#233;cipite toujours au-devant de lui. D'o&#249; cette lenteur manifeste et cet emportement &#224; la fois qui r&#232;glent le rythme impressionnant du film. D'o&#249; cette qualit&#233; de pr&#233;sence fascinante de chaque plan, qu'on dirait documentaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AdP :	j'essaie de composer les personnages &#224; mi-chemin entre ce que j'ai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui est l'envers pr&#233;cis&#233;ment de la reconstitution ou de l'archive (on parle ici la langue d'aujourd'hui). Pr&#233;sence documentaire au sens o&#249; une relation se fait entre le surgissement des corps et le temps occup&#233; par ces corps &#224; l'image, librement consenti &#224; l'intrigue devenue l'enveloppe de temps o&#249; se dilate le r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_14-59-39.png?1376744521' width='500' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ma femme et ma fille, que j'aime plus que tout au monde &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'orgueil de Michael Kohlhaas est sa puret&#233;. Marchand de chevaux pur, il vend ses plus beaux &#233;talons au lieu de les garder pour lui ; homme pur, il choisit une femme et l'aime ; homme de guerre pur, il refuse les pillages et pend ses meilleurs hommes quand ils s'y livrent ; homme de pure foi, il croit les trait&#233;s de paix sans voir qu'ils cachent un acte de condamnation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Homme pur, de grande solitude donc &#8211; l'immense intuition du film, c'est d'avoir choisi un acteur qui ne parle pas la langue : l'accent de Mads Mikkelsen l'isole et l'&#233;l&#232;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;je lis que Arnaud Des Palli&#232;res s'est trouv&#233; heureux d'&#234;tre justifi&#233; apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans sa bouche, la parole est emp&#234;ch&#233;e et en m&#234;me temps r&#233;cit&#233;e, donnant l'impression toujours si puissante au cin&#233;ma d'une voix traversant un corps &#233;tranger. C'est quand il fait de l'alt&#233;rit&#233; une incarnation que le cin&#233;ma para&#238;t encore possible et n&#233;cessaire. Depuis Pasolini, on a appris &#224; voir (et entendre) dans cette voix &#233;trang&#232;re parl&#233;e par le corps singulier, la force immanente du sacr&#233; quand il s'incarne. L'impuret&#233; de ce personnage tient tout entier l&#224;, une &#233;tranget&#233; qui le tisse dans la chair du film. Elle produit imm&#233;diatement un pas de c&#244;t&#233; par rapport au r&#233;cit de Kleist, puisqu'elle impose au cin&#233;aste d'ancrer son film en France et de faire de ce marchand un double &#233;tranger, &#224; la fois Allemand dans le royaume de France, et protestant dans une terre catholique. M&#233;tissage politique, culturel, et religieux qui creuse le myst&#232;re de sa trajectoire (et l'emplit de fantasme : ne serait-ce pas par amour qu'il est venu ici ? M&#233;tissage &#233;rotique) &#8211; sa puret&#233; est son impuret&#233; radicale. Ainsi, ce qui le perd, dans sa qu&#234;te de puret&#233;, est moins la puret&#233; que l'incapacit&#233; de cet homme &#224; r&#233;aliser qu'elle est absente chez les autres. Le fanatisme absolu, radical, sauverait le monde si le monde n'&#233;tait pas l'envers de l'absolu et du radical, mais sa nuance de combinaisons politiques, d'arrangements avec le r&#233;el, c'est-&#224;-dire, ici, avec dieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_14-59-46.png?1376744525' width='500' height='262' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On a oubli&#233; Dieu dans cette histoire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sence de Denis Lavant en Luther, immense. Le Pasteur (que Kleist construit en croisant Luther, Calvin avec &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Melanchthon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;lanchton&lt;/a&gt;) donne une le&#231;on de pragmatisme politique en m&#234;me temps qu'une puissante explication th&#233;ologique de l'ordre du monde. Transiger avec les forces qui nous d&#233;passent &#8212; le commerce, l'amour, le pouvoir &#8212;, Michael K. ne le peut pas. Et Luther en refusant la confession de ce p&#233;cheur qui a cru remettre d'aplomb le juste et le l&#233;gal (ici est son p&#233;ch&#233;), refuse doublement de le sauver, en ce monde et dans l'autre. L&#224; o&#249; le film tire sa puissance, c'est de porter ce discours de la puret&#233; justement dans le contre-champ th&#233;ologique, toujours invisible, mais jamais absent. Et de faire de la puret&#233; le visage infiniment doux de la terreur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/michael-kohlhaas-37.