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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>passer le temps</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
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		<dc:subject>_solitudes</dc:subject>
		<dc:subject>_Bordeaux</dc:subject>
		<dc:subject>_Claude Louis-Combet</dc:subject>
		<dc:subject>_Paris</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre la syntaxe est-elle n&#233;e de la hantise de la mouvance et d&#233;sormais c'est courir apr&#232;s l'impossible que de tenter de retrouver le musical sillage qui pr&#233;lude, dans la nuit de la conscience, &#224; l'av&#232;nement de l'instant. Il me faut bien essayer cependant, c'est la t&#226;che qui m'est &#233;chue puisqu'&#224; la distance infinie de la vie quotidienne o&#249; d'autres que moi affirment que j'existe, je n'ai que cette chanson &#224; pousser&#8230; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Louis-Combet, Le Miroir de L&#233;da &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je voulais faire, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/" rel="directory"&gt;JOURNAL | CONTRETEMPS (un weblog)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/7mai.jpg?1306784468' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;p&gt;
&lt;small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre la syntaxe est-elle n&#233;e de la hantise de la mouvance et d&#233;sormais c'est courir apr&#232;s l'impossible que de tenter de retrouver le musical sillage qui pr&#233;lude, dans la nuit de la conscience, &#224; l'av&#232;nement de l'instant. Il me faut bien essayer cependant, c'est la t&#226;che qui m'est &#233;chue puisqu'&#224; la distance infinie de la vie quotidienne o&#249; d'autres que moi affirment que j'existe, je n'ai que cette chanson &#224; pousser&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Claude Louis-Combet, &lt;i&gt;Le Miroir de L&#233;da&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce que je voulais faire, c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment cela, &#234;tre dans le retard. Revenir sur cette journ&#233;e serait &#233;tablir le long journal d'une seule peur, ou la peur d'une seule longue journ&#233;e faite de multiples brisures : et le verre bris&#233;e, par o&#249; le saisir, comment boire autre chose que sa propre blessure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au r&#233;veil, il &#233;tait juste quatre heures &#8212; et le r&#233;veil sonne encore en moi quand j'y repense cette sortie soudaine d'un tunnel &#233;clair&#233;, hors duquel je sortais dans un jour noir, l'inverse du tunnel : ext&#233;riorit&#233; opaque contre l'int&#233;rieur lumineux. Quand le r&#233;veil me fait sortir &lt;i&gt;d'ici&lt;/i&gt;, je crois que je pousse un cri : est-ce que ce n'est pas ce cri-l&#224; (qui ne m'appartient pas, mais mord encore sur le r&#234;ve) qui me terrifie ? Comme si le r&#233;veil produisait son propre r&#233;veil, doublure du sursaut qui provoque le sursaut final qu'est cette r&#233;alit&#233; qui m'entoure, cette chambre, le matin dehors qui m'attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taxi &#224; quatre heures trente &#8212; en l'attendant, je vois une voiture de police passer une fois, deux fois devant moi, au ralenti ; une troisi&#232;me fois quand le taxi viendra. Ils cherchent quelqu'un (cette phrase dite &#224; haute voix dans la douceur du matin encore noir me saisit, et je me retournerais presque : premi&#232;re phrase du jour que je prononce &#8212; depuis plusieurs semaines, je me fais cette r&#233;flexion : la premi&#232;re phrase prononc&#233;e &#224; haute voix est comme le long fruit de centaines d'autres qui ne se disent pas &#8212; je devrais noter ces premi&#232;res phrases qui sont un autre r&#233;veil, celui de la gorge, de la voix pour moi toujours si &#233;trang&#232;re lorsqu'elle refait surface chaque matin (parfois, c'est dans l'apr&#232;s-midi que je me surprends &#224; devoir parler pour la premi&#232;re fois).)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le train de cinq heures trois gare Saint-Jean est rempli jusqu'&#224; la gorge (c'est ce que &lt;a href=&#034;http://twitter.com/amaisetti/status/75033962296258560&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;je note sur twitter&lt;/a&gt;, et j'ajoute : &#034;ne pas se faire mordre&#034;.) Je m'installe comme &#224; mon habitude au fond de la voiture-bar, l&#224; o&#249; les places sont souvent libres. Un jeune enfant viendra en face de moi dormir pendant les quelques trois heures. Je lirai, d'une traite, deux cent pages, sans rien rater cependant d'Angoul&#234;me &#8212; du cr&#233;puscule de braise au-dessus de ses hauteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'arriv&#233;e, Paris impose un changement de vitesse : apr&#232;s l'immobilit&#233; pass&#233;e du train, le franchissement de Montparnasse-Monde, traverser