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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>D&#233;troit | Droit dans le soleil</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_voix</dc:subject>
		<dc:subject>_&#192; la musique</dc:subject>
		<dc:subject>_vies</dc:subject>
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		<dc:subject>_Bertrand Cantat</dc:subject>
		<dc:subject>_soleil</dc:subject>
		<dc:subject>_orph&#233;e</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Bertrand Cantat : dignit&#233; de la lumi&#232;re&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/a-la-musique-folk-song-etc/" rel="directory"&gt;&#192; LA MUSIQUE | FOLK, SONG, ETC.&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_voix" rel="tag"&gt;_voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_a-la-musique" rel="tag"&gt;_&#192; la musique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_orphee" rel="tag"&gt;_orph&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On n'est pas sans histoire. Quand il y a de la lumi&#232;re, c'est jusqu'ici qu'elle parvient : on l&#232;verait les yeux sur elle, ce ne serait que pour recevoir des traces du pass&#233; &#8212; d'o&#249; elle a pris appui, on ne sait pas. C'&#233;tait il y a si longtemps, on dit des milliers d'ann&#233;es ; non, vraiment : on ne sait pas. On n'est pas sans histoire, mais on ne lui appartient pas. Ce qu'on re&#231;oit de la lumi&#232;re, c'est toute la dur&#233;e qu'elle porte apr&#232;s la travers&#233;e des &#233;toiles et de la nuit (l'espace est une si longue nuit), et sur le visage, le temps qu'elle a mis pour venir jusqu'ici, et pr&#233;cis&#233;ment ici o&#249; on est (quel hasard immense, on pense) sans qu'on l'ait jamais attendue. On pourrait fermer les yeux sur cela, parce que la lumi&#232;re est ainsi : on ouvre les yeux plut&#244;t, pour la recevoir toute : l'accepter toute, jusqu'&#224; la br&#251;lure, jusqu'&#224; la douceur, jusqu'&#224; la beaut&#233; pure de ce qui n'a ni forme ni dur&#233;e. On ouvre les yeux encore : on est devant elle ce qu'on est, c'est tout. Tout ce qu'on est, et on est tout cela. On respire un peu. Sous les grands arbres, on passe. La musique, tout pr&#232;s, &#233;couteurs dans les oreilles au milieu des bruits, est l&#224;, qui permet de passer &#8212; et c'est en elle aussi, qu'on passe.&lt;/p&gt;
&lt;iframe scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowTransparency=&#034;true&#034; src=&#034;http://www.deezer.com/fr/plugins/player?autoplay=false&amp;playlist=true&amp;width=700&amp;height=240&amp;cover=true&amp;type=tracks&amp;id=71215456&amp;title=&amp;app_id=undefined&#034; width=&#034;700&#034; height=&#034;240&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;small&gt;
&lt;center&gt;Tous les jours on retourne &#224; la sc&#232;ne &lt;br/&gt;Gestes fauves au milieu de l'ar&#232;ne &lt;br/&gt;On ne renonce pas on essaye, &lt;br/&gt;De regarder droit dans le soleil&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Les blessures entre les feuilles font des taches sur nos corps, des trou&#233;es de ciel. &#192; nos pieds, comme des serments, qui craquent, feuilles apr&#232;s feuilles, rouges sang, les pas laissent sur le sol leur propre chemin de terre. Mais devant soi, la lumi&#232;re oblique des fins de jour, des fins d'ann&#233;e, des fins de si&#232;cle qui recommencent peut-&#234;tre tout, portent (comme une voix). Alors c'est vers elle qu'on va aussi &#8212;on r&#234;ve : entre la lumi&#232;re qui tombe sur le visage et celle qui fraie l&#224; devant, c'est l&#224; qu'on va, qu'on re&#231;oit l'une et l'autre parce que c'est elle qui enveloppe la qualit&#233; de temps qu'il fait sur nous qui allons, lentement, comme si notre marche pouvait retenir la lumi&#232;re tomb&#233;e depuis mille ans, effondr&#233;e &#224; nos pieds en quelques secondes.&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;center&gt;Et ton c&#339;ur au labo de lumi&#232;re &lt;br/&gt;Quand l'amour revient &#224; la poussi&#232;re &lt;br/&gt;On ne se console pas, on s'enraie
