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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>Sempr&#250;n | &#171; Une esp&#232;ce de fatigue de mort &#187;</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Antonin Artaud</dc:subject>
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		<dc:subject>_Jorge Sempr&#250;n</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au lieu m&#234;me du partage des eaux&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_pages" rel="tag"&gt;_pages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ecrire" rel="tag"&gt;_&#233;crire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_jorge-semprun" rel="tag"&gt;_Jorge Sempr&#250;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Jorge Sempr&#250;n (1923 - 2011) &#8212; extrait de &lt;i&gt;Quel beau dimanche ! &lt;/i&gt; (1980)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu, te disais-tu, tu es immobile au milieu de la place de la Contrescarpe, au lieu m&#234;me du partage des eaux, au sommet des pentes qui pourraient te conduire, par l'inertie molle d'une d&#233;marche machinale, r&#234;veuse, vers des activit&#233;s surprenantes incapable pourtant, toi, de d&#233;cider de l'une ou de l'autre, de te laisser aller &#224; un choix quelconque, saisi par &lt;i&gt;une fatigue renversante et centrale, une esp&#232;ce de fatigue aspirante&lt;/i&gt;, pronon&#231;ant alors, &#224; haute voix, au risque d'effaroucher les oiseaux, ou bien, au contraire d'attirer l'attention de quelque femme au visage lisse, subitement tourn&#233;e vers toi, d&#233;faite et possessive, d&#233;j&#224;, ses yeux f&#233;brilement avides &#224; t'entendre prononcer &#224; haute voix ces paroles d'Artaud, qu'Artaud avait &#233;crites, des ann&#233;es auparavant, dans la seule intention, innomm&#233;e, obscure sans doute pour lui-m&#234;me de d&#233;crire ton &#233;tat physique &#8212; le tien, nul autre que le tien &#8212; les paroles de cette Description d'un &#233;tat physique qui ont &#233;t&#233;, au cours de ce printemps de 1942, la rengaine incantatoire et non d&#233;pourvue de cons&#233;quences de ta vie : &lt;i&gt;Les mouvements &#224; recomposer, une esp&#232;ce de fatigue de mort&lt;/i&gt;, disais-tu alors &#224; haute voix, pour en finir avec cette &lt;i&gt;fatigue de commencement du monde, la sensation de son corps &#224; porter, un sentiment de fragilit&#233; incroyable, et qui devient une brisante douleur&lt;/i&gt;, disais-tu de plus en plus fort, dans un &lt;i&gt;vertige mouvant, une esp&#232;ce d'&#233;blouissement oblique qui accompagne tout effort, une coagulation de chaleur qui enserre toute l'&#233;tendue du cr&#226;ne ou s'y d&#233;coupe par morceaux&lt;/i&gt; et tu retrouvais, ayant dit ces mots, les ayant prononc&#233;s d'une voix suffisamment claire et forte pour effaroucher les oiseaux de ce lieu th&#233;&#226;tral, vide, tu retrouvais la force de bouger, &#244; miracle ! un doigt d'abord, une main, un bras, l'&#233;paule droite, les muscles tendus le long de la colonne vert&#233;brale une jambe, et l'autre, tout le corps, dans un mouvement comparable, te disais-tu, &#224; celui d'une naissance, ou d'un &#233;clatement v&#233;g&#233;tal, qui estompait provisoirement, sans doute pour l'avoir nomm&#233;e, d&#233;busqu&#233;e soufferte jusqu'au bout de la souffrance, l'angoisse nue de tout &#224; l'heure &lt;i&gt;des muscles tordus et comme &#224; vif, le sentiment d'&#234;tre en verre et brisable, une peur, une r&#233;traction devant le mouvement et le bruit&lt;/i&gt;, et tu laissais ce mouvement naissant se propager, t'arracher &#224; l'immobilit&#233; maternelle et moite d'il y avait un instant, tu le laissais te porter en avant, dans la certitude &#233;blouissante pourtant, quoique indolore d&#233;sormais, que cet &#233;tat physique se reproduirait, que cette esp&#232;ce de fatigue de mort serait le sel de ta vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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