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/michael-kohlhaas-37.jpg?1680944844' width='500' height='787' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je vous ai laiss&#233; deux b&#234;tes magnifiques, nourris, lav&#233;s&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Corps sensible du film, chair &#224; vif, sensualit&#233; de chaque seconde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MM : Ce qui m'a le plus surpris dans le film fini, c'est sa sensualit&#233;, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Film qui prend appui sur le vent pour se laisser voir (non pas le vent lui-m&#234;me, le vent on ne le voit jamais : mais la traine des nuages sur la plaine pouss&#233;s par le vent &#8211; car on ne per&#231;oit jamais que l'effet de la force, non la force elle-m&#234;me : ainsi est la puissance plastique du film). Surexposition sonore : le bruit des mouches (et par contigu&#239;t&#233; &#233;trange, m&#233;tonymie sensible, dans le bruit des mouches, en moi la pr&#233;sence imm&#233;diate de la mort sur chaque plan). La blessure des chevaux : on n'a jamais vu jusqu'&#224; pr&#233;sent de telles plaies ouvertes sur des b&#234;tes. En chaque plan, la chair qui respire. Plan sublime, interminable (inutile dans l'intrigue) de la naissance d'un poulain : respiration rauque, ample, de la jument, qui va s'&#233;tendre. Michael K. vient ensuite se placer en arri&#232;re de la b&#234;te, l'aide &#224; tirer de son flanc le jeune corps qui va na&#238;tre, et le sang ensuite, qu'il essuie avec la paille. Quelques plans plus tard, c'est le corps de la femme, Judith, qu'il va panser : couvert de blessure, crachant du sang : on ne filme pas diff&#233;remment la naissance d'une b&#234;te et la mort d'une femme. On laisse le plan tra&#238;ner sur les blessures, et venir &#224; l'image les respirations qui sont le rythme du temps. De la naissance &#224; la mort, c'est une m&#234;me chair qui se donne &#224; respirer, monte &#224; la pr&#233;sence, qu'importe qu'elle naisse ou meurt, tant qu'elle advient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MM. : Il a cette capacit&#233; &#224; nous placer au centre de situations o&#249; l'on peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt; De m&#234;me pour les feuilles des arbres, la mousse des collines, la boue, la pierre des murs, l'odeur d'une pomme qui porte avec elle l'utopie d'un chez-soi perdu. L'autre sensation physique du film, c'est l'impression qu'il a &#233;t&#233; tourn&#233; dans la couleur de fin de journ&#233;e, &#224; l'automne. Ce moment o&#249; dans les C&#233;vennes la terre a la couleur des hommes, des chevaux, des cheveux &#8211; l&#224; o&#249; tout se m&#233;lange (monochromie intense, sans nuance, &#233;tale, du tout premier plan), et les corps dress&#233;s sur cette terre donne l'impression d'&#233;merger d'elle, de l'incarner.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_14-59-53.png?1376744528' width='500' height='262' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pardonne moi Lisbeth &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(j'&#233;cris Lisbeth parce que c'est ainsi que j'ai entendu son nom dit par son p&#232;re). L'ajout merveilleux de Des Palli&#232;res : Michael K. a une fille. Ouverture du champ. Dans le r&#233;cit de Kleist, la mort de l'&#233;pouse n'offre que la possibilit&#233; de la vengeance totale &#8211; l'existence d&#233;faite, sans rien &#224; perdre, tout d&#233;truire puisqu'il ne reste plus rien. Ici, avec une jeune fille, le guerrier ne peut agir d&#233;pouill&#233; d'arri&#232;re-monde, il est pourvu d'une conscience. Pourtant ce n'est pas tout &#224; fait ce r&#244;le que joue la jeune fille (celui qui pourrait faire entendre raison au guerrier, lui donner une responsabilit&#233; morale (abjectement morale) de continuer la vie, de redevenir marchand et vendre les b&#234;tes &#224; la foire&#8230;) &#8211; non. Sur lui p&#232;sera d&#233;sormais le regard du jugement, que ne peuvent avoir ni ses hommes (ob&#233;issants), ni le jeune pasteur (ami et compatriote), ni Luther (la voix d'un Dieu qui exige l'humiliation en guise de reconnaissance). La jeune fille pose sur lui le