&lt;br/&gt;Mais on regarde droit dans le soleil &lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;La voix qui est l&#224;, s'est pos&#233;e sur toute cette lumi&#232;re soudain, et c'est &#224; travers elle qu'on la voit toute ; &#224; distance &#233;gale, le monde et le r&#234;ve ; la voix occupe cette distance l&#224; qui permet qu'on l'entende. Sa dignit&#233; de voix. Ce qu'elle tient aussi, &#224; mains nues, ce mot d'amour, et ce mot de poussi&#232;re. &#192; &#233;gale distance aussi : comme une &#233;gale croyance, de l'amour et de la poussi&#232;re, sans rien qui puisse sauver ou expliquer l'autre. Nous de l'autre c&#244;t&#233; de la vie, entre l'amour et la poussi&#232;re, cette lumi&#232;re qui traverse les rayons de poussi&#232;re, et les &#233;clats.&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;center&gt;&#192; la crois&#233;e des hommes sans sommeil &lt;br/&gt;L'enfer est mien autant que le ciel &lt;br/&gt;On t'avait dit que tout se paye &lt;br/&gt;Regarde bien droit dans le soleil &lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'insomnie, on la devine &#8212; ne rien en dire. Les cris dans la nuit, dans le corps. Les cris dans tout ce qui peut avoir un peu de place entre soi et le reste de soi : les cris toujours qui restent et en soi, pire. On le devine, on ne cherche pas &#224; savoir parce que &#8212; au juste, on ne ferait rien que de faire semblant de prendre ces cris pour des cris seulement. Apr&#232;s, &#233;videmment : il y a apr&#232;s ; le jugement des hommes qui n'en finira pas, jamais &#8212; m&#234;me apr&#232;s la mort, toujours le jugement des hommes. On demande de payer : quand on se d&#233;pouille, qu'on tend son propre corps, ce n'est pas assez ; on garde son corps alors. Le soleil n'est pas au ciel, ni sous terre. Il est sur les visages, alors on se place dessous pour le boire.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;
Tourne, tourne la terre &lt;br/&gt;Tout se dissout dans la lumi&#232;re &lt;br/&gt;L'acier et les ombres qui marchent &#224; tes cot&#233;s
&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Orph&#233;e avait le privil&#232;ge du vivant &#8212; marche devant, et ne cr&#232;ve pas. Mais des morts qu'on porte en soi, c'est aupr&#232;s d'eux qu'on va. Sur le sol, les ombres r&#233;pandues s'emm&#234;lent comme dans les lits, les r&#234;ves aux yeux cousus de l'autre. Celui qui marche est le seul &#224; savoir que l'ombre qui le borde, dans la rue, s'attache &#224; ses pas et avance au rythme m&#234;me de son rythme, n'est pas la sienne, mais toujours en lui, celle qui n'a plus d'ombre, jamais.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/MoXNwGKA8cg&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;center&gt;&lt;small&gt;
Dans le parfum des nuits sans pareil &lt;br/&gt;Et l'&#233;clat des corps qui s'&#233;merveillent &lt;br/&gt;Ses l&#232;vres avaient un go&#251;t de miel &lt;br/&gt;On regardait droit dans le soleil &lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;On se rappelle, sans se souvenir du temps o&#249; ils se disaient, des mots qui disaient : &#171; Tes l&#232;vres distillent le miel, ma fianc&#233;e ; / Il y a sous ta langue du miel et du lait, / Et l'odeur de tes v&#234;tements est comme l'odeur du Liban. &#187; On ne sait pas l'odeur du Liban, le Liban n'existe que pour donner aux odeurs l'odeur de ce qu'on ignore &#8212; d'un pays si lointain, ici, qu'il pourrait &#234;tre plus lointain encore. Merveilles &#8212; pass&#233;es. Si la lumi&#232;re existait, c'&#233;tait parce qu'on &#233;tait l&#224; pour la recevoir, qu'il y avait deux corps debout face &#224; elle, jointe dans l'odeur couleur de lumi&#232;re, nuit travers&#233;e d'un bout &#224; l'autre du soleil pour la raison seule de l'est et de l'ouest renvers&#233;s, et se dire : nous sommes tous les deux, et l'un par l'autre, vivants.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;
Les serments se dispersent dans l'air
&lt;br/&gt;Et les mots qui retombent &#224; l'envers
&lt;br/&gt;On ne sait plus comment &#231;a s'&#233;pelle &lt;br/&gt;Regarder droit dans le soleil &lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se d&#233;chire &#8212; les mots eux-m&#234;mes quand s'effondre ce qui faisait des mots autre chose que des mots, mais un monde en partage, une croyance &#8212;, on serait incapable de seulement le dire, le penser. En solitude, est-ce que le monde est l&#224; encore, qui bat ? Est-ce qu'on est &#224; lui-m&#234;me, un corps allant sur lui ? Pour cela, rien, vraiment : on ne sait plus. Seulement, il y a la lumi&#232;re qui tombe, et si elle tombe, c'est sur nous &#8212; c'est qu'on est celui qui passe et qui vient la recueillir. C'est qu'on est, seul, celui qui est seul capable de dire : je suis celui qui, seul, re&#231;oit cette lumi&#232;re, tomb&#233;e ici pour &#234;tre de la lumi&#232;re tomb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;Tourne, tourne la terre &lt;br/&gt;Tout se dissout dans la lumi&#232;re &lt;br/&gt;L'acier, les ombres qui marchent &#224; tes cot&#233;s
