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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>Autoportraits | projections, d&#233;figurations, inventions</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;se jeter au-devant de soi&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/autoportraits/autoportraits-notes-sur/" rel="directory"&gt;Autoportraits | Notes sur &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton2186.jpg?1534165645' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff2186.jpg?1534165652&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;small&gt;[/Pour &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=eMGk9ywJyvY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
et &lt;a href=&#034;http://www.lironjeremy.com/lespasperdus/un-peu-de-soi-dans-limage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;r&#233;my Liron&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
/]&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours creux de l'&#233;t&#233;, l'attention est disponible aux mouvements plus lents et plus imperceptibles, &#224; des d&#233;tails qui prennent toute la place parce qu'ils d&#233;placent en profondeur nos croyances les plus ancr&#233;es. Soudain oui, des &#233;changes lus en ligne saisissent peut-&#234;tre &#224; cause de l'&#233;trange labilit&#233; de ces jours. Au milieu du bruit de fond, ce qui d&#233;chire relance une question port&#233;e depuis longtemps. Plus loin dans l'ann&#233;e, cela n'aurait fait que se d&#233;poser : mais l&#224;, le d&#233;sir de poser quelques mots insiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi de l'&#233;change entre &lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.lironjeremy.com/lespasperdus/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;r&#233;my Liron&lt;/a&gt; sur la question de l'autoportrait, &#224; partir de la violence &#233;prouv&#233;e (on la re&#231;oit tous) d'un mot l&#226;ch&#233; par une &lt;i&gt;lectrice&lt;/i&gt; qui accuse sous le changement r&#233;current d'images de profil sur les r&#233;seaux sociaux une coquetterie adolescente (je n'ai pas suivi ce premier &#233;change, et reformule ce que j'en ai saisi). De l&#224; une puissante interrogation de Fran&#231;ois Bon dans les &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=eMGk9ywJyvY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carnets du Dedans&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#8211; fascinante exploration de la parole orale quand elle lance devant elle les mots qui diront les prochains, et comment avancer dans le noir avec seulement la voix, le d&#233;sir de nommer, par approche, ou cercle concentriques, et la frontalit&#233; du visage sur l'image &#8211;, puis une r&#233;ponse &#224; distance, en forme de d&#233;pli de ces enjeux, par J&#233;r&#233;my Liron, en peintre, dans ces &lt;a href=&#034;http://www.lironjeremy.com/lespasperdus/un-peu-de-soi-dans-limage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notes des &lt;i&gt;Pas Perdus&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#8211; ces saisies &#224; la vol&#233;e, et toujours par le biais de l'image, de la repr&#233;sentation, de la fabrique du r&#233;el sur toiles et en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? &#192; ce qui est d'importance pour nous tous qui se jetons sur le web avec des outils que nous t&#226;chons de forger pour nous-m&#234;mes, mais dans la syntaxe pris &#224; cela qui tra&#238;ne et fait les r&#233;seaux : &lt;i&gt;l'image&lt;/i&gt;, et avant tout, ou en amont, l'image de soi. L'image sur le net est enjeu de premier plan, parce qu'il est avant tout un rapport &#224; l'image : on est beaucoup &#224; payer notre dette &#224; Andr&#233; Gunthert, &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/imagesrevues/292&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;depuis ses traductions de Walter Benjamin&lt;/a&gt; (sa &lt;i&gt;Petite histoire de la photographie&lt;/i&gt;, qui est un monument colossal) jusqu'&#224; ses r&#233;flexions r&#233;centes sur le selfie, l'usage personnel de ses images sur les r&#233;seaux&#8230; Pour saisir ce qui se joue dans ces usages, il faut &#233;videmment se d&#233;faire de la morale mesquine qui juge et m&#233;prise &#8211; mais tenter de s'approcher dans la fabrique, &#224; vue, de