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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>[ phrases ] #7 &#8212; r&#234;ves de draps d&#233;faits</title>
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		<description>&lt;p&gt;C'est une ville banche et grise&lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;C'est une ville banche et grise, toujours la m&#234;me et qu'on retrouve partout, aux reflets des m&#234;mes gares et sur les rues les m&#234;mes noms des m&#234;mes types morts quelque part pour &#234;tre accroch&#233;s l&#224;-haut o&#249; on ne les regarde que pour retrouver une maison perdue, d'ailleurs elle est l&#224;, cette maison, alors j'entre, on me fait visiter, puis on me fait visiter tout le village, l'&#233;cole, les commerces, les b&#226;timents publics, tout, jusqu'aux maisons des habitants sans doute partis ailleurs, travailler peut-&#234;tre, on a les cl&#233;s, on ne se pose pas la question, on entre et on me fait voir ce qu'il n'y a rien &#224; voir mais qui devient visible d&#232;s lors qu'on me le montre, les b&#226;timents modernes, vitres de verre qui pourraient &#234;tre un commissariat ou une biblioth&#232;que ou la mairie, c'est un commissariait, mais plus loin, le m&#234;me b&#226;timent, vitres de verre et fa&#231;ade neutre, ce sera la biblioth&#232;que, et en face, la mairie, j'entre, je regarde, je ne sais pas ce que je vois, et soudain, on me propose, sans raison, de voir le m&#234;me lieu mais comme il &#233;tait auparavant, et j'entre dans une pi&#232;ce qui est alors &#224; la fois ce gymnase et cette for&#234;t vierge de murs, &#224; la fois ces couloirs neutres et ces cascades lointaines de bruit et d'eau, &#224; la fois ces escaliers et des &#233;tangs noirs, et rien ne remplace rien que cette superposition &#8212; est-elle mentale, est-elle d&#233;sir&#233;e &#8212; des lieux et des sensations, et j'&#233;volue ainsi dans ces espaces doubles comme en ma propre r&#234;verie, et je ne sais tant je r&#234;ve alors sur ce r&#234;ve lequel de ces r&#234;ves m'a remplac&#233; &#224; l'aube quand je me d&#233;gageais de ce miroir pour n'y voir qu'une fin lentement &#233;labor&#233;e vers moi d'une jungle &#233;paisse vers laquelle j'allais, sans que je puise &#233;prouver autre chose qu'une vague curiosit&#233; et un puissant de d&#233;sir de m'y perdre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des enfilades de chambres, je p&#233;n&#232;tre dans chacune d'elle pour chercher un corps, il n'y a que des lits aux draps d&#233;faits, une chambre ouvre sur une autre chambre, et sur d'autres encore, les portes se claquent et s'ouvrent, modifient totalement la perspective de l'ensemble de l'immeuble, tant&#244;t la fen&#234;tre est en face, tant&#244;t &#224; gauche ou &#224; droite, et offre des vues sur des fa&#231;ades si proches qu'on pourrait passer en sautant, je passe, traverse cette sorte de lat&#233;ralit&#233; sans fonds et je vais, en courant presque, certain que plus j'ouvre de portes, moins le corps que je cherche ne m'appara&#238;tra, et ainsi jusque dans la derni&#232;re chambre &#8212; comment pourrais-je savoir que c'est la derni&#232;re, pourtant c'est ainsi &#8212; il n'y a qu'un lit vide de plus, mais une fen&#234;tre qui donne sur le large&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ascenseur, le corps d'Arthur Rimbaud est assis, t&#234;te baiss&#233;e, il joue avec quelque chose sur le sol en marmonnant ou en chantant quelque chose d'inaudible, peut-&#234;tre un caillou trouv&#233; quelque part, je crois que ce sont des petits osselets, jeu qui m'a toujours terrifi&#233; pour le nom et la forme macabre des objets, il semble ma&#238;triser l'art de ce jeu avec une perfection nonchalante, mais je ne connais pas les r&#232;gles de ce jeu, ignore s'il y en a, lui, murmure ou chante, cette chose inaudible et belle qui porte son oubli dans la perfection de sa m&#233;lodie, dont l'&#233;vidence m&#234;me rend son souvenir inaccessible, je me tourne vers le miroir de l'ascenseur, et je me regarde, il y a un peu de bu&#233;e sur la vitre, je m'approche parce que j'ai peine &#224; me reconna&#238;tre, ces cheveux sur le visage qui semblent encore avoir pouss&#233; jusque sur les yeux, je m'approche et la bu&#233;e s'agrandit, s'agrandit encore jusqu'&#224; me donner un autre visage que j'attribue &#224; la bu&#233;e, mais qui pourrait &#234;tre mon visage int&#233;rieur, celui de cet ascenseur, je me tourne vers le corps d'Arthur Rimbaud qui joue maintenant contre lui-m&#234;me, je crois, perd en jurant et gagne avec des cris de joie, mais j'ignore les r&#232;gles alors je reste silencieux, je me demande si l'ascenseur monte ou descend, mais alors que je n'ai rien dit, le corps d'Arthur Rimbaud dit, le visage toujours tourn&#233; sur le sol, on monte, on arrive, tiens-toi pr&#234;t&lt;/p&gt;