&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Orph&#233;e avait le privil&#232;ge de l'histoire, celle qu'on raconte pour se pr&#233;server de la vie. On marche dans ce parc, et on comprend, en se penchant sur les feuilles tomb&#233;es, et quand la voix et la musique devant, en soi, r&#233;sonne encore : la vie ne pr&#233;serve pas de la vie. On se dit : je ne veux plus Orph&#233;e, marchant devant, l'histoire comme une histoire. On &#233;coute la voix plus pr&#232;s : la voix dit : avec la dignit&#233; du vivant, je suis en cette vie, celui qui marche aupr&#232;s des ombres et aupr&#232;s de la lumi&#232;re, un jour apr&#232;s l'autre que tourne la terre sur elle-m&#234;me, sans &#234;tre jamais la m&#234;me terre, puisque la lumi&#232;re change ce qu'elle change.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;
Assi&#233;g&#233; par le chant des sir&#232;nes
&lt;br/&gt;Sentinelle au milieu de la plaine
&lt;br/&gt;Le tranchant de l'&#339;il et des veines &lt;br/&gt;Pour regarder droit dans le soleil.
&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Au m&#226;t, bien attach&#233;, pour entendre les voix (et ne pas y c&#233;der) ; face aux arm&#233;es en armes, le corps nu d&#233;sarm&#233; attend simplement qu'on l'&#233;pargne &#8212; maintenant, c'est apr&#232;s qu'on est, c'est apr&#232;s la nuit et apr&#232;s la lumi&#232;re, c'est dans la lumi&#232;re qui re&#231;oit en elle la part de nuit et de lumi&#232;re qu'il faut pour qu'on puisse l'accepter dans sa nudit&#233;, qui rend nu le corps qui l'accepte : oui, ce qu'on regarde, voix et visage de fatigue comme apr&#232;s, mais regard pos&#233; devant, partitions ou horizons, pour mieux voir o&#249; poser les doigts sur la musique et jusqu'o&#249; la faire entendre &#8212; comme de la lumi&#232;re lanc&#233;e il y a des si&#232;cles jusqu'&#224; moi, ici o&#249; je l'&#233;cris, qui me permet de voir mes mains qui l'&#233;crivent &#8212;, ce qu'on regarde est apr&#232;s, devant ce qui reste &#224; voir, et &#233;prouver, ses blessures, les douleurs qui ne cesseront pas, les joies qui na&#238;tront d'elles-m&#234;mes d'avoir &#233;t&#233; suscit&#233;es par cela m&#234;me. Quand la nuit du vendredi soir tombe, que la roue du temps peut passer, ce qui commence apr&#232;s est ce qui s'ach&#232;ve avec maintenant : le temps o&#249; le soleil ne fait pas plier les yeux, mais o&#249; il s'agit de s'offrir &#224; lui : enti&#232;rement nu de lui, de soi ; regard qui ne se d&#233;tourne pas, supportant la br&#251;lure, pr&#234;t d&#233;sormais &#224; aller vers cette forme de pl&#233;nitude d'une vie qui est &#224; elle-m&#234;me son histoire, et son devenir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-10-03_10-51-54.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2013-10-03_10-51-54.jpg?1380905159' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Nerval | &#171; Si vous savez interpr&#233;ter l'hymne &#224; la Nuit, d'Orph&#233;e &#187;</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/article/nerval-si-vous-savez-interpreter-l-hymne-a-la-nuit-d-orphee</link>
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		<dc:date>2013-08-30T08:21:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_G&#233;rard de Nerval</dc:subject>
		<dc:subject>_pages</dc:subject>
		<dc:subject>_lumi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>
		<dc:subject>_arbre</dc:subject>
		<dc:subject>_orph&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>_Eurydice</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;le propre de l'&#234;tre vivant est de se dresser&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/" rel="directory"&gt;Pages | Arrach&#233;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_gerard-de-nerval" rel="tag"&gt;_G&#233;rard de Nerval&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_pages" rel="tag"&gt;_pages&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1205.jpg?1377856688' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;small&gt;
