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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>anticipations #25 | Nuits de Walpurgis </title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_anticipations</dc:subject>
		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;critures num&#233;riques</dc:subject>
		<dc:subject>_joie</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_feu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;le diable autour du feu&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_joie" rel="tag"&gt;_joie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_enfant-interieur" rel="tag"&gt;_enfant int&#233;rieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_feu" rel="tag"&gt;_feu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1056.jpg?1367408480' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Note du 2 mai 2015.&lt;/i&gt; J'ai oubli&#233;, hier, la nuit du Walpurgis. J'en reste inconsolable. Ainsi me faudra-t-il attendre un an pour br&#251;ler cette nuit et l'inconsol&#233; de ces jours ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Du moins d&#233;pos&#233;-je ici cette nuit du Walpurgis, celle de 2009, lointaine et proche d'autres br&#251;lures, d'autres consolations.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce premier mai 2013,&lt;/i&gt; je d&#233;pose ici ce texte, issu de mes &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://publie-net.com/archive/products/anticipations/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;anticipations&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#233;crit n'importe quel autre jour que le premier mai, au printemps 2009, en souvenir de Verlaine (qui avait &#233;crit sa nuit de Walpurgis en souvenir de G&#339;the) - premier mai, nuit du Walpurgis, nuit du feu autour duquel danser le feu, vingt-cinqui&#232;me r&#233;cit dans la s&#233;rie qui en comporte cinquante-et-un, soit le pli du &lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814501232/anticipations/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;livre&lt;/a&gt;, ou presque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces prochains jours, reprises de mes nouvelles, d'autres nuits anciennes &#224; inventer, mes anticipations comme &lt;i&gt;l'&#233;laboration interminable et progressive d'un projet d'avenir tr&#232;s lointain&lt;/i&gt;, qui serait perdu.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est un bruit de machinerie qui s'&#233;teint et laisse dans son sillage comme une trace de son extinction, au ralenti. Les lumi&#232;res s'&#233;teignent, toutes en m&#234;me temps, avec la t&#233;l&#233;vision, les ordinateurs, les r&#233;veils, les aspirateurs, les radios &#8211; et nous, on est comme arr&#234;t&#233;s dans notre &#233;lan, on s'arr&#234;te soudain de marcher, ou de manger, ou de laver : et le geste, le pied lanc&#233;, la fourchette tendue, l'assiette tenue sous l'eau, est coup&#233;, comme si ce qui se d&#233;branchait avec les appareils nous concernait, comme si nous appartenions machinalement &#224; ce monde l&#224;, nous aussi, pour un temps qui nous d&#233;branchait, ou qui se d&#233;branchait de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le premier soir, mais les autres soirs &#233;galement, on reprendrait cette absurde posture &#8211; cette suspension du corps. Cela ne durait pas : le corps reprenait ensuite rapidement ses mouvements ; la coupure, elle, durerait toute la nuit. Le premier soir, on v&#233;rifiera que chez le voisin aussi la coupure d'&#233;lectricit&#233; l'avait concern&#233;, et on comprendra que tout l'immeuble est touch&#233;, que toute la rue m&#234;me, tout le quartier. Le lendemain, on apprendra que plus que la ville, le pays avait &#233;t&#233; touch&#233;, et le continent (on avait cru savoir qu'il s'agissait d'une panne, dans un pays proche, au c&#339;ur d'une centrale qui, r&#233;gulant l'ensemble du syst&#232;me, avait &#233;t&#233; responsable de la paralysie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit durant, on avait cherch&#233; des lampes de poche, et c'&#233;tait devenu un jeu ; apr&#232;s avoir calm&#233; l'angoisse des enfants, on avait allum&#233; des bougies, on s'&#233;tait couch&#233;s plus t&#244;t, persuad&#233;s que la reprise du courant allait &#234;tre imminente, que la coupure ne durerait pas. Elle ne dura pas : elle ne durerait jamais plus longtemps que le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, &#224; l'heure o&#249; habituellement les &#233;clairages municipaux s'&#233;teignent, au moment o&#249; le soleil est sur le point de se lever, le bruit de machine reprenait l&#224; o&#249; la veille au soir il avait cess&#233; &#8211; le ralenti s'acc&#233;l&#233;rait et on pouvait entendre de nouveau le ronronnement des r&#233;frig&#233;rateurs, les cris dans les t&#233;l&#233;viseurs et les radios ; sur les r&#233;veils, on voyait clignoter les z&#233;ros, signe que le temps reprenait pied lui aussi dans le r&#233;el, qui affichait le commencement un peu absurde du premier jour. Il y eut un matin, il y eut un soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cr&#233;puscule, c'&#233;tait une mauvaise farce qui reprenait &#8211; &#224; peine se disait-on que la veille &#224; la m&#234;me heure il avait fallu sortir les lampes que la coupure se faisait, le m&#234;me bruit arr&#234;t&#233; des machines. La journ&#233;e, on n'avait parl&#233; que de cela, avec gravit&#233;, comme d'un accident d'avion. Mais deux vols d'avion qui se succ&#232;dent dans la mer, on ne l'avait jamais vu. On &#233;tait un peu plus rod&#233; pour faire face, mais l'insolite de la veille laissait place &#224; un vague agacement &#8211; et d&#233;j&#224;, on pensait au lendemain, quand on r&#233;clamerait les coupables. On les trouva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait cette fois une autre centrale, cens&#233;e r&#233;guler la surchauffe due &#224; la reprise brutale du matin qui n'avait pas tenu. Concours de circonstances malheureux. Toutes les dispositions &#233;taient prises pour que cela ne se reproduise pas une troisi&#232;me fois de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, bien s&#251;r, la coupure se reproduisit, ponctuelle, une troisi&#232;me fois de suite. Et le quatri&#232;me soir aussi. Toute la semaine qui suivit, et la semaine d'apr&#232;s. On s'organisa. Il avait bien fallu s'organiser. On essaya d'abord d'installer des batteries d'&#233;nergie secondaire, pour coupler l'acheminement de l'&#233;lectricit&#233; localement, en privil&#233;giant les grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces batteries cessaient de fonctionner &#233;galement le soir venu, &#224; l'heure dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne trouva pas d'autres moyens que de subir ces coupures, une nuit apr&#232;s l'autre. Sur toutes les grandes villes, c'&#233;taient de nouvelles habitudes qui se prenaient rapidement, des socialisations parfois profondes, souvent violentes &#8211; la loi dans les rues laiss&#233;es &#224; l'arbitraire de la nuit la plus opaque &#233;tait devenue aveugle. Le noir qui s'&#233;tablissait garantissait une impunit&#233; presque totale aux bandes l&#226;ch&#233;es dans les