jugement qui n'appelle aucune discussion parce qu'il ne remet pas en cause l'amour ou le lien qui les unit, mais se donne en raison m&#234;me de cet amour et de ce lien. Ce jugement, au-del&#224; du licite ou de l'illicite, rend responsable son p&#232;re non de ses actes, mais de l'ordre du monde : ce n'est pas la m&#234;me chose. D'abord de compassion, puis d'interrogation, ce regard sera celui, plus redoutable encore que le bourreau, et plus l&#233;gitime aussi, de la col&#232;re. Regard de la jeune fille sur lui, ou quand il la saisit, apr&#232;s l'enterrement, regard sur nous, oui, de la col&#232;re. (Un regard face cam&#233;ra est toujours, pour &#234;tre soutenable, teint&#233; de col&#232;re depuis &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article304&#034;&gt;Monika&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_15-00-01.png?1376744535' width='500' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; c'est quoi cette barri&#232;re ? Privil&#232;ge accord&#233; par la princesse au jeune Baron &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans le r&#233;cit de Kleist, &#233;videmment, la profondeur du questionnement politique est grande : au sein d'un monde qui bascule, entre la f&#233;odalit&#233; et le pouvoir centralis&#233;, demeurent des tentatives de faire durer l'ordre ancien, anachronique. Le Marchand croit &#224; l'ordre neuf, celui de la loi donn&#233;e, de l'administration qui administre. Mais le monde est en retard sur lui-m&#234;me. Si le Marchand a le droit positif pour lui (la barri&#232;re n'aurait pas d&#251; &#234;tre pos&#233;e l&#224; car la Princesse n'accorde plus de privil&#232;ge, mais le jeune Baron ment &#8211; jeune Baron, mais ordre ancien), ce droit lui-m&#234;me se retourne contre lui : le proc&#232;s lui est refus&#233; parce que le Baron a des appuis &#224; la Cour ; pire encore, c'est ce droit qui cause la perte de son &#233;pouse. Devenu Guerrier pour faire respecter ce droit, il devient en regard de ce droit, plus coupable encore et plus anachronique que le Baron. Dans le film, un m&#234;me visage sur tout cela : du Marchand au Guerrier, une m&#234;me barri&#232;re pos&#233;e entre la volont&#233; et le monde, qui est la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me. En avance et en retard, Michael K., n'est jamais contemporain du monde qu'il habite. Sauf quand il saisit entre ces bras sa femme, vivante ou morte. C'est dans le corps de la femme que se joue l'espace du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_15-00-19.png?1376744554' width='500' height='262' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Oh, si je pouvais toucher cet homme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L&#224; est l'autre invention magnifique du film : le Grand &#201;lecteur dans le r&#233;cit de Kleist est remplac&#233; par la Princesse d'Angoul&#234;me, s&#339;ur du Roi (celle que sans &#234;tre nomm&#233;e on devine &#234;tre Marguerite de Valois, amie et protectrice des hommes de lettres, de Marot, de Rabelais). C'est &#224; elle que revient l'autre le&#231;on politique, apr&#232;s celle donn&#233;e par l'homme de Dieu : quand elle appara&#238;t &#224; Michael pour lui donner justice (elle survient chez lui, tandis qu'il prend son bain : c'est nu qu'il la re&#231;oit, d&#233;sarm&#233;, vuln&#233;rable, elle le regardera comme lui regarde les b&#234;tes, l'&#233;vidence d'une puissance essentiellement physique, la fascination du corps &#8211; la m&#234;me qu'avait emplie la jeune femme aim&#233;e, qui deviendra son &#233;pouse : un d&#233;sir brut : le toucher). Il faut &#234;tre aim&#233; et &#234;tre craint, l&#224; est la l&#233;gitim&#233; du pouvoir et sa fragilit&#233; : craint seulement, c'est la peur qu'on fait r&#233;gner, non l'adh&#233;sion. Aim&#233; simplement, c'est la faiblesse qu'on inspire. De part et d'autre, une barri&#232;re se dresse entre soi et les autres, qui est la nature du pouvoir lui-m&#234;me, celui qui interdit d'&#234;tre rejoint par l'autre, celui qui isole, celui qui fabrique l'ordre et d&#233;truit l'individu. C'est parce que Michael ne croit pas en ce pouvoir, mais dans la force de la relation imm&#233;diate (lui prie debout, face &#224; son dieu, dira-t-il, fier, quand il verra les catholiques prier &#224; genoux), incarnant cette force m&#234;me, qu'il est &#233;cras&#233; par ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2529 