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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>Claudio Tolcachir, Melissa Hermida &amp; Lautaro Perotti | Caravane des solitudes d&#233;risoires</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>_Chantier critique</dc:subject>
		<dc:subject>_col&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_Claudio Tolcachir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dinamo&lt;/i&gt;, texte et mise en sc&#232;ne de Claudio Tolcachir, Melissa Hermida et Lautaro Perotti [Avignon In, Lyc&#233;e Mistral] &#8211; juillet 2015&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1565.jpg?1437211016' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;[Dinamo]&lt;/i&gt;, &lt;br&gt; texte et mise en sc&#232;ne Claudio Tolcachir, Melissa Hermida et Lautaro Perotti&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ensemble, trois metteurs en sc&#232;ne argentins (Claudio Tolcachir, Melisa Hermida et Lautaro Perotti) ont imagin&#233; et &#233;crit un spectacle cocasse pour trois actrices (Marta Lubos, Danielo Pal, Paula Rosenberg) &#8211; six bonnes raisons de constater, devant ce music-hall psychanalytique, d&#233;risoire, consternant, et finalement naus&#233;abond, qu'il y avait peut-&#234;tre six personnes de trop pour le concevoir et le jouer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Empruntons au Mar&#233;chal Foch sa glorieuse question jadis lanc&#233;e &#224; voix haute devant le champ de bataille : &lt;i&gt;de quoi s'agit-il ? &lt;/i&gt; Une caravane est plant&#233;e au milieu du plateau. D&#233;coup&#233; dans la longueur, ce mobile-home immobile laisse voir son ventre : obsc&#233;nit&#233; d'un int&#233;rieur sagement d&#233;glingu&#233;, organis&#233; avec rigueur pour nous montrer que tout y est d&#233;sorganis&#233;. L&#224;, une psychotique &#8211; Marisa &#8211;, sortie de l'h&#244;pital apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d'internement, et bien r&#233;solue &#224; reprendre une carri&#232;re de joueuse de tennis malgr&#233; ses vingt (soyons aimable) kilos en trop, cherche sa tante &#8211; Ada &#8211;, qui pourra la loger. Cette tante est en loque ; mi-Patti Smith, mimolette, elle vit sur les d&#233;combres de son glorieux pass&#233; : chanteuse nagu&#232;re (une affiche &#224; demi arrach&#233;e en t&#233;moigne), d&#233;sormais incapable de faire autre chose que de pousser des souffles d&#233;timbr&#233;s dans un micro &#224; la recherche vaine de son inspiration perdue. Surgit Harrima, jeune immigr&#233;e cach&#233;e dans les recoins de la caravane. Ada y saisira l'&#233;nergie pour puiser une cr&#233;ativit&#233; neuve, et Marisa, qui croira &#224; un nouveau d&#233;lire, trouvera consolation et force de faire son deuil : Harrima subviendra &#224; leur besoin quotidien. Ces trois solitudes, branch&#233;es l'une &#224; l'autre comme la dynamo d'une &#233;nergie nouvelle, finiront par former la communaut&#233; fragile qui semble &#233;voquer l'all&#233;gorie de nos soci&#233;t&#233;s moribondes, mais tenaces, dignes dans le ridicule (ou ridicules dans leur dignit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci trac&#233; &#224; grands traits dit mal cependant la pr&#233;tention au comique d'un spectacle qui r&#233;ussit la prouesse d'&#234;tre l&#233;thargique malgr&#233; la direction hyst&#233;rique des actrices. La fable emprunte autant &#224; l'antique, v&#233;n&#233;rable et si poussi&#233;reux mod&#232;le dramatique (le r&#233;cit est une ligne droite, ses r&#244;les des personnages) qu'&#224; l'esth&#233;tique kitsch des telenovellas sud-am&#233;ricaines. Le seul et unique ressort ne tient qu'au pass&#233; : dans cette forme qui lorgne aussi vers la construction hollywoodienne du r&#233;cit, l'id&#233;ologie de l'Histoire est un trauma, le temps une pure nostalgie. La joueuse de tennis est devenue folle apr&#232;s la mort de ses parents (suicide ? ou accident ? &#8211; question pour elle insondable et insoluble), mais d'une folie de seconde main comme dans les pires sc&#233;narios de s&#233;ries B on n'ose m&#234;me l'&#233;crire : la pauvre fille voit des morts (rires de la salle attendus). Quant &#224; la chanteuse au look de rock star d&#233;chue &#8211; clocharde donc, pendue &#224; son micro &#8211;, c'est dans le deuil de son amour qu'elle vit : avec Muriel, son duo &#233;tait sa gloire ; on comprendra qu'en rejetant l'une, elle perdait l'autre. Ainsi, quand la &lt;i&gt;mort&lt;/i&gt; &#8211; r&#233;duit &#224; la perte &#233;go&#239;ste de papa et de maman comme on perd un jouet &#8211;, et &lt;i&gt;l'amour&lt;/i&gt; &#8211; le sentiment de la possession confondu avec celui de la r&#233;ussite &#8211; tiennent lieu de substrat narratif et psychologique, cela en dit long sur ceux qui voudraient en faire des valeurs, autant litt&#233;raires qu'humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pourrait &#234;tre inoffensif et doucement d&#233;risoire : des gags s'encha&#238;nent dans l'&#233;coute religieuse et/ou moribonde d'une salle endormie. Quelques moments m&#233;lodramatiques