villes, lib&#233;r&#233;es de la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couvre-feu impos&#233; par la coupure n&#233;cessitait de rentrer avant elle, sous peine de mort. Certains choisissaient de s'affranchir des appareils &#233;lectriques et de toute lumi&#232;re artificielle pendant le jour aussi, soit qu'ils &#233;taient persuad&#233;s que la coupure s'&#233;tendrait bient&#244;t &#224; la journ&#233;e, soit pour n'avoir pas &#224; faire face &#224; ce changement absurde de mode de vie, d'un jour sur la nuit. Ils n'&#233;taient pas si nombreux, &#224; vivre de bougies, et &#224; jeter par la fen&#234;tre les &#233;crans, les lampes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tous les soirs, nuits de Walpurgis mal &#233;clair&#233;es par le feu, la vie changeait de tonalit&#233;, gagnait en intensit&#233; pour ceux qui sortaient au dehors voir le monde s'affoler, ou s'&#233;teignait totalement pour ceux qui pr&#233;f&#233;raient s'enfermer et dormir le temps que durerait la nuit, et avec elle la coupure. Ce qu'on perdait avec le souvenir de la nuit &#233;clair&#233;e, c'&#233;tait davantage que le confort, l'id&#233;e qu'on s'&#233;tait faite de la civilisation : ce qu'on regrettait, c'&#233;tait bien plus que le jour artificiel du jour. On marchait dans les rues et on voyait les &#233;toiles, celles qu'on ne voyait que rarement, autrefois, par temps tr&#232;s clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait voulu n'avoir jamais &#224; avancer sous leurs seules p&#226;leurs &#8211; et sans trop savoir pourquoi, en un sens, on savait qu'on &#233;tait privil&#233;gi&#233;s. Le monde s'enfon&#231;ait chaque soir dans ses t&#233;n&#232;bres, et on y prenait part.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>les arbres nous regardent (le geste de toute une vie)</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/les-arbres-nous-regardent-le-geste-de-toute-une-vie</link>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>_peurs</dc:subject>
		<dc:subject>_Paul Verlaine</dc:subject>
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		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_Paul Celan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Heures, couleur mai, fra&#238;ches. Ce qui n'est plus &#224; nommer, br&#251;lant, audible dans la bouche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voix de personne, &#224; nouveau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Profondeur douloureuse de la prunelle : la paupi&#232;re ne barre pas la route, le cil ne compte pas ce qui entre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une larme, &#224; demi, lentille plus aigu&#235;, mobile, capte pour toi les images. &lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Celan, Un oeil, ouvert &lt;br class='autobr' /&gt; On m'avait dit enfant qu'il ne fallait pas toucher &#224; l'arbre (cela date peut-&#234;tre de ce jour o&#249; j'avais coup&#233; du bois vert, massacr&#233; le jeune arbre) : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_paul-celan" rel="tag"&gt;_Paul Celan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3071 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2014-01-02_20-22-00.jpg?1388690767' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Heures, couleur mai, fra&#238;ches.&lt;br/&gt;
Ce qui n'est plus &#224; nommer, br&#251;lant,&lt;br/&gt;
audible dans la bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voix de personne, &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profondeur douloureuse de la prunelle :&lt;br/&gt;
la paupi&#232;re&lt;br/&gt;
ne barre pas la route, le cil&lt;br/&gt;
ne compte pas ce qui entre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une larme, &#224; demi,&lt;br/&gt;
lentille plus aigu&#235;, mobile,&lt;br/&gt;
capte pour toi les images.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Paul Celan, &lt;i&gt;Un oeil, ouvert&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/vgTok6fP9Sw&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On m'avait dit enfant qu'il ne fallait pas toucher &#224; l'arbre (cela date peut-&#234;tre de ce jour o&#249; j'avais coup&#233; du bois vert, massacr&#233; le jeune arbre) : d&#232;s lors enfant, la simple id&#233;e de l'effleurer semblait un crime (le rappelait), ou de le griffer, alors je n'approchais pas. Les cicatrices sur les arbres comme des blessures profondes (on m'avait dit : un trait au couteau, et l'arbre ne s'en remettra jamais), ingu&#233;rissables, affolantes &#8212; en moi comme le sentiment premier du tragique : griff&#233;, l'arbre ne savait pas qu'il allait mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les berges de la Seine, pas un seul arbre qui ne porte pas trace de ces coups de couteau, ou de cl&#233;s, des c&#339;urs d'amoureux, noms, dates, signes ind&#233;chiffrables &#8212; les arbres refusent de mourir. Ce doit &#234;tre une race des villes, des arbres qui ne mourront pas, les pieds dans le ciment : peut-&#234;tre parce qu'ils ne vivent pas vraiment ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir, il faisait tr&#232;s chaud, avec un couteau, une entaille au niveau de mon visage : la s&#232;ve qui tombe, br&#251;lante, s'&#233;coule comme du miel et la main port&#233;e &#224; la blessure, caress&#233;e jusqu'&#224; mes l&#232;vres (la peur qu'on me voit ; la fascination surtout).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces arbres je ne les avais jamais vus : avec des contours que je per&#231;ois mal d'abord, et au dernier de la rang&#233;e, je saisis &#8212; ce sont des yeux, dessin&#233;s autour de quelques noirceurs. La cicatrice est cruelle quand elle joue avec les mouvements de l'&#233;corce. Mais &#233;trangement, ces regards, parce qu'ils s'inscrivent dans le corps des arbres d&#233;passent l'intention qui a voulu les d&#233;figurer : ce n'est pas l'homme qui a pr&#234;t&#233; des yeux &#224; l'arbre, mais l'arbre qui soudain nous regarde parce qu'il nous regardait depuis toujours : et notre geste l'a r&#233;v&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chercher des signes, dans le ciel bas, je tombe in&#233;vitablement sur le hasard : j'accepte celui-ci, et m'y confie ce soir, pour toute l'ann&#233;e. Si je n'aime pas les bilans, j'aime les planches d'appel, et ce qu'ils ouvrent, comme des portes. Ce soir, la lecture de Celan m'am&#232;ne des vers clairs comme ces yeux : miroit&#233;s dans ses larmes, comme l'&#339;il double, trouble de Verlaine, je regarde l'ann&#233;e &#224; venir, doubl&#233;e, troubl&#233;e, d&#233;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La paupi&#232;re ne barre pas la route&lt;/i&gt;, l&#226;che Celan &#224; mon passage, et comme &#224; mon adresse. Et en passant, je songe &#224; cette marchande de bonne aventure qui dessinait le mauvais &#339;il sur le dos de la main pour le repousser, et dit en moi-m&#234;me : je suis pr&#233;serv&#233; du malheur puisque je regarde le ciel comme il me regarde : parce que c'est ainsi qu'il regarde la terre, la ville, les hommes qui vont de l'une &#224; l'autre, et ce qui bat entre et ce qui respire entre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Th&#233;&#226;tre : &lt;i&gt;lieu d'o&#249; on voit&lt;/i&gt; &#187; &#8212; peut-&#234;tre : mais la ville aussi, qui est le contraire du th&#233;&#226;tre ; reste ce que je vois, et sur la peur de mes enfances le geste de toute une vie, l'espace du d&#233;sir : celui de transformer en soi la blessure en caresses.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Antonin Artaud | &#171; et que ma Vie puisse ressusciter &#187;</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/article/antonin-artaud-et-que-ma-vie-puisse-ressusciter</link>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Antonin Artaud</dc:subject>