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_15-00-12.png?1376744548' width='500' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La Bible dit de pardonner &#224; nos ennemis : je prie Dieu de ne jamais me pardonner &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Violence des plans : l'attaque du ch&#226;teau &#224; l'arbal&#232;te, le combat dans la plaine, l'attaque du couvent : tenu &#224; distance pourtant : on ne voit pas les corps massacr&#233;s, mais leur sang sur ceux qui les ont massacr&#233;s. Sc&#232;ne magistrale : le valet &#224; genoux attaqu&#233; par les chiens &#8211; &#233;videmment, comment ne pas penser au plan qui pourrait para&#238;tre similaire dans le dernier film de Tarantino, le m&#234;me contre-champ semble-t-il, plan sur le regard de ceux qui l&#226;chent les chiens pour d&#233;vorer un homme. Mais pourtant : ici le valet survit. Il est la preuve vivante de la cruaut&#233; du Baron, une pi&#232;ce &#224; conviction essentielle dans le trajet de la vengeance. Et pour le film, la plaque impressionn&#233;e de la terreur : lentement, avec toutes les douleurs, il va montrer ses blessures, &#244;ter sa chemise, comme un Christ qui laisse Thomas fouiller ses plaies pour t&#226;ter la mort elle-m&#234;me. On fouille aussi du regard les blessures. Quand Tarantino fait de la violence une image mentale, humiliant le corps, Des Pali&#232;res, via une m&#234;me sc&#232;ne, renverse la sc&#233;nographie de la mort : prenant parti de la chair vive sur la chair spectaculaire, il donne encore une chance au cin&#233;ma d'incarner la pr&#233;sence, et non plus pauvrement de repr&#233;senter une incarnation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2527 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_15-00-07.png?1376744539' width='500' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Terreur, analogie, regard&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on voit de quoi le film parle, et d'o&#249; il vient. L'arrogance des puissants sur les faibles, l'arbitraire des pouvoirs, le d&#233;sir de la vengeance l&#233;gitime et ill&#233;gale : c'est bien de notre monde qu'il s'agit, et il suffit d'ouvrir les journaux pour saisir l'&lt;i&gt;actualit&#233;&lt;/i&gt; d'un tel r&#233;cit &#8211; c'est le propre des mythes, et Kleist en a &#233;crit un, puissant, terrible, infiniment ouvert comme une blessure. Mais ce serait un peu court, et l'analogie serait bien trop &#233;troite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MM : Quand on regarde Requiem pour un massacre ou Apocalypse Now, ce ne sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de r&#233;duire ce film &#224; l'illustration du monde (&lt;i&gt;l'&#339;uvre comme image du monde, quelle id&#233;e fade&lt;/i&gt;). Le film se saisit de la terreur dans ses propres termes, dans sa syntaxe intime, sa force sensible. C'est le plan de l'attaque contre la colonne arm&#233;e du jeune baron : plan s&#233;quence panoramique, longue plong&#233;e, perception du sommet de la colline. L&#224; o&#249; le cin&#233;ma conventionnel aurait film&#233; la charge depuis la m&#234;l&#233;e, en raison du pr&#233;jug&#233; spectaculaire qui confond point de vue de l'action et point de vue du film, cette sc&#232;ne retourne l'ordre du spectaculaire sur lui-m&#234;me : on voit des corps tomber au loin, on n'entend rien que le vent, la guerre est un th&#233;&#226;tre d'op&#233;ration avec des mouvements sur une toile lointaine, contempl&#233;e avec douceur. La terreur est enti&#232;rement dans la douceur de ce regard.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_15-00-40.png?1376744568' width='500' height='259' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La mort, elle, n'est jamais douce ; au bal des witches.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Terreur et douceur font vivre le dernier plan, lui aussi en dur&#233;e continue &#8211; apr&#232;s que justice est rendue (Bruno Ganz en gouverneur &#8211; la justice l&#233;gale donn&#233;e officiellement, &#233;trangl&#233;e d'&#233;motion, force et dignit&#233;) &#224; Michael K., les chevaux rendus, lav&#233;s et nourris, et soign&#233;s, il monte &#224; l'&#233;chafaud. Plan serr&#233; sur son visage tandis qu'on le pr&#233;pare. Ces pr&#233;paratifs (lui sangler les mains, peut-&#234;tre, apr&#232;s avoir d&#233;coup&#233; sa tunique) resteront invisibles. La terreur, ce n'est plus celle qu'on inspire, mais celle &#233;prouv&#233;e : un visage