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		<title>[ phrases ] #6 &#8212; r&#234;ves de fraudes </title>
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		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Couloirs comme on s'y enfonce, un couloir apr&#232;s l'autre et m&#234;me dans l'autre engag&#233;, &#233;troits et plafonds bas, murs carrel&#233;s, image parfaite de la m&#233;moire quand on veut s'imaginer sa forme, et qu'elle appara&#238;t quand on ferme les yeux dans la nuit noire sous cette image parfaite de couloirs ainsi enfonc&#233;s les uns dans les autres, &#233;troits, bas de plafond, murs carrel&#233;s qui tournent, et vont, descendent sans fin mais la pente est si l&#233;g&#232;re qu'on dirait se d&#233;charger d'un souvenir &#224; chaque pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;p&gt;Couloirs comme on s'y enfonce, un couloir apr&#232;s l'autre et m&#234;me dans l'autre engag&#233;, &#233;troits et plafonds bas, murs carrel&#233;s, image parfaite de la m&#233;moire quand on veut s'imaginer sa forme, et qu'elle appara&#238;t quand on ferme les yeux dans la nuit noire sous cette image parfaite de couloirs ainsi enfonc&#233;s les uns dans les autres, &#233;troits, bas de plafond, murs carrel&#233;s qui tournent, et vont, descendent sans fin mais la pente est si l&#233;g&#232;re qu'on dirait se d&#233;charger d'un souvenir &#224; chaque pas tant on descend d'un m&#232;tre &#224; chaque souvenir, et &#224; certains virages plus prononc&#233;s que d'autres, ces tourniquets de m&#233;tro, j'avance le corps, cela bascule sans effort, je passe, et ainsi d'autres couloirs, que j'ai l'impression de longer tant ils sont &#233;troits, et d'autres tourniquets qui interrompent sans l'arr&#234;ter le mouvement d'une foule incessante, sans visage, chacun une valise ou un sac &#224; la main &#8211; je n'ai ni sac ni valise, ni cl&#233; dans la poche, ni argent ni rien : l'angoisse de l'absence de cl&#233; est soudaine comme un coup dans la poitrine, et je m'arr&#234;te : mais puisque je demeure incapable de savoir o&#249; je vais, o&#249; je vis, et si je suis l&#224; parce que je suis sorti ou parce que je rentre, alors je continue : un couloir apr&#232;s l'autre m'enfonce plus loin encore dans ma propre m&#233;moire de sorte que j'oublie peu &#224; peu tout le reste de cette vie, et jusqu'&#224; l'absence m&#234;me de cl&#233;s ; irr&#233;guli&#232;rement (ce peut &#234;tre tous les cent m&#232;tres, ou plusieurs &#224; la suite), ces tourniquets que je franchis sans ticket quand autour de moi tous le sortent, p&#233;niblement et en soufflant : parfois m&#234;me, le ticket est refus&#233;, et ils sont oblig&#233;s de faire demi-tour, moi je passe, c'est toujours &#224; chaque fois une appr&#233;hension l&#233;g&#232;re, une surprise, une joie d'autant plus intense que je m'efforce de la masquer (si on me voyait ?), et cette culpabilit&#233; inavouable de frauder, sans que je mesure tout &#224; fait l'objet de la fraude puisqu'il n'y a pas de m&#233;tro &#224; prendre, aucun quai nulle part, j'avance comme dans une rue plong&#233;e &#224; la verticale dans le sol, une autre ville compos&#233;e d'une seule rue &#233;troite aux plafonds bas et murs carrel&#233;s de blanc, et dans le corps, la joie pr&#233;cieuse des voleurs qui saccage sans qu'on les voit, emporte avec eux quelque chose dont personne ne s'apercevra l'absence, un couloir apr&#232;s l'autre, un tourniquet apr&#232;s l'autre, je passe en fraudant, chaque tourniquet est un d&#233;fi plus grand, une joie plus enti&#232;re, une rage int&#233;rieure de plus, une vengeance sur chaque humiliation que j'oublie peu &#224; peu en violant de col&#232;re tous ces corps de souvenirs dispos&#233;s l&#224; pour cela, je le sais &#8211; je ne suis pas autoris&#233; &#224; &#234;tre ici et c'est la seule raison de ma pr&#233;sence ici, oui, l'espace interdit s'allonge comme un long corps plus d&#233;sirable d'&#234;tre offert ainsi pour moi seul qui le vois &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; et le reconnais, puisque j'ai les poches vides de cl&#233; et d'argent, et je me repr&#233;sente bient&#244;t la