		<dc:subject>_aube</dc:subject>
		<dc:subject>_Andr&#233; Breton</dc:subject>
		<dc:subject>_pages</dc:subject>
		<dc:subject>_la mer, toujours recommenc&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>_mystique</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_beaut&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>_merveille</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Lettre &#224; Andr&#233; Breton&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/" rel="directory"&gt;Pages | Arrach&#233;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_antonin-artaud" rel="tag"&gt;_Antonin Artaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_aube" rel="tag"&gt;_aube&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_andre-breton" rel="tag"&gt;_Andr&#233; Breton&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_la-mer-toujours-recommencee" rel="tag"&gt;_la mer, toujours recommenc&#233;e&lt;/a&gt;, 
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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre d'Antonin Artaud &#224; Andr&#233; Breton, juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cher Ami&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article732&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Votre fille cet apr&#232;s-midi&lt;/a&gt; m'a donn&#233; l'impression d'une Apparition. Je l'ai vue venir comme un soleil vrai enfin, non imagin&#233;, une incarnation du soleil sur la mer. je sais que vous &#234;tes du Soleil, et que votre femme est de la Mer, mais je n'y ai pens&#233; qu'apr&#232;s. c'est l'intensit&#233; de la vision qui m'a frapp&#233;. Au milieu de toute cette boue et de tout cette salet&#233;, j'ai eu une impression torrentielle de fra&#238;cheur solaire, de vent &#233;clair&#233; qui vient en temp&#234;te, une temp&#234;te de puret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une journ&#233;e de vision v&#233;ritable et de r&#233;v&#233;lation comme celle que je viens de traverser o&#249; rien de ce que j'ai vu ne m'a tromp&#233;, vitre enfant m'est apparue comme un &#202;tre n&#233; du Destin et qui serait la repr&#233;sentation m&#234;me du Destin, mais pour nous venger de ces sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a plus en moi de repos par les images et cet &#234;tre m'a donn&#233; le repos. Vus avez pris &#224; la Mer ce qu'il vous fallait pour le Repos, ce qui veut dire que les Eaux natales vont r&#233;fl&#233;chir notre repos quand cette enfant sera une femme vers 18 ans, et quand nous-m&#234;mes serons revenus aux Eaux Natales parce que la Vie a commenc&#233; par les Eaux et que notre vie va recommencer par les Eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau dans la catastrophe que je pr&#233;vois est l'&#201;l&#233;ment qui appara&#238;tra le Premier et il sera repouss&#233; en avant par le Soleil qu'on ne voit pas puisque &lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt; tout est renvers&#233;. la terre et l'air ne viendront qu'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant cette catastrophe ne sera pas totale puisque les eaux de la Vie sont rest&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la vie a commenc&#233; par les eaux, et si c'est dans l'eau qu'il faut la chercher
&lt;br/&gt;cela veut dire que la lumi&#232;re absolue va pourchasser la vie perdue dans les eaux et recouverte par les Eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela veut dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire que le Monde est &#224; bout, que toutes les formes de la Vie sont tu&#233;es et que la seule issue est d'achever l'abolition des formes o&#249; nous avons r&#234;v&#233; que nous trouvions le repos. Ce qui veut dire que notre esprit &#224; tous est en face d'une exigence absolue, et qu'il doit r&#233;aliser absolument cette exigence pour que le Repos puisse enfin commencer. Ce qui veut dire que le feu va tuer, parce qu'il est sorti maintenant de l'Invisible et que le feu invisible n'est jamais sorti dans le Visible que pour tuer les formes o&#249; la vie s'&#233;tait &#233;gar&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes absolument tromp&#233;, nous nous sommes tromp&#233;s surtout. Je ne vois rien qui ne soit alt&#233;r&#233; et c'est pourquoi j'ai renonc&#233; &#224; tout afin de retrouver ma lumi&#232;re natale et que ma Vie puisse ressusciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre enfant m'a jet&#233; dans l'esprit une lumi&#232;re de r&#233;surrection natale et c'&#233;tait cette lumi&#232;re absolue qui fait monter du fond des eaux natales un principe de vie alt&#233;r&#233; et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais ce que sera pour l'instant l'avenir de votre fille, mais je le vois fatidique est grand. Elle m'a donn&#233; un espoir inou&#239; dans le recommencement de l'Existence quand la vie se sera lib&#233;r&#233; de tout ce qu'il emprisonnait. Or tout aujourd'hui emprisonne la vie. La conclusion est facile et fatale.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Votre ami,&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;Antonin Artaud. &lt;/center&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>prendre le temps (mesure du monde)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_Arthur Rimbaud</dc:subject>
		<dc:subject>_arbre</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_image temps</dc:subject>
		<dc:subject>_lenteur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ah ! la poudre des saules qu'une aile secoue ! Les roses des roseaux d&#232;s longtemps d&#233;vor&#233;es ! &lt;br class='autobr' /&gt;
rimb. &lt;br class='autobr' /&gt; le temps, c'est ce qu'on perd &#8212; on le sait bien ; ce qu'on donne aussi, parfois, &#224; ce qui est plus pr&#233;cieux que nous, comme sur des cartes postales, on prend ces minutes qu'on ne poss&#232;de pas pour &#233;crire : je suis l&#224; : alors parfois, dans ces minutes, on le confie, comme notre ombre, on s'&#233;loigne plus s&#251;r d'&#234;tre d&#233;sormais quelque part, aupr&#232;s de qui on tient plus que nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
mais le temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2735 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-10-26_15-47-05.jpg?1382815438' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowTransparency=&#034;true&#034; src=&#034;http://www.deezer.com/fr/plugins/player?autoplay=false&amp;playlist=false&amp;width=700&amp;height=80&amp;cover=true&amp;type=tracks&amp;id=2238598&amp;title=&amp;app_id=undefined&#034; width=&#034;700&#034; height=&#034;80&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;small&gt;Ah ! la poudre des saules qu'une aile secoue !