attend qu'on dispose de lui, chaque seconde redout&#233;e est l&#224;, qui passe, bien trop lentement, bien trop vite. Sur le visage passe le temps, et c'est si rare, au cin&#233;ma &#8211; quand le cin&#233;ma a lieu, c'est souvent pourtant de faire passer le temps sur un visage ; il a lieu sur les derniers plans de ce film, avec la m&#233;lancolie de l'imminence puisqu'on sait bien que la mort suit toujours de tels plans. Mais la mort n'a pas lieu, &#233;videmment : en arri&#232;re le bourreau se tient pr&#234;t, pour toujours quand le film s'interrompt, au lieu de pr&#233;sence o&#249; la pr&#233;sence n'est plus inachev&#233;e mais infiniment arr&#234;t&#233;e &#8211; la musique qui bat la mesure du temps aussi, ce qu'elle fait durer apr&#232;s elle appartient encore &#224; ce regard sur nous, qu'il nous faut emporter pour faire durer le temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/png/Capture_d_ecran_2013-08-17_a_15-00-30.png?1376744558' width='500' height='268' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Autour du film :&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Une critique dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; par &lt;a href=&#034;http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/08/13/michael-kohlhaas-l-injustice-detruit-le-monde_3460683_3246.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacques Mandelbaum&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Un entretien dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; avec Arnaud Des Palli&#232;res par &lt;a href=&#034;http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/08/13/arnaud-des-pallieres-a-50-ans-ce-qui-m-interesse-c-est-toujours-la-question-de-la-revolte_3460684_3246.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Isabelle R&#233;gnier&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Un entretien crois&#233; dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://next.liberation.fr/cinema/2013/08/13/je-n-ai-toujours-pas-lu-le-roman-de-kleist_924657&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entre le r&#233;alisateur et Mads Mikkelsen&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Le dossier de presse par les &lt;a href=&#034;http://www.filmsdulosange.fr/uploads/presskits/f50db2ea82fc6993727c1259d95bcbd5d81f9872.pdf?filmsdulosange=ipgj3rsogd030sn804g6188cq4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;films du Losange&lt;/a&gt;&lt;/quote&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AdP :&lt;i&gt;	j'essaie de composer les personnages &#224; mi-chemin entre ce que j'ai &#233;crit et la singularit&#233; de l'acteur qui l'incarne. Je savais que si Mads tenait le r&#244;le, il allait apporter une part importante de sa personne, et j'avais besoin de savoir si j'allais pouvoir l'aimer, car j'ai besoin d'aimer les gens avec qui je travaille pour pouvoir les laisser envahir le film, les placer dans des situations documentaires &#224; l'int&#233;rieur de la fiction. &lt;/i&gt; &lt;br/&gt;MM : &lt;i&gt;Je partage cette id&#233;e que l'acteur n'est pas seulement quelqu'un qui est susceptible de jouer d'autres personnes. Le principal trait d'un acteur de cin&#233;ma, c'est sa pr&#233;sence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;je lis que Arnaud Des Palli&#232;res s'est trouv&#233; heureux d'&#234;tre justifi&#233; apr&#232;s coup : en ce temps l&#224;, les marchands nomades apportaient avec eux leurs patois, et il n'&#233;tait pas &lt;i&gt;&#233;trange&lt;/i&gt; de les entendre parler leur langue &#233;trang&#232;re&#8230; L'histoire est notre fiction, celle d'une croyance qui dit que nos inventions ont eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MM : &lt;i&gt;Ce qui m'a le plus surpris dans le film fini, c'est sa sensualit&#233;, le fait que l'on puisse sentir, respirer la texture m&#234;me de chaque chose film&#233;e : les visages, la fatigue, le paysage, l'odeur des chevaux, les mouches, la poussi&#232;re. C'est l'essentiel au cin&#233;ma : parvenir &#224; faire exister ce sur quoi l'on porte son regard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MM. : &lt;i&gt;Il a cette capacit&#233; &#224; nous placer au centre de situations o&#249; l'on peut librement composer avec les &#233;l&#233;ments, la temp&#233;rature, les obstacles, plut&#244;t qu'avec la cam&#233;ra. C'est ce que l'on peut m'offrir de mieux. En toute humilit&#233;, l'une des choses que je ch&#233;ris le plus chez un acteur, et mon souci principal dans mon m&#233;tier, c'est le fait d'exister dans les plans, y inventer son espace, sans n&#233;cessairement y faire grand-chose, sans songer &#224; la cam&#233;ra.