&lt;center&gt;image : John W. Waterhouse, &lt;i&gt;Nymphes trouvant la t&#234;te d'Orph&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;Nerval, &lt;i&gt;Les Illumin&#233;s&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[&#8230; longue r&#234;verie sur Pausanias&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; Il n'y a dans la nature que des corps morts ou vivants ; tout ce qui est mort n'est pas vivant, tout ce qui est vivant n'est pas mort. Il y a un ferment universel qui est l'esprit qui joint l'&#226;me au monde : son action est continuelle, il change tout ; c'est le grand Prot&#233;e ; il dissout tous les &#234;tres morts, et il les pr&#233;pare en les dissolvant &#224; &#234;tre le lieu o&#249; de nouveaux &#234;tres, d'une mani&#232;re que vous ne pouvez pas m&#234;me maintenant soup&#231;onner, viennent du grand ab&#238;me de la nuit se corporifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous savez interpr&#233;ter l'hymne &#224; la Nuit, d'Orph&#233;e, vous aurez un des premiers points de la doctrine, vous saurez comment tout se forme, vous pourrez voir vos yeux sans miroir, et &#233;branler les cornes du taureau. Ce ferment n'a il pas sur les corps vivants, parce que l'animus qui les informe, les maintient, est plus fort que le ferment qui tend &#224; les dissoudre, &#233;tant d'une nature sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le ferment pouvait quelque chose sur les &#234;tres, il les disposerait &#224; recevoir de nouveaux animus, qui, de l'ab&#238;me de la nuit, viendraient s'y corporifier ; ainsi il les dissoudrait. Il faut donc qu'ils aient quelque chose en eux qui repousse les atteintes du ferment, et qui soit sup&#233;rieur &#224; cet esprit ; il faut donc qu'ils aient en eux chacun un animus qui les informe, qui maintient leur forme et qui repousse l'action du ferment ; ainsi ils vivent donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la terre n'&#233;tait pas anim&#233;e le ferment aussi la dissoudrait, et la disposerait &#224; recevoir de nouveaux &#234;tres qui rongeraient les r&#233;coltes, tourmenteraient les esp&#232;ces primitives, leur nuiraient, les d&#233;truiraient, et elles ne seraient plus alors une simple alt&#233;ration ; mais ne ressembleraient plus aux id&#233;es arch&#233;types.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propre du cadavre est de tomber : c'est l&#224; l'&#233;tymologie primitive de ce mot ; le propre de l'&#234;tre vivant est de se dresser et de se soutenir parce qu'il a le principe de son mouvement et sa vie en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que je soutiens mon bras, que je dresse ma t&#234;te : si les astres n'&#233;taient que des cadavres, ils tomberaient, c'est-&#224;-dire qu'ils se rassembleraient dans un m&#234;me lieu selon les lois de la pesanteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant s'ils sont intelligents. Il n'y a dans l'univers que deux sortes d'&#234;tres ; ceux qui sont abandonn&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, et ceux qui sont inh&#233;rents &#224; un autre &#234;tre : de cette derni&#232;re esp&#232;ce sont les plantes, les arbres, les min&#233;raux, qui suivent le sort du sol auquel ils sont attach&#233;s ; ceux qui sont abandonn&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, sont les animaux, les hommes, les dieux ; ils ont un moi particulier qu'ils doivent conserver : pour en mettre en oeuvre les moyens, les choisir, les conserver, il leur faut une ratiocination ; ainsi, les astres sont donc cette ratiocination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#234;tes sont &#224; elles-m&#234;mes leur propre r&#232;gle, parce qu'elles ne sont dirig&#233;es que par l'instinct ; l'homme peut n&#233;gliger sa r&#232;gle, parce qu'il a sa conduite et qu'il peut choisir ses actions ; les astres suivent toujours leur r&#232;gle par l'excellence de leur intelligence, parce que les &#234;tres purs ne peuvent en d&#233;vier : il n'y a rien en eux d'h&#233;t&#233;rog&#232;ne qui puisse faire varier leurs actions ; ils sont toujours tout ce qu'ils sont, hors