gravit&#233; de ce crime, et la peine qui me menace, mais je passe, plus douloureux de cette peine que je traverse d'un seul pas, plus heureux encore de la bascule du tourniquet qui m'entra&#238;ne et acc&#233;l&#232;re la marche, la peine grandit, et la joie en moi, simple, violente, de participer &#224; un lieu qui ne m'est pas destin&#233;, je d&#233;bouche bient&#244;t sans plus aucun souvenir sous le hall d'une gare large comme un horizon entier, on m'attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cimeti&#232;re, grand et profond et beau, dans lequel je suis entr&#233; est comme tous les autres, je ne m'attarde &#224; aucune de ses tombes dont la banalit&#233; m'accable, et la vulgarit&#233; me fait honte ; puisque la beaut&#233; m&#234;me de ce cimeti&#232;re m'ennuie, je me dirige lentement, &#224; mesure que le soir tombe lourdement, vers ce hangar, gris de pierre, toit en pente de t&#244;les ondul&#233;es qui jouxte un mur d'enceinte ; j'entre pour demander mon chemin : il n'y a personne dans le hangar que des morts, par centaines de centaines : je reconnais l'endroit et comprends sa fonction sans en avoir jamais vu de pareil &#8211; c'est le lieu o&#249; on entrepose les corps en attente d'&#234;tre enterr&#233;s : align&#233;s sur des tables &#224; hauteur de hanche, nu la plupart, les bras le long du corps, parfaitement intacts : je passe entre eux sans bruit, admire chacun d'eux sans oser les toucher ; sur la gauche, il y en a un dont le pied se met soudain &#224; trembler, lentement majestueusement, la jambe a gliss&#233; de la table et remue, d'avant en arri&#232;re ; il faut bien que le corps exulte, la pens&#233;e me traverse pour essayer de conjurer l'effroi, mais je pr&#233;f&#232;re m'&#233;loigner &#224; l'oppos&#233; ; et m'arr&#234;te soudain, boulevers&#233; par le visage sublime de cette jeune fille, les yeux grands ouverts sur moi, noirs, si parfaitement noirs et grands, son visage, les cheveux d&#233;faits soigneusement ; d'une voix que je voudrais s&#251;r et qui tremble au premier mot, je lui demande, sans raison, mais parce que je ne pourrais rien faire d'autre sans mourir imm&#233;diatement, de me suivre, maintenant, de partir d'ici, d'aller autre part, maintenant, avec moi ; elle ne r&#233;pond rien, les yeux toujours pos&#233;s sur moi comme pour me pardonner la question, alors je recommence, formule de nouveau la demande essentielle, absolue, de me suivre ; c'est un regard de piti&#233; qu'elle m'adresse, et de cendre ; il n'y a personne, personne ne nous verra, allons-y, maintenant, et si je pleure, ce n'est pas pour elle, mais pour moi, oui, je le sais, allons-nous en, plut&#244;t vivre que de rester ici, je crois que je lui dis cela aussi, dans l'affolement, je me tourne vers la porte du hangar, m'y pr&#233;cipite : ferm&#233;e d&#233;sormais, mais je parviens d'un geste &#224; l'ouvrir ; pourtant quand je reviens vers la table o&#249; &#233;tait pos&#233;e la jeune fille, je ne trouve personne, je n'ai pas peur, alors, et au contraire, quelque chose de plus s&#251;r m'anime, et j'avance, lentement, entre les tables, confiant, presque rassur&#233;, regarde chacun de ces corps pour l'y trouver, je sais qu'au corps suivant, je trouverai son visage sublime, yeux ferm&#233;s pour jouer avec moi la mort, ou grands ouverts au sourire de pur bonheur, alors je passe, le corps suivant n'est pas le sien, mais sans doute le prochain, et si je ne l'y trouve pas c'est que ce sera le prochain, le visage sublime se d&#233;robe sous chaque visage que je laisse derri&#232;re moi, pour aller plus avant dans le hangar au toit de t&#244;les ondul&#233;es, aux vitres hautes et opaques qui laissent &#224; peine passer la lumi&#232;re du soir, tandis que je cherche ce visage sublime sans le trouver jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthur Rimbaud me d&#233;signe sans mot la mer qu'on approche en voiture ; &#224; ce jeu de celui qui la verra en premier, il me prend sans cesse de court, mais je conduis, et ne fais attention qu'&#224; la route que je sais pleine d'obstacles, d'ailleurs je roule lentement, si lentement que lorsque Arthur Rimbaud saute de la voiture en marche, il me d&#233;passe et rejoint la mer &#224; pied ; le sable est br&#251;lant, il en prend une poign&#233;e qu'il avale, en riant ; la mer est tellement sal&#233;e qu'elle blesse, et il en boit alors plusieurs gorg&#233;es ; le soleil descend rapidement, &#224; vue d'&#339;il, et Arthur Rimbaud, sans un mot, se met &#224; nager pour rejoindre ce petit groupe de rochers au large, je le suis mais chaque brasse m'en &#233;loigne, tandis que Arthur Rimbaud dispara&#238;t dans des creux de plusieurs m&#232;tres, la mer qui m'entoure est plate comme un lac, et le courant me retient, c'est pourquoi je pr&#233;f&#232;re soudain plonger, et c'est l&#224; que je vis pour la derni&#232;re fois le corps d'Arthur Rimbaud pos&#233; &#224; la surface du sable, emport&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[ phrases ] #5 &#8212; r&#234;ves de d&#233;parts </title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_r&#234;ves et terreurs</dc:subject>