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MM :&lt;i&gt; Quand on regarde&lt;/i&gt; Requiem pour un massacre &lt;i&gt;ou&lt;/i&gt; Apocalypse Now, &lt;i&gt;ce ne sont pas des &#339;uvres importantes parce qu'elles illustrent des faits de guerre, mais parce qu'elles &#233;laborent une complexit&#233; irr&#233;ductible &#224; toute analogie &#233;troite. On ne r&#233;alise pas des films pour faire des parall&#232;les entre telle histoire et telle actualit&#233;. Avoir un point de vue ne fait pas un film, tout au plus une note d'intention, ou un article dans le journal. Le cin&#233;ma, c'est autre chose et, si je peux me permettre, cela d&#233;passe largement le fait d'exprimer ce que l'on a &#224; dire. C'est affaire de puissance du regard, de n&#233;cessit&#233; dans le pr&#233;sent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>l'heure prime</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/l-heure-prime</link>
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		<dc:date>2012-01-11T01:32:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;critures &amp; r&#233;sistances</dc:subject>
		<dc:subject>_vies</dc:subject>
		<dc:subject>_en guerre</dc:subject>
		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De prime face, qu'on rejoigne le jour d'un bout &#224; l'autre de lui-m&#234;me, de minuit &#224; minuit, et cela produit dans le corps cette continuit&#233; faible du courant qui maintient la lumi&#232;re dans la pi&#232;ce, d'apr&#232;s le silence qu'il fait, on peut entendre le courant, la vibration infime qui traverse, jette les ombres qui recouvrent les fissures sur le mur ; &lt;br class='autobr' /&gt;
chaque jour, j'apprendrai ainsi comment c'est de mourir chaque jour de le vivre, comment c'est de le na&#238;tre int&#233;rieurement, et de saisir en chacun (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_journal-contretemps" rel="tag"&gt;_Journal | contretemps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ecritures-resistances" rel="tag"&gt;_&#233;critures &amp; r&#233;sistances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vies" rel="tag"&gt;_vies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_en-guerre" rel="tag"&gt;_en guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_cheveux" rel="tag"&gt;_cheveux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L400xH533/clef-d74ed.jpg?1770003953' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;De prime face, qu'on rejoigne le jour d'un bout &#224; l'autre de lui-m&#234;me, de minuit &#224; minuit, et cela produit dans le corps cette continuit&#233; faible du courant qui maintient la lumi&#232;re dans la pi&#232;ce, d'apr&#232;s le silence qu'il fait, on peut entendre le courant, la vibration infime qui traverse, jette les ombres qui recouvrent les fissures sur le mur ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;chaque jour, j'apprendrai ainsi comment c'est de mourir chaque jour de le vivre, comment c'est de le na&#238;tre int&#233;rieurement, et de saisir en chacun de ses points les lieux d'intensit&#233; les plus sereins, les plus calmes comme sous les bombardement, les espaces qui resteront prot&#233;g&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vieille sagesse des combattants : on sait que l'obus ne tombe jamais deux fois dans le m&#234;me trou : la solution : s'asseoir au milieu du premier trou, dans les amas de corps &#233;parpill&#233;s, compter les bombes et les &#233;toiles entrelac&#233;es, s'adresser &#224; tout cela comme un tout qui fabriquerait la vie ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de prime saut, se dresser non dans l'alcamie mais dans les orages tellement forts qu'on ne s'entend pas crier, et avancer dans le silence de son cri lanc&#233; au-devant de soi comme une armure, un premier amour, la bouche ouverte, les doigts en sang crisp&#233;s sur l'arme (mais on sait qu'on a l&#226;ch&#233; l'arme depuis longtemps, on n'a que son corps, port&#233; &#224; bout de bras), et aller, vers la tranch&#233;e plus loin qui tire &#224; vue, aller en fermant les yeux et imaginer la chute des cheveux sur le torse les poignets entourant ses poignets pos&#233;s sur les draps du lit d&#233;fait comme du ciel le soir de dix heures, et