voudraient faire surgir ici une &#233;motion endeuill&#233;e (oh, comme maman/ma femme/mon fils me manque&#8230;), l&#224; une douleur dans le souvenir perdu : la caravane ne passe pas, les chiens baillent. Le spectateur parfois sensible aux accords de guitare de Joaquin Segade au bord du plateau (quatri&#232;me solitude qui semble parfois jouer pour lui seul), ne verrait ici que des emprunts aux formes les plus conventionnelles de l'intrigue et pourrait simplement pousser un soupir d'ennui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pourtant davantage. &#192; l'&#233;chelle de la fable, voir ces deux personnages r&#233;duits &#224; leur vacuit&#233; &#8211; leur propre narcissisme &#8211;, qui envisagent leur vie seulement sous son aspect le plus vulgaire (la r&#233;ussite sociale, sportive, ou artistique : la reconnaissance) faire face &#224; une troisi&#232;me figure, dynamique et entreprenante, la jeune immigr&#233;e Harrima, ne laisse pas d'interroger. Car Harrima ne parle pas la langue des deux autres, et, pour &#234;tre plus pr&#233;cis &#8211; coup de force dramaturgique sans doute dans l'esprit des auteurs &#8211; elle ne parle pas une langue v&#233;ritable. Les auteurs semblent tr&#232;s fiers, &#224; la lecture du programme, d'avoir invent&#233; de toutes pi&#232;ces un langage qui semble tenir autant du serbo-croate que de l'arabe, un langage mis en pi&#232;ces plut&#244;t, fait d'onomatop&#233;es et de bruits de gorges, de chuintantes et de sourdes. On songe alors, sans l'oser tout &#224; fait, &#224; ce retournement terrible de la langue mineure en langue inaudible, sauvage, barbare, et aux soubassements politiques de ce que ce proc&#233;d&#233; r&#233;v&#232;le. Le barbare, c'&#233;tait pour le citoyen grec, celui qui ne parlait pas la langue grecque, et donc qui ne parlait pas du tout, n'&#233;tait dou&#233; ni de raison ni de langage (&lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; est le mot qui assemble la rationalit&#233; et la parole) : individu capable seulement de pousser des borborygmes, sons inarticul&#233;s, bla bla bla sans finalit&#233; qui finira par produire le mot &#233;quivalent, &lt;i&gt;barbare&lt;/i&gt;, celui qui ne semble que pouvoir dire un son infiniment insens&#233; : &lt;i&gt;barbarbarbar&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il est curieux de voir, dans la mont&#233;e en intensit&#233; de l'intrigue, que cette &#233;trang&#232;re prendra le pouvoir sur la destin&#233;e des deux autres personnages en assumant les t&#226;ches n&#233;cessaires &#224; la vie telle que les auteurs semblent la concevoir : faire les courses, payer les factures, faire le m&#233;nage (tenir la maison). &#192; l'&#233;chelle de l'all&#233;gorie que cette fable semble dessiner, on se trouve face &#224; la r&#233;signation d'individus narcissiques, m&#233;lancoliques et d&#233;finitivement traumatis&#233;s par la perte d'une vie pass&#233;e, qui laissent &#224; un &#234;tre qu'ils per&#231;oivent d&#233;nu&#233; de langage la conduite de leur vie et la consolation de leur personne. L'immigr&#233;e, qui a laiss&#233; derri&#232;re elle un jeune enfant et toute une vie &#8211; sc&#232;ne interminable d'une s&#233;ance Skype en langue barbare (dont on comprendra &#233;videmment tout : l'&#233;tranger pens&#233; par ces auteurs est un animal que le th&#233;&#226;tre &#224; force de gestes sait dompter et rendre compr&#233;hensible par la gr&#226;ce de quelques lourdeurs sc&#233;niques) &#8211;, l'&#233;trang&#232;re est aux yeux de l'une l'outil susceptible de suppl&#233;er le manque, aux yeux de l'autre un cadavre (c'est ce qui fait froid dans le dos : que l'immigr&#233;e est &lt;i&gt;litt&#233;ralement&lt;/i&gt; un macchab&#233;e pour celui qui l'emploie) capable de donner des nouvelles de maman : pour tous, la bonne main, la bonne p&#226;te, l'esclave d'un humanisme qui ne pensait pas &#224; mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est peut-&#234;tre le pire. Derri&#232;re cet humanisme d&#233;goulinant qui suinte la solidarit&#233; des solitudes, perce l'abjecte id&#233;ologie morale d'un fascisme du pas-fait-expr&#232;s, les relents naus&#233;abonds sur le r&#244;le de l'immigr&#233; (de la femme ?) comme esclave quotidien, faire valoir des m&#233;lancolies narcissiques et d&#233;risoires des occidentaux, et du rire des spectateurs. Reste th&#233;&#226;tralement une dramaturgie fond&#233;e sur la pseudo invention pour la figure de l'&#233;trang&#232;re d'un langage de nourrisson ou de b&#234;te, bruits et sons, balbutiements : et qu'on ose ensuite clamer que l'esth&#233;tique ne fait pas signe vers le politique, ou que le po&#233;tique est &#233;tanche &#224; toute &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mot de la pi&#232;ce, pour finir : &#171; Il n'y a personne ? &#187;. S'en tenir l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://insense-scenes.net/spip.php?article383" class="spip_out"&gt;Critique pour L'Insens&#233; (Avignon 2015)&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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