		<dc:subject>_peurs</dc:subject>
		<dc:subject>_phrases</dc:subject>
		<dc:subject>_Arthur Rimbaud</dc:subject>
		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La hauteur des murs, le bruit du vent, le visage de quelques hommes, le corps de toutes les femmes, les reflets dans les tours, la musique partout &#224; chaque coin de rues, des rues &#224; chaque femme, des visages sur chaque affiche, des affiches au-dessus de chaque porte, et de la neige parfois, mais la chaleur suffocante, et du bruit toujours, et comme l'odeur de br&#251;l&#233;, et tant de beaut&#233; enfin qu'on s'y arr&#234;terait pour la prendre et l'emporter loin, oui, mais loin, on y &#233;tait, et c'&#233;tait sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton754.png?1320087776' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff754.png?1320087786&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La hauteur des murs, le bruit du vent, le visage de quelques hommes, le corps de toutes les femmes, les reflets dans les tours, la musique partout &#224; chaque coin de rues, des rues &#224; chaque femme, des visages sur chaque affiche, des affiches au-dessus de chaque porte, et de la neige parfois, mais la chaleur suffocante, et du bruit toujours, et comme l'odeur de br&#251;l&#233;, et tant de beaut&#233; enfin qu'on s'y arr&#234;terait pour la prendre et l'emporter loin, oui, mais loin, on y &#233;tait, et c'&#233;tait sans doute la raison pour laquelle elle s'&#233;tait arr&#234;t&#233;e ici, parce qu'on &#233;tait loin, la beaut&#233; sur ces murs, ces visages et ces corps, des sexes b&#226;tis sur des tours de verre et d'acier, des sourires et des corps ouverts aux d&#233;sirs les plus inavouables, des visages par miliers finissent par fabriquer cette ville fabuleuse qu'on n'ose pas r&#234;ver, des corps, oui, m&#234;me les moins d&#233;sirables, m&#234;me les plus fragiles, surtout les plus fragiles, que je choisis pr&#233;cis&#233;ment pour cela comme on choisit une rue, pour la suivre et n'y jamais &#234;tre qu'un passant, alors je choisis une rue comme on choisit un corps, m'y enfonce jusqu'&#224; la taille ; on m'appelle par le nom que je porte ici dans cette ville, le nom qu'elle m'a donn&#233; en &#233;change, en &#233;change de quoi, j'ai oubli&#233;, j'habite cette ville depuis quelques heures comme pour toujours, et je fais le tour du propri&#233;taire, rep&#232;re les magasins, les caf&#233;s les plus sombres et enfum&#233;s, note pour plus tard : demander le nom de tous ceux que je croise ; et je vais comme on s'en va, jusqu'&#224; ce que je me perde tout &#224; fait, que je me dise que cette ville ne ressemble d&#233;cid&#233;ment pas au r&#234;ve que je faisais d'elle, que si je devais la raconter, je ne dirais rien de ce qu'elle est vraiment en moi, je ne parlerais que de son d&#233;sir, et de toute mani&#232;re, je l'oublierai sit&#244;t &#233;veill&#233;, puisque cette ville n'appartient qu'au r&#234;ve qu'on lui inflige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En chemin, je la vois marcher devant moi, presse alors le pas pour la rejoindre, sa nuque bouge, longue chevelure qui descend jusqu'au dos nu, entends sa voix, cass&#233;e comme du verre ensanglant&#233;e, la touche presque, &#233;paule nue aussi, avance encore, mains nues, je pr&#233;pare les mots que je vais prononcer une fois que je l'aurai rejointe, voudrais lui dire ce qu'il faut lui dire, quand elle se retourne, qu'elle va m'offrir son visage nu, crie trop pour la voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthur Rimbaud parle seul devant le feu de chemin&#233;e, il lance &#224; intervalles r&#233;guliers une pierre, toujour la m&#234;me, gorg&#233;e de sel, et crache parfois, quand il est sur le point de pleurer, dans le Grand Feu qui respire, souffle, gonfle comme une poitrine trop pleine, prend parfois des bouff&#233;es de violence, pleure aussi, je crois, de n'&#234;tre pas autre chose qu'un feu que Arthur Rimbaud recouvre et inonde, se tasse peu &#224; peu, s'&#233;teint lentement et longuement sous les crachats et les pierres lanc&#233;es par Arthur Rimbaud et la pi&#232;ce soudain dans l'invisibilit&#233; de la nuit et du froid, une main se pose sur mon &#233;paule comme pour me dire, viens maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[ phrases ] #4 &#8212; r&#234;ves de souillure</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/phrases/article/phrases-4-reves-de-souillure</link>