qu'ayant leurs pens&#233;es &#224; eux, ils peuvent en concevoir de mauvaises ; ce qui n'arrive pas, parce qu'ils sont dans l'unit&#233;, parce qu'ils lisent dans l'universalit&#233; des &#234;tres ; parce qu'ils voient dans le Verbe tout ce qui est beau et tout ce qui est bon ; que, si quelques-uns d'entre eux ont pu se d&#233;t&#233;riorer dans un temps que nous ne pouvons gu&#232;re concevoir, ils ne le peuvent plus maintenant par l'habitude o&#249; ils sont du beau et du bon, par l'identit&#233; qu'ils ont en quelque sorte avec lui : ainsi, la r&#233;gularit&#233; des marches des astres parmi leurs oppositions, les diff&#233;rents aspects attestent l'excellence de leur intelligence ; qu'ils sont dans l'unit&#233; ; qu'ils voient le beau et le bon ; qu'ils sont initi&#233;s aux causes du destin qu'ils font ; enfin, ils sont des dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'exprime en deux mots Orph&#233;e dans l'indigitation &#224; Ouranos : &lt;i&gt;Calice terrestris,&lt;/i&gt; &#244; ciel c&#233;leste et terrestre ; et, dans son indigitation aux astres : &lt;i&gt;Coelica terrestris gens &lt;/i&gt; ; et c'est ainsi que l'hymne &#224; tous les Dieux commence ainsi : &lt;i&gt;Maje Jovi, tellus...&lt;/i&gt; grand Jupiter, et toi, terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, que voyez-vous ? vous voyez au ciel les plus grands objets de la nature, et, comme dit encore fort bien Proclus, nous avons aussi un soleil et une lune terrestres, mais selon la qualit&#233; terrestre ; nous avons au ciel toutes les plantes, toutes les pierres, tous les animaux, mais selon la nature c&#233;leste, et ayant une vie intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute que les Dieux ont appris ce dogme aux hommes ; mais je dis que, quand ils ne le leur auraient pas appris, ces derniers auraient pu le concevoir d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant que la lune recevait sa lumi&#232;re du soleil, ils purent concevoir comment tous les &#234;tres avaient &#233;t&#233; produits, et voyant que ces deux principaux moyens de production n'&#233;taient pas seuls au ciel, qu'il y avait une multitude d'autres &#234;tres qui leur &#233;taient semblables, ils purent concevoir qu'ils &#233;taient aussi des moyens de production ; que tous entre eux se r&#233;partissaient ces moyens selon la conscience qu'ils avaient &#8211; &lt;i&gt;numina conscia veri&lt;/i&gt; &#8211; de l'unit&#233; de l'oeuvre qu'ils avaient &#224; remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Mars versait sur la terre tout ce qu'il y a de torride et d'ign&#233;, il br&#251;lerait tout ; si Saturne y versait tout ce qu'il y a de froid, il glacerait tout. Ce n'est pas l'&#233;loignement du soleil qui donne aux astres leurs diff&#233;rentes qualit&#233;s. Mars est plus torride et plus ign&#233; que Mercure et V&#233;nus, qui sont moins &#233;loign&#233;s de ce centre de feu. Saturne est bien plus pr&#232;s de ce foyer, de ce coeur du monde, que l'astre embras&#233; de la canicule. Mais, de la temp&#233;rature de ces diff&#233;rentes influences, &#233;mises avec intelligence, se forme une influence g&#233;n&#233;rale, que le ciel verse sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le monde sensible, le ciel est le premier agent des dieux ; mais si la terre &#233;mettait des influences contraires &#224; celles qu'elle re&#231;oit, rien ne se ferait dans la nature ; ainsi le monde sup&#233;rieur cr&#233;e continuellement le monde inf&#233;rieur ; ainsi le monde inf&#233;rieur est l'embl&#232;me du monde sup&#233;rieur, et cela ne peut &#234;tre autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute production doit pr&#233;senter l'id&#233;e de son producteur ; tout &#234;tre donne ce qu'il a ; et plus re&#231;oivent des influences de chaque astre les &#234;tres qui sont plus propres &#224; les recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'or, par sa couleur, par sa splendeur, par sa solidit&#233;, appartient au soleil ; l'argent, par sa couleur douce, par sa splendeur moins &#233;clatante, par sa mollesse et sa ductilit&#233; appartient &#224; la lune ; ainsi les deux premiers m&#233;taux en beaut&#233; appartiennent aux deux luminaires de ce monde. Car, comme dit fort bien Ptol&#233;m&#233;e, quand il y aurait d'autres astres plus