des dizaines de couloirs sans changer de lieu. Puis le m&#233;tro. Le m&#233;tro est toujours l'&#233;preuve des visages et des corps : des visages surtout. Par centaines soudain et tous ensemble : le m&#233;tro est un apprentissage de la ville par ses visages ; douleur &#224; traverser pour qu'elle creuse en moi la place qu'il lui faut, la rendre acceptable &#224; mes yeux, puis rapidement essentielle. Il y aura les affiches de publicit&#233;, les grands immeubles qui apparaissent apr&#232;s la Place d'Italie et longent le m&#233;tro a&#233;rien jusqu'&#224; Quai de la Gare &#8212; toute cette beaut&#233; de la laideur qui fabrique de la ville, partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche de Quai de la Gare jusqu'aux Grands Moulins en m'attardant aux pieds des grandes tours de la BNF &#8212; la chaleur est d&#233;j&#224; l&#224;, toute enti&#232;re. Je la vois se refl&#233;ter sur les tours mais n'essaie pas de croiser le regard &#224; ses sommets, je m'y br&#251;lerais les yeux. J'avance, dans la fatigue &#8212; une journ&#233;e enti&#232;re est pass&#233;e sur moi ; il n'est pas neuf heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je sortirai de la fac, rejoindre le m&#233;tro, une seconde journ&#233;e sera pass&#233;e : ce ne sera pas la derni&#232;re. Il restera tout le trajet inverse &#224; accomplir (je dis cela comme je parle d'un rite) &#8212; mais la pression cumulative du jour rendra l'exp&#233;rience de la ville seconde &#224; sa premi&#232;re silhouette vue le matin : comme le sonar per&#231;oit ses propres ondes et calcule les profondeurs en fonction du temps qu'elles mettent &#224; revenir &#224; sa source : j'avancerai, jusqu'au soir, ainsi. J'aurai alors passer le temps &#224; le passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le &lt;i&gt;midi&lt;/i&gt;. Il y aura le billet le train, tenu dans la main, et nos courses pour rejoindre le quai, le TGV d&#233;j&#224; parti &#8212; mais qu'est-ce que cela change. Rires sur un retard qu'on conc&#232;de &#224; d'autres que nous, cet autre fant&#244;me assis &#224; ma place, dans le train que je ne prendrai pas. Moi, je serai dans le suivant. Surtout, entre les deux quais, la soif, grande comme le jour pass&#233; (d&#233;j&#224; pass&#233;, l'image de ce train). Il est deux heures de l'apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du train, de la lecture aval&#233;e sur ces kilom&#232;tres, la verri&#232;re de la Gare Saint-Jean, enfin : les r&#233;cits qu'on invente sous elle, la note unique tenue par le roseau de la tristesse, celui de la vieille l&#233;gende, plane au-dessus de cette verri&#232;re comme celle qui annonce les fermetures des portes. Veuillez vous assurer que vous n'avez rien oubli&#233; &#224; votre place. Je ne v&#233;rifie plus, trop peur de la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'aurai travers&#233; toute la ville &#224; pied &#8212; la chambre aura gard&#233; la peur du matin, inexpliqu&#233;e, mais r&#233;solue finalement puisqu'il n'en reste qu'un souvenir diffus et sans image, quelques mots &#233;crits rapidement &#224; sa dict&#233;e, sur cette page que je ne relirai pas, une porte claqu&#233;e devant moi : je poss&#232;de d'innombrables cl&#233;s, mais cette porte n'a pas de serrure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire. Frapper &#224; cette porte ? Et si j'entendais quelqu'un de l'autre c&#244;t&#233;, approcher, et venir, lentement, tourner la poign&#233;e &#8212; et si la porte s'ouvrait, toute grande, sur un chemin de fer : le suivre lui aussi ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L400xH533/DSCN4715-9a25e.jpg?1770079825' width='400' height='533' alt='' /&gt;
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		<title>l'absence &#224; l'histoire</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


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		<dc:subject>_Claude Louis-Combet</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;The Greatest (Cat Power &amp; Van Morrison [Live in Athens]) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment se fait-il que, m&#234;me dans l'immobilit&#233; la plus close, l'instant finisse par d&#233;boucher sur un autre instant et le temps, par passer, en sorte que l'absence &#224; l'histoire soit elle-m&#234;me toute une histoire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Claude- Louis-Combet (Blanc, 1980) &lt;br class='autobr' /&gt;
Rue &#233;troite. Qui habiterait l&#224; ? Plus loin, il y a bien la rue de Bizerte : c'est un lieu possible o&#249; mourir. Et en haut, Nollet ; c'est un endroit o&#249; boire jusqu'&#224; ne plus marcher. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_814 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH375/DSCN4756-2ba04.jpg?1770079825' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;object type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; data=&#034; http://paris7-doctorants-lsh.net/son/dewplayer.swf?mp3=http://paris7-doctorants-lsh.net/son/TheGreatest.mp3&amp;autoreplay=1&amp;showtime=1&amp;volume= 75&#034; height=&#034;20&#034; width=&#034;200&#034;&gt;&lt;param name=&#034;wmode&#034; value=&#034;transparent&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;