&lt;br/&gt;Les roses des roseaux d&#232;s longtemps d&#233;vor&#233;es !
&lt;p&gt;rimb.&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;le temps, c'est ce qu'on perd &#8212; on le sait bien ; ce qu'on donne aussi, parfois, &#224; ce qui est plus pr&#233;cieux que nous, comme sur des cartes postales, on prend ces minutes qu'on ne poss&#232;de pas pour &#233;crire : je suis l&#224; : alors parfois, dans ces minutes, on le confie, comme notre ombre, on s'&#233;loigne plus s&#251;r d'&#234;tre d&#233;sormais quelque part, aupr&#232;s de qui on tient plus que nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais le temps, c'est avant tout ce qu'on oublie, et quand on s'allonge aupr&#232;s de son propre corps, le soir, c'est trop tard pour le matin, sa lumi&#232;re d&#233;j&#224; rang&#233;e dans la poussi&#232;re, rien qui ne sauvera rien d'elle, seulement fermer les poings fort sur le vide pour ne rien retenir, laisser aller le temps sur soi pour qu'il emporte tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le temps, c'est surtout pour moi ce qui me prend, m'arrache. quand je me retourne : les t&#226;ches &#224; faire, immenses, toujours l&#224; &#8212; j'accumule les strat&#233;gies pour y faire face, mais le temps sur moi remonte, en vagues, et avec un seau perc&#233;, l'enfant qui vide la mer pour la d&#233;poser dans des minuscules tunnels voit son ruisseau &#233;pars dans ses mains, pleure, l'eau qui se r&#233;pand sur son visage l'aveugle tant qu'il ne sait pas qu'il pleut sur tout cela, et qui efface le sable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;il y aurait &#233;videmment dans ce temps perdu ce qui ne compte pas, ce qu'on laisse &#8212; toute la vie officielle, administrative, insens&#233;e (ses courriers, je ne les ouvre plus) (le d&#233;sir tr&#232;s vif parfois de br&#251;ler tout ce qui appartient &#224; mon identit&#233; sociale). et comme pourtant cela prend, occupe, envahit, pour rien. temps qui prend le temps a ce qui importe, par exemple quand on est loin &#8212; les appels sur lesquels on compte, les mots qu'on voudrait adresser &#224; ceux qui sont dans d'autres villes, mais qui demeurent lettre morte parce que ne voulant pas le faire entre deux moments pris, je repousse infiniment le temps o&#249; ; oh, avoir pour moi ces heures que je ne poss&#232;de pas. le temps, c'est ce que je vole alors, pour lui arracher un peu de lui, un peu de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avoir une heure, ou deux, dans la journ&#233;e, pour l'&#233;crire : mais pour &#233;crire une heure, je le sais bien, il m'en faut vivre dix &#8212; une heure d'&#233;criture qui me permettra d'en vivre cent dehors, avant d'en vivre dix qui appelleront une heure d'&#233;criture, peut-&#234;tre. ce qui compte est le dehors, je le sais bien maintenant, et comme tout se renverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;prendre le temps, cela veut d&#233;sormais dire : le prendre, ce temps, de prendre le temps d'aller en lui sans autre raison que de t&#226;cher de rencontrer une raison suffisante de l'&#233;crire pour le vivre mieux, et de cela n'&#234;tre rien qu'&#224; sa mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans l'arbre &#224; savons du jardin des plantes, des feuilles vertes, folles de jeunesse, des feuilles rouges d'automnes et de fatigue, d'&#233;puisement bient&#244;t &#233;vanouies, des feuilles noires recroquevill&#233;es sur le noir, mortes sur place, pas eu le temps de tomber : toute une vie dans un seul arbre travers&#233; de lumi&#232;re, sous le ciel clair bient&#244;t &#224; la pluie. prendre le temps de cette vitesse aussi, une vitesse arr&#234;t&#233;e, qu'il faudrait aussi &#234;tre en mesure de d&#233;passer pour mieux ensuite, s'arr&#234;ter plus loin, et la voir passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en montagnes, j'imagine que le temps a cette qualit&#233; de vitesse : la temp&#234;te qui peut venir tr&#232;s vite sur la lumi&#232;re pure, dans un monde qui pourrait &#234;tre immuable, sans ville, comme l&#224; depuis toujours et pour toujours &#8212; la lenteur et l'acc&#233;l&#233;ration, et au milieu, &#234;tre l&#224; pour simplement prendre le temps de ce temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;prendre le temps aussi de se h&#226;ter &#224; cette vie dont je prends mesure.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-10-26_15-52-28.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-10-26_15-52-28.jpg?1382815445' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>la ville n'est pas loin (sur les l&#232;vres, les cavatines)</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/journal-contretemps-un-weblog/article/la-ville-n-est-pas-loin-sur-les-levres-les-cavatines</link>
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		<dc:date>2013-09-29T17:09:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Journal | contretemps</dc:subject>
		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>_Arthur Rimbaud</dc:subject>
		<dc:subject>_Paris</dc:subject>
		<dc:subject>_ville</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voil&#224; qu'on aper&#231;oit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadr&#233; d'une petite branche, Au c&#339;ur de la ville vraiment. Nouveau manteau pour l'hiver (ai appris seulement hier que c'&#233;tait dans l'automne qu'on &#233;tait &#8211; peut-&#234;tre d'avoir bascul&#233; sans le savoir m'en pr&#233;serve ; je le crois.) Nouvelles chaussures aussi &#8211; c'est par des stratag&#232;mes comme cela qu'on renouvelle le temps, ou via ces talismans qu'on le traverse ; peut-&#234;tre est-ce d'avoir march&#233; tard (plus d'un an ?), je ne finis pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_desir-demeure-desir" rel="tag"&gt;_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_arthur-rimbaud" rel="tag"&gt;_Arthur Rimbaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_paris" rel="tag"&gt;_Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ville" rel="tag"&gt;_ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_enfant-interieur" rel="tag"&gt;_enfant int&#233;rieur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-09-29_17-03-30.jpg?1380471822' width='500' height='373' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;small&gt;
&lt;center&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://arnaud-maisetti.blogspot.fr/2009/05/romans.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voil&#224; qu'on aper&#231;oit un tout petit chiffon&lt;br/&gt;
D'azur sombre, encadr&#233; d'une petite branche&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt;