lumineux, ces deux astres n'en seraient pas moins, par leur influence et par leur beaut&#233;, les deux luminaires de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la plante nomm&#233;e h&#233;liotrope par sa figure, par son disque compos&#233; de corps &#224; quatre pans, dont &#233;manent des globules, d'o&#249; s'&#233;chappent des fleurs &#224; cinq pointes, qui tous expriment les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations du feu et &#233;manations de la lumi&#232;re ; qui, par diverses teintes de sa couleur d'or, par les pointes de sa corolle, qui s'&#233;chappent de son disque en flammes, ou en pyramides torses, formes que l'on sait &#234;tre celles du feu, par ses feuilles en coeur, et par la facult&#233; qu'a cette plante de se tourner vers son astre, de mani&#232;re que sa tige en est souvent torse, par ses nombres quatre et cinq, qui sont les nombres de toutes g&#233;n&#233;rations dans les divers mondes, se fait conna&#238;tre &#234;tre solaire ; et cette plante est le soleil terrestre sur la terre ; il en est de m&#234;me de plusieurs autres arbres et plantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a besoin sans doute aujourd'hui, pour supporter de tels raisonnements, de songer toujours &#224; l'&#233;poque o&#249; ils furent pos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eurydice,</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_deuil</dc:subject>
		<dc:subject>_arts &lt;i&gt;(etc.)&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;vidences &amp; accords</dc:subject>
		<dc:subject>_orph&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>_joie &amp; douleur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;parcours dans les images laiss&#233;es d'Orph&#233;e, et d'elle&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/notes-marginales-etc/parcours-d-images/" rel="directory"&gt;parcours d'images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_deuil" rel="tag"&gt;_deuil&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1007.jpg?1545513908' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='125' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;peut-&#234;tre est-ce de ne rien vouloir dire, qui porte aux tableaux ; l'image de la lumi&#232;re suffit &#224; justifier la lumi&#232;re, pourquoi pas la vie &#8212; peut-&#234;tre est-ce autre chose aussi. Euyridce (plus qu'Orph&#233;e) est image de l'image de la lumi&#232;re, et quand la vie manque, c'est vers elle qu'on se tourne, parce que tout vient d'elle, et par elle tout a &#233;t&#233; fait. J'ai longtemps cherch&#233; &#224; nommer ce temps, celui des deuils, des trajectoires bris&#233;es d'avoir &#233;t&#233; tant d&#233;sir&#233;es, je ne sais pas ; celui des renouements &#224; venir, de soi, de la lumi&#232;re. Eurydice est une image juste. Je m'y confie comme &#224; mon propre silence.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_1989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_nicolasPoussin1664.jpg?1361790344' width='500' height='364' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;c'est courir dans les collines qu'il faudrait, l&#224;, maintenant, tout de suite, batifoler, et jouer avec l'air chaud du vent, et dans l'herbe menue, qui la foulons, nous qui attendons le doux repos du soir, &#224; l'ombre des arbres vifs, et au loin la ville qui fume, on sent la bi&#232;re d'ici, et quelqu'un qui p&#234;che sans rien prendre, on attend encore le repos qui ne viendra que le soir, et cela est bon,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L400xH297/Orphee_nicolaspoussinDetail-b46cc.jpg?1769985798' width='400' height='297' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;cela est dangereux, et mortel comme la mort,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;center&gt;[&#8230;]&lt;/center&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;c'est le premier trou noir, l'espace vide, celui de la mort &#8212; aucune image qui ne la montre, elle, morte, et enterr&#233;e de l'avoir &#233;t&#233; si vite, si t&#244;t, aucune image de pleurs sur le corps allong&#233;, aucune, et rien d'autre que cela, l'absence d'image&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_animaux.jpg?1361790166' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;mais des images le