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&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;The Greatest&lt;/i&gt; (Cat Power &amp; Van Morrison [Live in Athens])&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que, m&#234;me dans l'immobilit&#233; la plus close, l'instant finisse par d&#233;boucher sur un autre instant et le temps, par passer, en sorte que l'absence &#224; l'histoire soit elle-m&#234;me toute une histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Claude- Louis-Combet (&lt;i&gt;Blanc&lt;/i&gt;, 1980)&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Rue &#233;troite. Qui habiterait l&#224; ? Plus loin, il y a bien la rue de Bizerte : c'est un lieu possible o&#249; mourir. Et en haut, Nollet ; c'est un endroit o&#249; boire jusqu'&#224; ne plus marcher. Mais ici, entre les deux ? Se tenir pourtant, dans cet entre deux des choses. J'y repense gravement quand d&#233;filent devant mes yeux les images prises l&#224;-bas (mais ni forme ni informe, l&#224;-bas est seulement cette suite d'images qui se forment dans la m&#233;moire photographique). Une semaine &#233;loign&#233;e de Paris &#8212; rue &#233;troite qui termine toujours la journ&#233;e. &#192; distance, je ne la reconnais pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_815 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/DSCN4757.jpg?1298482039' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par l&#224; s'avancent des mots avec leurs cadavres d&#233;j&#224; form&#233;s enti&#232;rement de la peau des autres : ne rien &#233;crire dans ce goulot d'&#233;tranglement. Seulement poser sur les yeux l'appareil et prendre des images en passant, sans bruit, dans la peur. On surprend des filles riant dans l'alcool, pas un regard. On croise des types au-dessus des scooters gar&#233;s en file, qui se redressent au passage, nous laissent passer, et puis &#8212; puis la rue tourne, peu importe ce qu'ils font, on n'a pas voulu regarder dans les yeux ; on est pass&#233; en voleur (mais les mains vides et le corps davantage).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_816 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/DSCN4758.jpg?1298482044' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans cette rue les num&#233;ros affich&#233;s au-dessus des portes, pas un ne manque (oh, s'il en manquait un, je m'y abriterais). Des bruits de pas plus loin, des talons &#8212; claquent sur le sol, et cessent avant que j'ose me retourner : sans doute entr&#233;e sous l'un de ces num&#233;ros, elle qui fait entendre tout le silence d&#233;sormais ; le seul bruit ici est cause de mes pas, et je ne l'entends plus, plus jamais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_817 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/DSCN4759.jpg?1298482048' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand j'avance, c'est comme dans le d&#233;sir quand on va fermer les yeux, les couleurs nettes effondr&#233;es peu &#224; peu &#8212; comme dans la morsure, quand on n'arrache que la pulpe de la langue et jamais de peau, jamais assez &#8212; jamais assez de mot non plus pour dire : l'&#233;troitesse de la rue quand on s'y engage, ou le corps serr&#233; contre soi qui r&#233;siste, traverser sans regarder vraiment, aucune voiture &#224; cette heure, encore moins &#224; celle-ci o&#249; je les regarde de nouveau, coul&#233;es sur elle-m&#234;me. Aucun souvenir d'avoir pris ces photos. Mais j'ai encore, dans la bouche, le go&#251;t de mes propres l&#232;vres mordues, serr&#233;es contre tout ce qui manquait &#224; cette lumi&#232;re, cette ville, ces bruits qui s'&#233;loignaient.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_818 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/DSCN4760.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/DSCN4760.jpg?1298482053' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le dessein des villes</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


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		<dc:subject>_villes</dc:subject>
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		<dc:subject>_Claude Louis-Combet</dc:subject>