&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowTransparency=&#034;true&#034; src=&#034;http://www.deezer.com/fr/plugins/player?autoplay=false&amp;playlist=false&amp;width=700&amp;height=80&amp;cover=true&amp;type=tracks&amp;id=68960202&amp;title=&amp;app_id=undefined&#034; width=&#034;700&#034; height=&#034;80&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de la ville vraiment. Nouveau manteau pour l'hiver (ai appris seulement hier que c'&#233;tait dans l'automne qu'on &#233;tait &#8211; peut-&#234;tre d'avoir bascul&#233; sans le savoir m'en pr&#233;serve ; je le crois.) Nouvelles chaussures aussi &#8211; c'est par des stratag&#232;mes comme cela qu'on renouvelle le temps, ou &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; ces talismans qu'on le traverse ; peut-&#234;tre est-ce d'avoir march&#233; tard (plus d'un an ?), je ne finis pas d'apprendre &#224; marcher (je sais bien que marcher n'est qu'une longue chute retenue, la fragilit&#233; d'un &#233;quilibre, le d&#233;s&#233;quilibre pour accompagner la terre dans sa propre chute (comme un enfant)).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ar&#232;nes de Lut&#232;ce (ici la ville change de nom). Il va pleuvoir (maintenant que j'&#233;cris cela, il pleut). &#192; l'est, tr&#232;s charg&#233; ; &#224; l'ouest, &#233;videmment, tellement moins (parce que c'est de l&#224; que). Au nord, je ne sais pas &#8211; et le sud est si loin. Ici dans la douceur du temps, seulement pour l'arr&#234;ter. Dehors sont les routes, les mauvaises, celles que les voitures empruntent pour ne pas aller, mais rentrer, ou sortir. Dehors partout, au-del&#224; des ar&#232;nes sont les bruits. Ici, dans le dedans d'une ville ancienne, seulement, ceux qui apprennent &#224; leur enfant &#224; poser un pas apr&#232;s l'autre pour aller, non pas d'un point &#224; un autre, mais sur le sable du monde, pour avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes seuls &#224; le savoir, qu'on est l&#224; pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'&#233;loigne pour regarder la ville qui voudrait se dresser mais qui semble retomber, lointain &#8211; d&#233;bandade aux alentours de six heures, un dimanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps au-dessus de moi qui est le mien, d'orage qui n'&#233;clate pas, pas encore ; peut-&#234;tre apr&#232;s le coup de vent, laissera place enfin &#224; ce qui doit. Pour l'heure, ce sont des jours de rien, o&#249; ne pas savoir o&#249;, ni quand, et suspendu &#224; un fil. Mais le fil ne compte pas. Je sais les lois de la gravit&#233; qui sont centralit&#233; essentielle. Je sais &#8211; les talismans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde encore un peu au sol, les enfants d'un an apprendre &#224; ne pas tomber, ou &#224; tomber, mais plus lentement (une vie pour cela) ; et incapable de savoir quelle ville il est, demain &#8211; je regarde un peu, lentement, doucement ; pour l'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne comprends pas tr&#232;s bien la chute du jour, et o&#249; il tombe. Mais je sais ce qui m'en prot&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que vivent sur nos l&#232;vres les cavatines.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2601 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-09-29_17-03-41.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-09-29_17-03-41.jpg?1380471822' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>William Blake | &#171; Chanson pour dormir &#187;</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/traduction-d-une-langue-l-autre/william-blake-chants-d-innocence-d-experience/william-blake-chants-d-innocence/article/william-blake-chanson-pour-dormir</link>
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		<dc:date>2013-08-03T17:50:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_r&#234;ves et terreurs</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_William Blake</dc:subject>
		<dc:subject>_Chantier traduction</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;pench&#233; sur moi&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/traduction-d-une-langue-l-autre/william-blake-chants-d-innocence-d-experience/william-blake-chants-d-innocence/" rel="directory"&gt;William Blake | Chants d'innocence &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_reves-et-terreurs" rel="tag"&gt;_r&#234;ves et terreurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_enfant-interieur" rel="tag"&gt;_enfant int&#233;rieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_william-blake" rel="tag"&gt;_William Blake&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_chantier-traduction" rel="tag"&gt;_Chantier traduction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1151.jpg?1580204843' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Traduction personnelle des &lt;i&gt;Chants d'innocence&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; ici le &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique92&#034;&gt;sommaire des po&#232;mes&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; l&#224; les &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique93&#034;&gt;carnets de la traduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;big&gt;
&lt;p&gt;De doux r&#234;ves r&#233;pandent de l'ombre
&lt;br/&gt;Sur la t&#234;te de mon adorable enfant.&lt;br/&gt;
De doux r&#234;ves aux cours tranquilles&lt;br/&gt;
Descendent le long du silence joyeux des rayons de la lune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un doux sommeil, de tendre repos,&lt;br/&gt;
Tresse sur ce front une couronne d'enfant.&lt;br/&gt;
Un doux sommeil, ange bon,&lt;br/&gt;
Plane sur le bonheur de mon enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De doux sourires dans la nuit,&lt;br/&gt;
Planent sur mon plaisir,&lt;br/&gt;
De doux sourire, sourires des m&#232;res,&lt;br/&gt;
Bercent la nuit, toute la nuit de ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De douces plaintes, soupirs de colombes,&lt;br/&gt;
Ne chassent pas le sommeil de ces yeux,&lt;br/&gt;
De douces plaintes, sourires encore plus doux,&lt;br/&gt;
Bercent les plaintes, toutes les plaintes des colombes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dors, dors, heureux enfant,&lt;br/&gt;
Toute la Cr&#233;ation dort et sourit,&lt;br/&gt;
Dors, dors, heureux enfant,&lt;br/&gt;
Tandis que pench&#233;e sur toi ta m&#232;re pleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doux enfant, sur ton visage,&lt;br/&gt;
L'image sacr&#233;e que je devine.&lt;br/&gt;
Doux enfant, autrefois &#224; ton image,&lt;br/&gt;
Ton Cr&#233;ateur reposa, et pench&#233; sur moi pleura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pleura sur moi, sur toi, sur tous,&lt;br/&gt;
Lorsqu'il &#233;tait si jeune enfant.&lt;br/&gt;
Toi, son image, toujours tu la vois,&lt;br/&gt;