l'&#233;poque et des formes qu'elle prend pour se laisser voir. Et elle se laisse voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe qu'il s'agisse l&#224; d'une nouvelle forme de subjectivit&#233;, qui tenterait de trouver des preuves de sa lev&#233;e en v&#233;rifiant incessamment en elle qu'elle existe sous la but&#233;e de sa propre image, et peu importe au contraire que tout cela ne soit finalement que la suite d'une longue histoire, o&#249; l'image est prolongement d'un corps. Ce qui para&#238;t neuf, avec la web, c'est que la surface de projection est aussi celle o&#249; surgit le monde : sur m&#234;me paroi, on d&#233;pose nos propres traces l&#224; o&#249; on re&#231;oit les nouvelles du r&#233;el. Dans ce mouvement convergent de d&#233;p&#244;t et de r&#233;ception, une forme de la d&#233;chirure qui nous fonde nous d&#233;visage. Ce qu'on projette de nous, sur nous, se porte sur les projections du monde : et d'une projection &#224; l'autre, la rencontre qui se fabrique forge &#233;videmment la fiction d'un face &#224; face. Cette fiction, c'est le contraire d'un mensonge, mais c'est l'usage du web tout entier : un principe de d&#233;figuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; peut-&#234;tre la floraison des blogs &lt;i&gt;personnels&lt;/i&gt;, qui s'est d&#233;plac&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es par r&#233;duction sur les r&#233;seaux sociaux &#8211; o&#249; est la communaut&#233; de blogs d'il y a dix ans ? &#8211; ; sur ces r&#233;seaux, un simple avatar est &#224; lui-m&#234;me un site, r&#233;duit &#224; sa plus simple expression : un portrait, qui suffit &#224; signer le contenu d&#233;pos&#233;. Et puisque le web s'est toujours invent&#233; contre lui, et que ses usages tentent chaque fois de d&#233;passer ses d&#233;terminations, l'avatar lui-m&#234;me est l'objet d'une fiction, d'une triche avec soi-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Combat perdu d'avance sans doute : si Facebook rivalise avec l'&#201;tat-Civil et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les adolescents modifient incessamment leur image de profil, c'est peut-&#234;tre parce qu'ils &#233;prouvent &lt;i&gt;tout &#224; la fois&lt;/i&gt; le web et leur corps comme espace d'invention et de changements permanent : et que la possibilit&#233; de changer de corps est une provocation &#224; laquelle il est &#233;videmment difficile de r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changer de profil : changer de corps. S'inventer autre que soi, et pourtant, dans cet autre, assurer que c'est bien soi-m&#234;me : c'est un vieux r&#234;ve de la po&#233;sie, c'est sa seule t&#226;che m&#234;me. On a trop souvent fait du lyrisme la pauvre expression de soi par soi-m&#234;me, quand chaque po&#232;te a travaill&#233; au contraire &#224; sa dispersion : &lt;i&gt;Je suis le T&#233;n&#233;breux, - le Veuf, - l'Inconsol&#233;, / Le Prince d'Aquitaine &#224; la Tour abolie&#8230;&lt;/i&gt; : chez Nerval, &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; est d'abord tout autre que lui-m&#234;me, plut&#244;t une pulv&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, cet enjeu de l'image de soi est central, en tant que signature et espace de fiction : soudain, elle est territoire de reconfiguration qui nous d&#233;termine &#224; la fois comme autre et comme condition de nous-m&#234;mes, condition des textes qu'on &#233;crira sous d&#233;termination de cet autre. C'est d&#233;j&#224; le mouvement des h&#233;t&#233;ronymes par Pessoa, ou de l'usage du pseudonyme chez les artistes : jeter au-devant de soi un nom qui sera lui-seul capable d'endosser la charge des textes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire, ce serait d'abord jeter une ombre, et tenter de marcher sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ombre, c'est l'ancienne image qui servait &#224; dire ce qu'&#233;tait une image : c'est les ombres qu'on agite dans la caverne des illusions, ou c'est l'ombre que Dieu r&#233;pand devant Mo&#239;se pour ne pas l'&#233;blouir (et qu'il prenne bien soi de tourner le dos, et de ne voir du Dieu que les contours sur le sol). L'ombre, c'est la part qui donne &#224; voir le visible par l'invisible, c'est l'&#233;nigme de la lumi&#232;re qui la rend possible. L'ombre, c'est le mot