montrant, lui, aupr&#232;s des animaux, chantant et jouant, oui, des milliers, le montrant capable de chant pour attendrir la cr&#233;ation, et que la cr&#233;ation l'&#233;coute, et lui ouvre chemin vers la mort, oui, des milliers&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH383/orphee_desanimaux-42e26.jpg?1769985798' width='500' height='383' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;il y a l&#224; tous les animaux de la for&#234;t,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_francoisduboucher.jpg?1361790240' width='500' height='411' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;et d'autres,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L449xH302/Orphee_FranzPourbus-7c46c.jpg?1769985798' width='449' height='302' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;tant et tellement d'autres, animaux sous le r&#232;gne des cieux, venus l&#224;, pleurer aux larmes des chants,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_jenesaispasnonplus.jpg?1361790293' width='500' height='422' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;il y a m&#234;me une licorne,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/gif/orphee_jenesaispas.gif?1361790278' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;tout en bas, c'est l&#224; qu'il est pass&#233;, apr&#232;s les animaux et les pierres, il fait pleurer les dieux, qui de rage et de larmes, disent oui, je veux bien oui te la laisser, tant pis pour la cr&#233;ation et l'ordre entier des choses mortes, tant pis pour toi aussi,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_rubens.jpg?1361790365' width='500' height='356' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;c'est le d&#233;part apr&#232;s le jugement, le d&#233;part avec l'injonction du regard, de partir sans rien voir et de ne rien regarder que le jour qui pourrait se lever sur tout cela ; d&#233;j&#224; elle, elle sait sans doute et regarde, elle, en arri&#232;re d'o&#249; elle vient, o&#249; elle reviendra, elle le sait,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1992 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L300xH220/orphee_rubensDetail-38fb7.jpg?1769985798' width='300' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;les dieux sont si d&#233;sirables,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_corot2.jpg?1361790208' width='500' height='541' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L262xH374/orphee_jenesaispasencore-22293.jpg?1769985798' width='262' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_1993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee.jpg?1361790396' width='500' height='366' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;c'est par milliers d'images aussi qu'on les voit marcher, marchant et marchant, tant&#244;t &#224; droite tant&#244;t &#224; gauche, annonciation sans logique et sans ordre, errance de l'errance errante sur toutes les l&#233;gendes de ce mythe qui ne sait pas o&#249; aller et qui sait bien qu'ici est le centre de l'histoire, qu'ici est le point d'&#233;ternit&#233; qui n'ach&#232;vera rien que l'histoire elle-m&#234;me, que tant qu'on marche comme au bord du fleuve de l'oubli il ne peut rien se passer, mais chaque pas pos&#233; rapproche du dernier pas, et le regard sur la nuque br&#251;le de ne pouvoir &#234;tre regard&#233; &#224; son tour, mille l'ont dit, ne pas y revenir, moi je ne retiens que la joie immense de la marche que rien ne viendra abolir jamais,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_corot.jpg?1361790197' width='500' height='415' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;il y a m&#234;me des arbres dans cet enfer, ce n'est pas l'enfer, c'est une for&#234;t, il y a des gens qui pleurent, il y a des pelouses tendres, il y a une lanterne en plein jour, il y a sa robe de noces puisqu'elle est habill&#233;e comme pour ses noces, il y a je vais bient&#244;t trouver la sortie, c'est par l&#224; regarde,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_drolling.jpg?1361790230' width='500' height='406' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_1986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L387xH468/orphee_Kratzenstein-47813.jpg?1769985798' width='387' height='468' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#233;videmment, c'est