Visage divin qui sourit sur toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sourit sur toi, sur moi sur tous,&lt;br/&gt;
Lui qui devint si jeune enfant.&lt;br/&gt;
Les sourires d'enfant dessinent Son propre sourire,&lt;br/&gt;
Qui bercent paisiblement et le ciel et la terre.&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/big&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Craddle Song Sweet dreams form a shade, O'er my lovely infants head. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L309xH475/innocence-17-6c20c.jpg?1769983446' width='309' height='475' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Craddle Song&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sweet dreams form a shade,&lt;br/&gt; O'er my lovely infants head.&#8232;&lt;br/&gt;
Sweet dreams of pleasant streams,&lt;br/&gt;&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
By happy silent moony beams &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sweet sleep with soft down.&#8232;&lt;br/&gt;
Weave thy brows an infant crown.&lt;br/&gt; Sweet sleep Angel mild,&#8232;&lt;br/&gt;
Hover o'er my happy child. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sweet smiles in the night,&#8232;&lt;br/&gt;
Hover over my delight.&#8232;&lt;br/&gt;
Sweet smiles Mothers smiles,&lt;br/&gt; All the livelong night beguiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sweet moans, dovelike sighs,&#8232;&lt;br/&gt;
Chase not slumber from thy eyes,&lt;br/&gt; Sweet moans, sweeter smiles,&#8232;&lt;br/&gt;
All the dovelike moans beguiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sleep sleep happy child,&#8232;&lt;br/&gt;
All creation slept and smil'd.&lt;br/&gt; Sleep sleep, happy sleep.&lt;br/&gt; While o'er thee thy mother weep.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sweet babe in thy face,&#8232;&lt;br/&gt;
Holy image I can trace.&lt;br/&gt; Sweet babe once like thee.&#8232;&lt;br/&gt;
Thy maker lay and wept for me &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wept for me for thee for all,&#8232;&lt;br/&gt;
When he was an infant small.&#8232;&lt;br/&gt;
Thou his image ever see.&#8232;&lt;br/&gt;
Heavenly face that smiles on thee, &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smiles on thee on me on all,&lt;br/&gt; Who became an infant small,&lt;br/&gt; Infant smiles are His own smiles,&#8232;&lt;br/&gt;
Heaven &amp; earth to peace beguiles &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>William Blake | &#171; Le Ramoneur &#187;</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/traduction-d-une-langue-l-autre/william-blake-chants-d-innocence-d-experience/william-blake-chants-d-innocence/article/william-blake-le-ramoneur</link>
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		<dc:date>2013-07-18T16:15:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_d'une langue l'autre</dc:subject>
		<dc:subject>_Po&#235;sies</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_William Blake</dc:subject>
		<dc:subject>_Chantier traduction</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;et nous nous sommes tous lev&#233;s dans le noir&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/traduction-d-une-langue-l-autre/william-blake-chants-d-innocence-d-experience/william-blake-chants-d-innocence/" rel="directory"&gt;William Blake | Chants d'innocence &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_d-une-langue-l-autre" rel="tag"&gt;_d'une langue l'autre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_poesies" rel="tag"&gt;_Po&#235;sies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_enfant-interieur" rel="tag"&gt;_enfant int&#233;rieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_william-blake" rel="tag"&gt;_William Blake&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_chantier-traduction" rel="tag"&gt;_Chantier traduction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1124.jpg?1580204882' class='spip_logo spip_logo_right' width='98' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Traduction personnelle des &lt;i&gt;Chant d'innocence&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; ici le &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique92&#034;&gt;sommaire des po&#232;mes&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; l&#224; les &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique93&#034;&gt;carnets de la traduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;big&gt;
&lt;p&gt;Quand ma m&#232;re est morte, j'&#233;tais tr&#232;s jeune,
&lt;br/&gt;Et mon p&#232;re m'a vendu alors que je ne savais dire
&lt;br/&gt;Qu'&#224; grande peine &#171; 'moneur ! 'moneur ! 'moneur ! &#187;
&lt;br/&gt;Depuis c'est moi qui ramone vos chemin&#233;es et sommeille dans la suie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le petit Tom Dacre, qui pleura tant lorsque sa t&#234;te,
&lt;br/&gt;Boucl&#233;e comme le dos d'un agneau, fut ras&#233;e : je lui dis :
&lt;br/&gt;&#171; Chut, Tom ! Ne t'en fais pas, car lorsqu'on est t&#234;te nue, &lt;br/&gt;Tu sais bien que la suie ne peut plus souiller les cheveux clairs &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, il s'est calm&#233;, et cette m&#234;me nuit,
&lt;br/&gt;Dans son sommeil, Tom eut cette vision :
&lt;br/&gt;Des milliers de ramoneurs, Dick, Joe, Ned et Jack,
&lt;br/&gt;&#201;taient tous enferm&#233;s dans des cercueils sombres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint un ange ceint d'une cl&#233; lumineuse,
&lt;br/&gt;Qui ouvrit les cercueils et les lib&#233;ra tous,&lt;br/&gt;
Alors ils coururent jusqu'au bas de la plaine d'herbe, sautant, riant,&lt;br/&gt;
Puis se lav&#232;rent dans le fleuve pour briller au soleil.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -Ainsi nus et blancs, d&#233;laissant leurs sacs,&lt;br/&gt;
Ils s'&#233;lev&#232;rent au-dessus des nuages et jou&#232;rent dans le vent,&lt;br/&gt;
Et l'Ange dit &#224; Tom que s'il restait bon gar&#231;on,&lt;br/&gt;
Il conna&#238;trait Dieu pour P&#232;re et la joie sans fin.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Tom s'est &#233;veill&#233;, et nous nous sommes lev&#233;s dans le noir,&lt;br/&gt;
Avec nos sacs et nos balais pour s'en aller travailler.&lt;br/&gt;
Si l'aube &#233;tait glac&#233;e, Tom &#233;tait heureux et comme rassur&#233; :&lt;br/&gt;
Ainsi, que tous soient &#224; la t&#226;che sans craindre de souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/big&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Chimney Sweeper When my mother died I was very young, And my father (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The Chimney Sweeper&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When my mother died I was very young,
&lt;br/&gt;&#8232;And my father sold me while yet my tongue &lt;br/&gt;Could scarcely cry 'weep ! 'weep ! 'weep ! 'weep !