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&lt;p&gt;Other Towns and Cities (Camera Obscura, 'My Maudlin Career' [2009]) &lt;br class='autobr' /&gt; Ce que je crois &#8211; sans pouvoir all&#233;guer de suffisantes raisons &#224; cette croyance &#8211; s'&#233;noncerait donc ainsi : le p&#233;ch&#233; qui fit (et d&#233;fit) l'enfance dispose de tous les mots sauf d'un seul pour tenter de se dire. Mais, parce qu'il est un mot qui manque, l'absence mine la phrase. Et la phrase ne peut se d&#233;velopper que d'une mani&#232;re oblique et allusive, &#233;laborant lentement ses circonlocutions, gyrovaguant &#224; l'infini autour de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_claude-louis-combet" rel="tag"&gt;_Claude Louis-Combet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Other Towns and Cities&lt;/i&gt; (Camera Obscura, 'My Maudlin Career' [2009])&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce que je crois &#8211; sans pouvoir all&#233;guer de suffisantes raisons &#224; cette croyance &#8211; s'&#233;noncerait donc ainsi : le p&#233;ch&#233; qui fit (et d&#233;fit) l'enfance dispose de tous les mots sauf d'un seul pour tenter de se dire. Mais, parce qu'il est un mot qui manque, l'absence mine la phrase. Et la phrase ne peut se d&#233;velopper que d'une mani&#232;re oblique et allusive, &#233;laborant lentement ses circonlocutions, gyrovaguant &#224; l'infini autour de son point de vacance, construisant des r&#233;cits que leur fin d&#233;courage parce qu'ils n'ont pas de v&#233;ritable fin, menant une r&#233;flexion &#233;puisante sur un objet non objectivable &#8211; la m&#234;me phrase (qu'on ne l'oublie pas !), la seule et unique, que les modestes v&#233;rit&#233;s du r&#233;el ne retiennent pas, et qui fuit vers le plat horizon du n&#233;ant et du non-dicible.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Claude Louis-Combet&lt;br class='autobr' /&gt; (&lt;i&gt;Le P&#233;ch&#233; d'&#233;criture&lt;/i&gt;) [1997]&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pas de villes qui ne concentrent en elles toute une puissance de r&#233;flexion : comme deux miroirs pos&#233;s l'un en face de l'autre en travers desquels on essaierait de se placer pour entrevoir, en bougeant la t&#234;te, un bout d'infini plongeant dans la nuque : pas de descriptions (pas de r&#233;cits) de la ville qui ne s'efforceraient de traquer ces reflets et qui voudraient &#224; la fois les prolonger et les intercepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avenue de France, la semaine derni&#232;re : ciel gris sur fond de vitres grises &#8212; c'est le ciel qui prend la couleur des fa&#231;ades de verre, et non l'inverse. De toute mani&#232;re : on voit les bureaux &#224; ciel ouvert, les types qui travaillent (l&#224; un minist&#232;re, ici un si&#232;ge social : mais il y a des passerelles, et qui fait la diff&#233;rence ?) de part et d'autre des minces cloisons, on entend presque les ventilateurs des portables et le bruit des photocopieurs. Avenue de France sur laquelle les &#233;tudiants viennent de passer pour rejoindre les cort&#232;ges Place d'Italie. On chercherait en vain la trace de leur passage sur les vitres &#8212; et pourtant, en faisant attention, on verrait peut-&#234;tre &lt;a href=&#034;http://www.google.fr/images?q=mains+n%C3%A9gatives&amp;oe=utf-8&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a&amp;um=1&amp;ie=UTF-8&amp;source=univ&amp;ei=VQHHTOPlKsm64Aawi70H&amp;sa=X&amp;oi=image_result_group&amp;ct=title&amp;resnum=1&amp;ved=0CCgQsAQwAA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les mains n&#233;gatives&lt;/a&gt; qu'ils ont d&#233;pos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mains n&#233;gatives &#8212; qui rejoindraient d'autres mains : &lt;a href=&#034;http://www.google.fr/images?q=mains+positives&amp;oe=utf-8&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;client=firefox-a&amp;um=1&amp;ie=UTF-8&amp;source=og&amp;sa=N&amp;hl=fr&amp;tab=wi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mains positives&lt;/a&gt;, le mot existe aussi, je l'apprends, je le note. &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/interventions-communes/article/mains-c-est-de-la-survie-qu-on-fait' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Je ne l'oublierai pas.&lt;/a&gt; Il faudrait &#233;crire &lt;a href=&#034;http://stephelakh.tumblr.com/post/1401620548/sa-bure-ou-je-voyais-des-constellations?ref=nf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la trace et les contours&lt;/a&gt; de celles-ci aussi &#8212; je n'oublie pas non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de villes, non aucune, qui ne poss&#232;dent ces parois o&#249; d&#233;poser ses mains pour appuyer, non pas faire bouger les structures, mais dresser dans l'absence de mot le r&#233;cit de son passage, ici, l&#224;, et comme on r&#234;verait d'immeubles tout lev&#233;s de mains pos&#233;es les unes sur les autres, dans le dessein nu et sans raison, seulement &#339;uvre de mains dont les trac&#233;es &#224; la sueur de notre sang resteraient cent mille ans apr&#232;s pour raconter encore la fin intermin&#233;e de la ville qui s'&#233;crirait ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH375/DSCN4484-67fe9.jpg?1770053675' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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