le centre de l'&#339;uvre, le regard d'Orph&#233;e, mille et un autres l'ont dit et mieux, le n&#339;ud cental en lequel s'agglutine tout d&#233;sir d'&#233;criture : et la mise &#224; mort du r&#233;el dans l'arrachement de la vie, ce qui se d&#233;truit dans le regard sans lequel il n'y aurait pas de vie, ce qui se voit au prix de ce qui s'arrache de soi, oh, rien &#224; dire d'autre que l'ange qui vient faire son office d'ange &#8212; j'ai compris l'expression il y a quinze jours qui dit &#034;donner au monde&#034;, je ne sais pas son contraire, soudain, et je ne sais par cons&#233;quent plus rien, plus rien du tout,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee_charlespaullandon.jpg?1361790178' width='500' height='416' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;c'est le second angle mort de l'histoire, un silence : celui qui en moi r&#233;sonne le plus, la folie du jeune homme &#8212; on dit qu'il ne cessa pas d'hurler et de chanter son nom &#224; elle, qu'il courut et ne s'arr&#234;ta pas, on dit et on ne sait rien, il y a juste une image de lui pensif, cela ne veut rien dire, ce pourrait &#234;tre un autre, un autre qui attend, alors que lui n'attend rien, lui il cherche, il cherche encore, et m&#234;me son nom &#224; elle, et son visage, la lumi&#232;re sur elle,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L295xH400/Orphee_GustaveMoreau_latombedeurydice-57c1c.jpg?1769985798' width='295' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;son nom, il peut le trouver sur sa tombe, ce ne sera que le nom de la morte, pas son nom &#224; elle quand elle &#233;tait vivante, il n'y a que hurler qui peut commencer et valoir la peine, et puisque la peine est grande, ce qui commence n'aura pas d'autre fin,&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH456/orphee_lamort-46884.jpg?1769985798' width='500' height='456' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;on dit, mais je ne veux pas le savoir, qu'&#224; force de dire son nom, d'autres jeunes filles en eurent assez et le mirent en pi&#232;ces : c'est d&#233;j&#224; une mani&#232;re d'&#233;crire, de se r&#233;pandre, de courir davantage par le monde, c'est une mort qui multiple le corps et il n'y a pas de deuil ni d'amour sans ce d&#233;sir d'&#234;tre partout en dehors de soi, de n'&#234;tre pas soi seulement mais de se m&#234;ler &#224; la multiplicit&#233; des herbes et des racines, d&#233;sirer &#234;tre dans le vent celui qui est le vent, ou les racines, dans les herbes en &#234;tre le mouvement et ne pas cesser de dire le nom,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee9_maisqui.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/orphee9_maisqui.jpg?1361790413' width='500' height='307' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;on dit que la t&#234;te arrach&#233;e du jeune gar&#231;on continuait &#224; dire le nom, l'&#233;cho de ce nom, longtemps, on dit que les po&#232;tes entendent parfois ce nom dans les bruits de la ville, que c'est ce nom, l'&#233;cho d&#233;form&#233; de ce nom qui s'&#233;crit dans leurs phrases, que c'est envelopp&#233; de ce nom que s'&#233;crivent et s'aiment toutes les phrases et tous les corps qui demeurent &#224; &#233;crire et &#224; aimer, on dit cela et tant d'autres choses aussi qu'on ne sait plus trop bien de qui on parle, et pour qui encore le dire,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1973 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/Orphee_BouquetDetail.jpg?1361790174' width='500' height='405' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;tandis qu'on l'oublie, elle, que d'autres peut-&#234;tre sont partis pour lui faire repasser le fleuve grand comme la mer, elle qui dort peut-&#234;tre, qui a tout oubli&#233;, jusqu'&#224; son visage arrach&#233; qu'elle pourrait ramasser sur le sol, un jour prochain, et front contre front, sans le reconna&#238;tre, visage qu'elle pourrait m&#234;me consoler, comment savoir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/Orphee_gustaveMoreau1865.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/local/cache-vignettes/L500xH813/Orphee_gustaveMoreau1865-3f6e6.jpg?1769985798' width='500' height='813' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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