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		<dc:date>2011-10-20T17:31:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_cri</dc:subject>
		<dc:subject>_r&#234;ves et terreurs</dc:subject>
		<dc:subject>_peurs</dc:subject>
		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>_spectres et fant&#244;mes</dc:subject>
		<dc:subject>_courir</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Blancheur du monde dans laquelle personne ne pourrait se cacher, monde plus blanc encore que l'id&#233;e m&#234;me de blanc, le sol, le plafond, les murs, mais des murs qui n'entourent rien, pas des murs donc, simplement une surface mate de choses et de vie qui ne repr&#233;sente rien, c'est cela, oui, toute une mati&#232;re immobile o&#249; rien ne pourrait &#234;tre repr&#233;sent&#233; sans souiller tout, et tu entres ici, et ton ombre se r&#233;pand et couvre peu &#224; peu l'espace de tes pas, de ta respiration, puis de ton ombre qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Blancheur du monde dans laquelle personne ne pourrait se cacher, monde plus blanc encore que l'id&#233;e m&#234;me de blanc, le sol, le plafond, les murs, mais des murs qui n'entourent rien, pas des murs donc, simplement une surface mate de choses et de vie qui ne repr&#233;sente rien, c'est cela, oui, toute une mati&#232;re immobile o&#249; rien ne pourrait &#234;tre repr&#233;sent&#233; sans souiller tout, et tu entres ici, et ton ombre se r&#233;pand et couvre peu &#224; peu l'espace de tes pas, de ta respiration, puis de ton ombre qui s'efface sous elle-m&#234;me et c'est un immense puits de noirceur qui &#233;mane de toi et aveugle plus que le blanc, alors la derni&#232;re chose que tu entends avant de ne plus rien voir du tout, c'est un cri qui sort de ta bouche et projette le monde dans l'invisibilit&#233; d&#233;finitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, ce sont des all&#233;es comme on en trouve dans nos cimeti&#232;res ou nos jardins, mais je ne fais plus la diff&#233;rence depuis, enfin cela compte peu en regard du bruit que font mes pas dans l'herbe haute jusqu'au mollet, alors je presse le pas parce que le bruit me chasse, persuad&#233; d'&#234;tre suivi, je passe entre les dalles grav&#233;es, je tourne et plus le bruit me suit, plus j'acc&#233;l&#232;re et plus le bruit de mes pas dans les herbes se fait plus fort ; je ne vois pas le rapport entre la vitesse et le bruit, et le bruit me cerne, fait le tour de moi, me devance bient&#244;t et l'herbe monte jusqu'au sexe, le ventre, le torse, la gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sensation de chute dans le corps de l'autre qui demeure sans visage, un simple corps b&#233;ant o&#249; je me perds comme on descend les escaliers d'une cave, jusqu'&#224; ce que sa voix m'interroge et me demande o&#249; je vais. &lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[ phrases ] #3 &#8212; r&#234;ves de cendre</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/phrases/article/phrases-3-reves-de-cendre</link>
		<guid isPermaLink="true">http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/phrases/article/phrases-3-reves-de-cendre</guid>
		<dc:date>2011-10-08T16:59:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_r&#234;ves et terreurs</dc:subject>
		<dc:subject>_correspondances</dc:subject>
		<dc:subject>_hasard objectif</dc:subject>
		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>_routes &amp; chemins</dc:subject>
		<dc:subject>_spectres et fant&#244;mes</dc:subject>
		<dc:subject>_cheveux</dc:subject>