&lt;br/&gt;&#8232;So your chimneys I sweep, and in soot I sleep. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There's little Tom Dacre, who cried when his head, &lt;br/&gt;That curled like a lamb's back, was shaved : &lt;br/&gt;so I said,&#8232;&#034;Hush, Tom ! never mind it, for when your head's bare,
&lt;br/&gt;&#8232;You know that the soot cannot spoil your white hair.&#034; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And so he was quiet ; and that very night,
&lt;br/&gt;&#8232;As Tom was a-sleeping, he had such a sight, &lt;br/&gt;-&#8232;That thousands of sweepers, Dick, Joe, Ned, and Jack,
&lt;br/&gt;&#8232;Were all of them locked up in coffins of black&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; And by came an angel who had a bright key,
&lt;br/&gt;&#8232;And he opened the coffins and set them all free ;
&lt;br/&gt;&#8232;Then down a green plain leaping, laughing, they run,
&lt;br/&gt;&#8232;And wash in a river, and shine in the sun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Then naked and white, all their bags left behind, &lt;br/&gt;They rise upon clouds and sport in the wind ;
&lt;br/&gt;&#8232;And the angel told Tom, if he'd be a good boy, &lt;br/&gt;He'd have God for his father, and never want joy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; And so Tom awoke ; and we rose in the dark, &lt;br/&gt;And got with our bags and our brushes to work.
&lt;br/&gt;&#8232;Though the morning was cold, Tom was happy and warm ; &lt;br/&gt;So if all do their duty they need not fear harm.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>William Blake | &#171; Le Petit Gar&#231;on Noir &#187;</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/traduction-d-une-langue-l-autre/william-blake-chants-d-innocence-d-experience/william-blake-chants-d-innocence/article/william-blake-le-petit-garcon-noir</link>
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		<dc:date>2013-07-06T19:29:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_terre</dc:subject>
		<dc:subject>_Po&#235;sies</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_William Blake</dc:subject>
		<dc:subject>_Chantier traduction</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;et alors il m'aimera&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/traduction-d-une-langue-l-autre/william-blake-chants-d-innocence-d-experience/william-blake-chants-d-innocence/" rel="directory"&gt;William Blake | Chants d'innocence &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_terre" rel="tag"&gt;_terre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_poesies" rel="tag"&gt;_Po&#235;sies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_enfant-interieur" rel="tag"&gt;_enfant int&#233;rieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_william-blake" rel="tag"&gt;_William Blake&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_chantier-traduction" rel="tag"&gt;_Chantier traduction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1108.jpg?1580204761' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Traduction personnelle des &lt;i&gt;Chant d'innocence&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; ici le &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique92&#034;&gt;sommaire des po&#232;mes&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; l&#224; les &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique93&#034;&gt;carnets de la traduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;big&gt;
Ma m&#232;re m'a enfant&#233; dans le Sud sauvage,&lt;br/&gt;
Et je suis noir, mais &#244; ! mon &#226;me est blanche ;&lt;br/&gt;
Blanche comme l'ange est l'enfant d'Angleterre,&lt;br/&gt;
Mais je suis noir comme endeuill&#233; de lumi&#232;re&lt;br/&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re m'enseignait la vie sous l'ombre d'un arbre,&lt;br/&gt;
Assise, bien avant les chaleurs du jour,&lt;br/&gt;
Moi sur ses genoux, elle qui m'embrassait,&lt;br/&gt;
Et d&#233;signant l'Est, disait :&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Regarde o&#249; le soleil se l&#232;ve : c'est l&#224; que vit Dieu &lt;br/&gt;
Et donne sa lumi&#232;re, et r&#233;pand sa chaleur,&lt;br/&gt;
Et les fleurs et les arbres et les b&#234;tes et les hommes re&#231;oivent&lt;br/&gt;
R&#233;confort &#224; l'aube, joie au midi.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2433 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/Blake_Tree_of.jpg?1373177436' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et nous sommes sur terre l'espace d'un bref instant,&lt;br/&gt;
Afin d'apprendre &#224; recevoir les rayons de l'amour,&lt;br/&gt;
Et ces corps noirs et ce visages br&#251;l&#233; de soleil&lt;br/&gt;
Ne sont que nuages, et comme bosquet d'ombres.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand nos &#226;mes sauront recevoir cette chaleur,&lt;br/&gt;
Le nuage se dissipera, nous entendrons sa voix,&lt;br/&gt;
Qui dira : &#171; Sortez de ce bosquet, mes doux amours,&lt;br/&gt;
Et entourez ma tente d'or, r&#233;jouis comme des agneaux. &#187;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L460xH258/Black_Blake2-429df.jpg?1770046319' width='460' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parlait ma m&#232;re, et ainsi m'embrassait-elle,&lt;br/&gt;
Et ainsi dirai-je au petit gar&#231;on anglais,&lt;br/&gt;
Lorsque, lib&#233;r&#233;s, moi du nuage noir et lui du nuage blanc,&lt;br/&gt;
Nous entourerons la tente de Dieu comme des agneaux, de joie :&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui ferai de l'ombre jusqu'&#224; ce qu'il puisse&lt;br/&gt;
Reposer plein de joie sur les genoux de notre p&#232;re,&lt;br/&gt;
Et puis je me l&#232;verai et caresserai ses cheveux d'argent,&lt;br/&gt;
Et serai tout comme lui, et alors il m'aimera.&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/big&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Little Black Boy My mother bore me in the southern wild, And I am (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2432 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/Black_Blake3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/Black_Blake3.jpg?1373138866' width='500' height='786' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The Little Black Boy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;My mother bore me in the southern wild,&lt;br/&gt;
And I am black, but O ! my soul is white,&lt;br/&gt;
White as an angel is the English child : &lt;br/&gt;
But I am black as if bereav'd of light.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;My mother taught me underneath a tree &lt;br/&gt;
And sitting down before the heat of day,&lt;br/&gt;
She took me on her lap and kissed me,&lt;br/&gt;
And pointing to the east began to say.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Look on the rising sun : there God does live &lt;br/&gt;
And gives his light, and gives his heat away. &lt;br/&gt;
And flowers and trees and beasts and men receive&lt;br/&gt;
Comfort in morning joy in the noonday.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And we are put on earth a little space,&lt;br/&gt;
That we may learn to bear the beams of love,&lt;br/&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
And these black bodies and this sun-burnt face&lt;br/&gt;
Is but a cloud, and like a shady grove.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For when our souls have learn'd the heat to bear &lt;br/&gt;
The cloud will vanish we shall hear his voice. &lt;br/&gt;
Saying : come out from the grove my love &amp; care,&lt;br/&gt;
And round my golden tent like lambs rejoice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus did my mother say and kissed me, &lt;br/&gt;
And thus I say to little English boy. &lt;br/&gt;
When I from black and he from white cloud free,&lt;br/&gt;