des Anciens pour parler des fant&#244;mes : &lt;i&gt;Umbra&lt;/i&gt;, les spectres &#8211; un mot d'optique, encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On jette des ombres devant nous : parfois, elles ressemblent vraiment &#224; nos visages ; souvent, ce ne sont que des r&#233;pliques &#8211; on parle de r&#233;pliques pour les s&#233;ismes &#8211;, des fant&#244;mes, des images de nos propres images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; ces images qui signent nos visages, nos profils, nos avatars, ne sont souvent que des reflets int&#233;rieurs : des propositions, des hypoth&#232;ses de nous. Soit qu'on se saisisse d'un visage d'un autre, soit qu'on prenne m&#234;me un immeuble, une plante, une terre s&#232;che, un morceau de ciel : et qu'on dise : c'est mon portrait, pour un temps peut-&#234;tre fragile et provisoire, mais mon portrait qui signe mes textes et mes paroles, et qui nomme tout aussi bien ce temps fragile et provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire d'une nature morte un portrait de soi, est-ce que c'est une coquetterie adolescente, ou une violence faite &#224; nous-m&#234;mes qui seule pourtant rend acceptable ce qu'on en fera ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque l'image porte en elle les enjeux m&#234;me du web, peut-&#234;tre en est-il de m&#234;me pour nos textes : &lt;i&gt;miroir que l'on prom&#232;ne le long d'un chemin&lt;/i&gt;, disait Stendhal du roman. Mais pour voir le chemin dans le miroir, il faut se placer devant le miroir : et ce qu'on verra, d'abord, devant le chemin, c'est nous-m&#234;me. On sait la puissante nouveaut&#233; du romantisme : en peignant une mer d&#233;cha&#238;n&#233;e, c'est le po&#232;te lui-m&#234;me qui se peint ; en racontant les langueurs d'un ciel d'automne, c'est sa propre m&#233;lancolie qu'il fouille. Les lointains int&#233;rieurs sont partout autour de nous la grande ext&#233;riorit&#233; du monde. Alors chaque r&#233;cit serait un portrait ? Pass&#233; au tamis de soi, le monde : et c'est toujours une part de soi qu'on arrache de nous pour jeter dans le monde d'autres vies que les n&#244;tres. On se trompe toujours en cherchant dans un texte un document t&#233;moignant de l'&#233;tat du monde : c'est d'un &#233;tat dispers&#233; de celui qui s'est jet&#233; en travers du chemin pour voir dans le miroir son corps bient&#244;t renvers&#233; par la charrette qui promenait le miroir. Et le monde n'est pas l'objet donn&#233;, plut&#244;t la question ent&#234;tante qui a conduit &#224; la dispersion, l'&#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On &#233;crit toujours avec du soi&lt;/i&gt;, la phrase de Barthes est irr&#233;futable. On prend toujours en photo des autoportraits de nous-m&#234;mes, sous condition de r&#233;alit&#233;. Devant soi, le monde n'est pas le lac placide devant lequel Narcisse se regarde : s'il r&#233;fl&#233;chit notre image, en retour nous nous effor&#231;ons de percevoir la possibilit&#233; de nous-m&#234;mes &#224; travers lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais ouvert en 2012 &lt;a href=&#034;http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique83&#034;&gt;une s&#233;rie d'autoportraits&lt;/a&gt;, interrompue apr&#232;s un d&#233;m&#233;nagement : il importait peu sans doute de r&#233;server une partie de mes carnets &#224; de tels autoportraits, quand chaque texte voudrait travailler &#224; en traverser l'usage : non pas se raconter tel qu'on est, mais se d&#233;figurer un peu plus &#224; chaque fois. Et pour se taillader le visage, les brisures du monde me servent comme &#224; nous tous : il suffit de se pencher, de prendre une photo comme on prendrait un bout de verre et de l'approcher de soi pour s'inventer &lt;a href=&#034;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article2018&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'autres visages, d'autres portraits&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Combat perdu d'avance sans doute : si Facebook rivalise avec l'&#201;tat-Civil et tente d'interdire les profils fictionnels, bient&#244;t sans doute imposera-t-il des portraits conforme &#224; la r&#233;alit&#233; ? Il faudra donc aussi truquer la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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