		<dc:subject>_aura &amp; ailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; chaque carte retourn&#233;e : toujours l'envers &#8212; le tarot ne ment pas, surtout quand il est divinatoire ; je suis seul dans ma chambre &#8211; je ne la connais pas, ne l'ai jamais vue, s&#251;r cependant que c'est la mienne : il n'y a aucune photo, ni fen&#234;tre, ni bureau, un seul lit minuscule, et une lumi&#232;re qui vient du plafond haut : oui, c'est bien ma chambre &#8211;, et je tire les cartes, je sais la question que je leur pose (mais je l'ai oubli&#233;e au r&#233;veil), et les quatre cartes sont pos&#233;es devant moi, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque carte retourn&#233;e : toujours l'envers &#8212; le tarot ne ment pas, surtout quand il est divinatoire ; je suis seul dans ma chambre &#8211; je ne la connais pas, ne l'ai jamais vue, s&#251;r cependant que c'est la mienne : il n'y a aucune photo, ni fen&#234;tre, ni bureau, un seul lit minuscule, et une lumi&#232;re qui vient du plafond haut : oui, c'est bien ma chambre &#8211;, et je tire les cartes, je sais la question que je leur pose (mais je l'ai oubli&#233;e au r&#233;veil), et les quatre cartes sont pos&#233;es devant moi, face contre terre, j'attends un peu, me pr&#233;pare &#224; l'accueil que je ferai en moi de leur r&#233;ponse, creuse int&#233;rieurement le trou o&#249; la loger, je les retourne, mais elles me montrent de nouveau leur envers, les motifs semblables &#224; chaque carte : toujours face, jamais pile, la carte ne r&#233;v&#232;le rien d'autre que la but&#233;e de la question aujourd'hui (quelle est-elle), alors, d'un geste las et sans autre solution, je d&#233;cide de dessiner de m&#233;moire les visages des cartes sur leur envers, et peu &#224; peu, je leur invente des figures, des signes, des destins, des arcanes minuscules propres &#224; mes vies imaginaires, irr&#233;solues.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Frappe de toute mes forces &#224; la porte de cette maison haute o&#249; l'on m'a men&#233;, sans question, sans explication, ce go&#251;t de cendre dans la bouche, porte au pas de laquelle on m'a laiss&#233;e : entendre que de l'autre c&#244;t&#233; de la porte, quelqu'un se tient, sa respiration lente, et le geste de la main qui va se poser sur le poignet, mais quand la porte s'ouvre, je suis loin d&#233;j&#224;, je crois.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Partout, du paysage qui d&#233;file &#224; droite, &#224; gauche, partout des arbres, entre les arbres, d'autres arbres, et tout au bout, qui m'appelle, un arbre seul dont on ne voit pas le feuillage, qui tombe.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[ phrases ] #2 &#8212; r&#234;ves de boue</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/phrases/article/phrases-2-reves-de-boue</link>
		<guid isPermaLink="true">http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/phrases/article/phrases-2-reves-de-boue</guid>
		<dc:date>2011-10-04T19:35:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_r&#234;ves et terreurs</dc:subject>
		<dc:subject>_visages</dc:subject>
		<dc:subject>_phrases</dc:subject>
		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>_spectres et fant&#244;mes</dc:subject>
		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>
		<dc:subject>_soif</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Seul, dans l'agitation historique&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vies-des-morts" rel="tag"&gt;_vies des morts&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_soif" rel="tag"&gt;_soif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton730.png?1317757268' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff730.png?1317757274&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin, quand l'on a faim et soif, quelqu'un qui vous chasse.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;Seul, dans l'agitation historique et le bruissement des langues que prennent parfois les murmures &#233;chang&#233;es par les foules quand elles attendent du pain, une t&#234;te, une femme, une corde, ou que la corde l&#226;che, mais que faire du corps nu, un pendu sacrifi&#233; pour rien, j'avance, seul j'avance &#224; travers des visages qui sont tous diff&#233;rents et dont je ne vois d'abord que la diff&#233;rence spectaculaire qu'ils m'opposent comme une preuve suffisante de leur existence, mais personne ne me voit, je fraie entre eux comme un torrent qui vient se perdre dans les herbes sauvages et qui jamais, il le sait, ne saura rejoindre un fleuve plus large, sauf &#224; passer sous la terre et laisser faire les voies souterraines, je n'ai pas la force de regarder derri&#232;re moi ce que la foule observe avec la lubricit&#233; des innocents qui se savent coupables, un &#233;chafaud peut-&#234;tre, un b&#251;cher, il fait si chaud, et la soif partout, la place s'&#233;tend &#224; mesure que je m'&#233;chappe, de sorte que je ne m'&#233;chapperai jamais, un silence alors et les visages soudain tourn&#233;s vers moi.