And round the tent of God like lambs we joy : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ill shade him from the heat till he can bear, &lt;br/&gt;
To lean in joy upon our fathers knee. &lt;br/&gt;
And then I'll stand and stroke his silver hair,&lt;br/&gt;
And be like him and he will then love me.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le secret gard&#233; des Petites amoureuses</title>
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		<dc:date>2013-03-03T23:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>_amour</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_na&#238;tre</dc:subject>
		<dc:subject>_jean eustache</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Jean Eustache | &lt;i&gt;Mes petites amoureuses&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/parcours-d-images/" rel="directory"&gt;parcours d'images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_cinema" rel="tag"&gt;_cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_amour" rel="tag"&gt;_amour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_enfant-interieur" rel="tag"&gt;_enfant int&#233;rieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_naitre" rel="tag"&gt;_na&#238;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_jean-eustache" rel="tag"&gt;_jean eustache&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1018.jpg?1545513867' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;si la mauvaise copie du film se tait, &#224; la fin, tout absorb&#233;e qu'elle est par l'image, il faut l'accepter (ce sera de toute mani&#232;re tant pis pour moi et non pas tant pis pour le film), sans doute que le secret est trop grand (comme dans ce passage au cin&#233;ma o&#249; le gar&#231;on n'entend pas ce que son voisin glisse &#224; l'oreille de la jeune fille devant lui, avant de l'embrasser)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/93.jpg?1362354352' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;et puis, ce qui se dit ne nous appartient pas, le film avait sans doute ses raisons de garder ce silence-l&#224; (on conservera le reste, et l'essoufflement jusqu'au bout, ai-je vu ce film un jour)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/mes_petites_amoureuses_3_we.jpg?1362354357' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;le reste est&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/mes_petites_amoureuses.jpg?1362354363' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;ne m&#234;me pas voir la fin, rester sur cette image silencieuse sur laquelle ne cessera de s'achever l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2011 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/timthumb-php.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/timthumb-php.jpg?1362354369' width='500' height='176' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Danse But&#333; | les gestes de la naissance</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/lectures-livres-pieces-films/arts-etc/article/danse-but%C5%8D-les-gestes-de-la-naissance</link>
		<guid isPermaLink="true">http://arnaudmaisetti.net/spip/lectures-livres-pieces-films/arts-etc/article/danse-but%C5%8D-les-gestes-de-la-naissance</guid>
		<dc:date>2013-02-28T12:33:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_lectures critiques</dc:subject>
		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>_enfant int&#233;rieur</dc:subject>
		<dc:subject>_Nanami Kohshou</dc:subject>
		<dc:subject>_danse</dc:subject>
		<dc:subject>_na&#238;tre</dc:subject>
		<dc:subject>_Minamitawa Yasuhiro</dc:subject>
		<dc:subject>_Usui Yashhiro</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Paysage lunaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/lectures-livres-pieces-films/arts-etc/" rel="directory"&gt;arts (etc.)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_lectures-critiques" rel="tag"&gt;_lectures critiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_desir-demeure-desir" rel="tag"&gt;_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_enfant-interieur" rel="tag"&gt;_enfant int&#233;rieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_nanami-kohshou" rel="tag"&gt;_Nanami Kohshou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_danse" rel="tag"&gt;_danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_naitre" rel="tag"&gt;_na&#238;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_minamitawa-yasuhiro" rel="tag"&gt;_Minamitawa Yasuhiro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_usui-yashhiro" rel="tag"&gt;_Usui Yashhiro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;http://www.youtube.com/embed/XEG453y5x7c&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;apprendre &#224; tomber, &#224; tomber encore, &#224; tomber sur le sol comme pour dire je suis la loi qui fait tomber les corps et mon corps avec eux et tomber pour appartenir au sol, l'humilit&#233; du sol, oui Adam est le nom qui dit la terre et la cendre et la poussi&#232;re froide de la terre, &lt;i&gt;l'humus&lt;/i&gt; aupr&#232;s de quoi s'allonger quand il faudra ne plus respirer, o&#249; r&#234;ver peut-&#234;tre, et commencer d'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;apprendre alors &#224; &#234;tre allong&#233; dans sa cendre nue qui sur le corps est le corps d&#233;sormais que le sol est &#224; soi, &#234;tre allong&#233; nu comme est nu le sommeil, sa beaut&#233; arrach&#233;e au r&#234;ve lui-m&#234;me dans le plus simple appareil d'une chevelure d&#233;faite, et sur le corps toute cette nudit&#233; qui d&#233;sarme le ciel sous lequel il fait nuit, nudit&#233; seule blancheur qui demeure maintenant qu'allong&#233; le corps est habit&#233; dans sa nudit&#233;, qu'il est pr&#234;t alors &#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;apprendre &#224; se lever comme on r&#233;pond &#224; cet ordre, redresse-toi maintenant, apprend les gestes qui surgissent de ton corps pour que le corps surgisse, aussi, et la voix dira dans tout le corps comment na&#238;tre &#224; la verticalit&#233;, &#234;tre le corps dress&#233; bient&#244;t qui va se dresser, &#234;tre tout dress&#233; de son corps qui viendra, comme le d&#233;sir, elle dit, comme le d&#233;sir avancer dans le corps d&#233;sirable du monde, mais pour le moment, apprendre, simplement, &#224; se lever, &#224; se redresser comme un sexe tout pr&#232;s de dispara&#238;tre dans le sexe d'un monde ouvert pour cela, qu'il s'y perde lentement et s'y confonde, &#234;tre cela, avant qu'enfin vienne le temps o&#249;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;apprendre &#224; &#234;tre debout, face &#224; la lumi&#232;re comme en d&#233;fi, qu'elle ose, si elle l'ose, se poser sur soi, et couler le long de soi, et la lumi&#232;re s'effacera pour ne laisser voir que le corps et ses contours, le sexe seul &#224; l'entour du noir presque absent, d&#233;j&#224; qui appartient &#224; la nuit, non pas &#224; la nuit du silence, mais celle des cris &#233;chang&#233;s de pur d&#233;sir comme des soupirs sur le corps allong&#233; du monde qui dort, tandis que nous veillons l'un sur l'autre les corps repos&#233;s l'un sur l'autre, &#234;tre debout celui qui demeure finalement debout devant la lumi&#232;re et force la lumi&#232;re &#224; lentement incliner la t&#234;te, baisser, mourir, qu'il ne reste que les contours d'un corps debout le regard dress&#233; face &#224; tout ce qui demeure, le sexe noir comme bient&#244;t tout le silence sur ce qui a eu lieu, les combats int&#233;rieurs qu'il faut pour na&#238;tre &#224; son corps, &#224; son enfant premier, sacr&#233;, &#224; la lumi&#232;re, au d&#233;sir, &#224; la vie qui pourrait commencer maintenant&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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