aller encore, dans le cri de joie qu'on tient comme son dernier amour ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et ne pas m&#234;me s'&#233;tonner d'&#234;tre en vie quand on ouvre les yeux, qu'il n'y a rien que du jour blanc pr&#234;t &#224; se d&#233;chirer, rien que le froid qui se change en bu&#233;e sur la vitre, rien que soi et la table de travail qui vient recueillir tous les autres en soi, rien que cette vie qui tient de si peu, et debout pourtant, je suis debout cette vie qui avance vers moi quand je l&#232;ve les yeux sur elle et que je la rejoins, r&#233;alise qu'elle n'avance pas mais se laisse ainsi rejoindre, et que je suis vivant de la voir ainsi rejointe en moi, appel&#233; par elle, en cette heure qu'on dit de &lt;i&gt;prime&lt;/i&gt;, non parce qu'elle est premi&#232;re, mais parce qu'elle ouvre, une porte lev&#233;e devant moi non pour arr&#234;ter le regard mais pour s'ouvrir sur elle quand j'aurai la cl&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cette cl&#233;, je passe des heures &#224; la fabriquer &#8211; j'ai tellement r&#234;v&#233; autour des formes de la serrure que je sais composer mentalement l'effraction : j'ai l'instrument qu'il faut et en moi les mots qui viendront la soulever, le bruit des combats ne s'&#233;loignent pas pour autant, mais les combattants se jettent les uns sur les autres pour mesurer leur faiblesse, je le comprends maintenant, dans ma faiblesse qui est ma seule force de vivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans mes mains, la cl&#233; : l'agresseur ne sonne pas, non, puisqu'il a la cl&#233; ; il y a cette porte quelque part, ce qu'elle ouvre,&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_1410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/clef1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/clef1.jpg?1326245466' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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		<title>planifier les combats</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
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&lt;p&gt;Start a War (The National, &#034;Boxer&#034;, 2007) &lt;br class='autobr' /&gt; Walk away now and You're gonna start a war Echafauder des plans contre sa propre lenteur, la torpeur du jour &#8212; planifier chaque minute : en intercepter les courbes de moindre intensit&#233; pour les acc&#233;l&#233;rer. Comploter contre la force centrifuge de la lumi&#232;re : organiser les moyens de capter et d'orienter les puissances. &lt;br class='autobr' /&gt;
N'avoir pour certitude que deux choses : d&#233;sapprendre du jour pr&#233;c&#233;dent ; se d&#233;faire du poids du jour suivant. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH375/P6053433-95c8a.jpg?1770111136' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Start a War&lt;/i&gt; (The National, &#034;Boxer&#034;, 2007)&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;small&gt;
&lt;i&gt;Walk away now and &lt;br/&gt;You're gonna start a war&lt;/i&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
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&lt;p&gt;Echafauder des plans contre sa propre lenteur, la torpeur du jour &#8212; planifier chaque minute : en intercepter les courbes de moindre intensit&#233; pour les acc&#233;l&#233;rer. Comploter contre la force centrifuge de la lumi&#232;re : organiser les moyens de capter et d'orienter les puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'avoir pour certitude que deux choses : d&#233;sapprendre du jour pr&#233;c&#233;dent ; se d&#233;faire du poids du jour suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e se termine demain matin : ce qui commence pendant trois mois, c'est une sorte de th&#233;&#226;tre d'op&#233;ration aux forces en pr&#233;sence incertaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, ce soir, planifier les combats. Territorialiser les instincts : rompre en soi la chair sans d&#233;sir et se heurter &#224; son propre vide int&#233;rieur pour plus tard l'&#233;paissir. Cerner les endroits du monde &#224; investir : &#224; d&#233;vaster.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mordre la poussi&#232;re jusqu'au sang, et avaler, jusqu'&#224; plus soif, les heures vacantes dispos&#233;es devant soi comme un corps endormi, le cou offert, les draps d&#233;faits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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