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et la soif malsaine / Obscurcit mes veines.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;De la terre, c'est-&#224;-dire de la boue, se l&#232;ve lentement une silhouette vague, sans vraiment de contours, mais comme je lui attribue l'usage d'un corps, elle continue de se dresser lentement vers moi, avec toute sa tendresse de boue, elle s'approche davantage comme je la regarde, dense et d&#233;sirable, offre comme un visage sans trait dans lequel je plonge ma main, la retire apres un moment d'absolue terreur, toute ruisselante d'eau sal&#233;e que je r&#233;pands ensuite du geste qu'on a pr&#232;s des sources dans la chaleur pour s'aperger d'un mouvement le visage d'eau fraiche, et &#224; mesure que cette eau redescend vers mes l&#232;vres, lourdes comme du sang, je vois le visage se former, encore plus lentement, le plus lentement du monde, aussi lentement que l'eau &#233;paisse et sal&#233;e descend sur mon visage, je crois le reconnaitre, je vais le reconnaitre et quand une goutte touche mes l&#232;vres, la boue retombe dans la terre et c'est sous le ciel noir un grand champ apr&#232;s les labours dans lequel je plonge et disparais enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Chansonnier, ta filleule / C'est ma soif si folle&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;Je reviens dans cette maison ancienne, habit&#233;e l&#224; par d'autres qui la consid&#232;rent comme leur appartenant, ils ne savent pas, les pauvres, et j'ai piti&#233; de leur ignorance, que j'ai v&#233;cu ici avant eux pour toujours, qu'en cela je les devance dans l'ordre des choses et des ans, comment leur en vouloir, ce n'est pas une maison, c'est l'internat, le couloir qui distribue des chambres &#224; droite avec vue sur le dehors, et &#224; gauche avec vue sur la cour int&#233;rieure &#8212; les deux premi&#232;res ann&#233;es, j'avais choisis les chambres de droite, mais la troisi&#232;me, une chambre &#224; gauche, je me demande quand je reviens dans ces lieux pour quelle signification secr&#232;te et ind&#233;niable, fatale &#8212;, c'est le soir et les chambres sont toutes occup&#233;es, je viens dans la salle des courriers r&#233;cup&#233;rer des lettres qui m'attendent depuis dix ans, je ne m'en &#233;tonne pas, les d&#233;pose dans la chambre ancienne, avec mes livres, et les dispositions des quelques meubles que je poss&#233;dais, puis je ressors, d&#233;cide de marcher dans les couloirs, m'&#233;tonne que tout ait pu &#234;tre refait &#224; neuf mais comme sur un mod&#232;le ancien, avec lambris de bois, chemin&#233;e de marbre, parquet qui craque, ancien donc et luxueux, je ne me souvenais pas que de tels couloirs s'enfon&#231;aient les unes dans les autres et enfin, je d&#233;bouche sur le grand escalier, celui qui descend vers les salles de cours, c'est le soir, l'agitation feutr&#233;e des couchers, les &#233;tudiants s&#233;rieux qui sont encore pench&#233;s sur les livres, on les entend aussi, dans leur silence de travail, et les jeunes couples qui se d&#233;chirent, dans les endroits vides et laiss&#233;s pour eux, et pour cela, je descends une &#224; une les marches, je sens dans ma poche la cl&#233; de ma chambre, je voudrais la voir une derni&#232;re, puis, sans raison, je la lance &#224; travers une fen&#234;tre qui en se brisant fait tout dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[ phrases ] #1 &#8212; r&#234;ves de fuite</title>
		<link>http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/phrases/article/phrases-1-reves-de-fuite</link>
		<guid isPermaLink="true">http://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/phrases/article/phrases-1-reves-de-fuite</guid>
		<dc:date>2011-09-26T17:20:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_r&#234;ves et terreurs</dc:subject>
		<dc:subject>_nuit</dc:subject>
		<dc:subject>_d&#233;sir demeur&#233; d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>_peurs</dc:subject>
		<dc:subject>_murs</dc:subject>
		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>_vies des morts</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Lorsqu'il ouvrit les yeux sur le jour suivant&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Phrases qui viennent, avec ces images et ces impressions tenaces, dans l'&#233;tat de veille qui suit le r&#233;veil, cet &#233;tat qui n'appartient pas au matin &#8212; je noterai ces phrases, avec leurs images, dans leur rythme propre qui n'est pas celui de mon &#233;criture ou ma respiration, comme pour en finir avec elle et continuer le jour, comme si j'en gu&#233;rissais mal. Jamais pens&#233; les consigner ici jusqu'&#224; une lecture r&#233;cente, qui d&#233;visage. S'en tenir &#224; &lt;i&gt;une&lt;/i&gt; phrase, puisque c'est ainsi que le r&#234;ve passe, dans une syntaxe &#224; mes yeux incompr&#233;hensible, et que je recueille, retranscris, &#224; laquelle j'assiste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il ouvrit les yeux sur le jour suivant, il ne reconnut du d&#233;sordre emm&#234;l&#233; qui l'avait couch&#233;, le ventre contre le sol de sa chambre, ou de la noirceur &#233;tale de la nuit pass&#233;e, qu'une blancheur cass&#233;e d'aube d&#233;j&#224; largement entam&#233;e et un go&#251;t mort dans la bouche, d'alcool &#233;pais, de col&#232;re sans objet, de tristesse plus grande que la pi&#232;ce, d'inconsolable instinct de vie qui le faisait sanglotter comme un fils apeur&#233; &#233;veill&#233; soudain dans sa chambre d'h&#244;pital, r&#234;vant encore le r&#234;ve terrifiant, aberrant, comme d'&#233;touffement lent dans la gorge, et toujours cette douleur dans le cr&#226;ne qui disait la nuit n'est pas encore achev&#233;e, elle grandit en moi qui l'accepte.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;C'est une maison ouverte, p&#226;le comme un visage, haute et froide rien qu'&#224; la voir, et ainsi que l'on pose la paume de la main sur elle, l'entendre vibrer au rythme sourd d'un coeur de chat d&#233;pe&#231;ant calmement son oiseau, cette maison dans laquelle entrer pour fuir dehors celui qui nous chasse, nous talonne en criant notre nom, tant&#244;t comme pour le r&#233;clamer, tant&#244;t pour le moquer, et empruntant la voix du d&#233;sir des femmes quand on passe devant elle sans argent le samedi apr&#232;s minuit, le regard pos&#233; sur le sol, mais le corps libre d'&#234;tre touch&#233;, et la voix parfois dit notre nom pour le simple bonheur de le d&#233;chirer, et le disant le disant le disant encore jusqu'&#224; faire rebondir les syllabes les unes contre les autres contre les murs de cette ville, et les disant encore un nombre de fois suffisant pour le tordre et dire en lui tout ce que mon nom ne dit pas, comme ma honte, ou mon visage secret quand il r&#233;fl&#233;chit au r&#234;ve qui le presse et le conduit jusque dans cette maison, plus profonde et plus chaude et plus inconnue que le corps de ses femmes qui pressent en leur main tout cet argent que je ne leur ai pas donn&#233; en &#233;change des nuits que moi je passerai dans cette maison, o&#249; j'avance en hurlant maintenant moi aussi mon nom comme pour conjurer l'echo de cette voix qui continue &#224; le crier dehors comme on frappe &#224; une porte, et moi cherchant de toutes les terminaisons nerveuses de mon corps l'interrupteur qui &#233;vanouira dans l'instant les contours noirs et terrifiants de ma propre peur partout r&#233;pandue ici, extravagante, invisible comme peut l'&#234;tre un mur quand on l'approche les yeux ferm&#233;s, les mains tendues dans le d&#233;sir de le toucher pour s'y tordre les poignets, pourvu qu'il n'y ait personne, je r&#233;p&#232;te cela comme un talisman et l'ombre autour de moi se dresse et va se jeter sur moi sous les coups r&#233;p&#233;t&#233;s de mon propre nom dehors.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Je sens l'orage venir je ne me presse pas au contraire je ralentis et la lenteur de mon pas soudain ralentit &#233;galement et l'orage et son imminence qui se retire en moi &#224; chaque pas d&#233;pos&#233; sur le sol comme on pousse d'une main lasse le corps nu qui vient se glisser jusqu'&#224; soi pour s'&#233;changer dans le noir la place qu'il occupe dans l'ordre du d&#233;sir, derri&#232;re moi la ville coule plus s&#251;rement que l'ombre agrandie des fa&#231;ades de pierre que je laisse main droite pour chercher un endroit pr&#232;s du fleuve o&#249; voir l'eau remonter son propre courant et se jeter dans sa source, dans le bruit de l'orage maintenant si loin qu'il semble &#234;tre pass&#233;, d'ailleurs, on voit de grandes flaques sur le sol, o&#249; des chiens viennent boire plus lentement, contre lesquels je me blottis en attendant qu'ils me d&#233;vorent.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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