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Du ciel, la terre

D’autres versions du monde

mercredi 22 juin 2022


À hauteur d’épaules du monde, on ne perçoit toujours que sa latéralité incertaine et trompeuse : l’horizon n’est toujours qu’une butée sur quoi toujours quelques corps font écran. Depuis l’avion au contraire, le monde nous apparaît dans une harmonie impitoyable : impression que les villes ont été tracées depuis les nuages, du point de vue du ciel, et les collines dessinent ainsi les parcelles impeccables et brutales disant parfaitement l’idéal du droit de propriété : la loi coupe au couteau le monde. Même le mouvement du fleuve semble obéir à un plan d’ensemble conçu depuis les astres et pour leur seule jouissance. Le ciel est l’œil du prince d’un spectacle qui ne pourra toujours que nous échapper.

Alors d’ici, emporté par le mouvement de l’avion, je prends quelques images : les nuages tremblent à leur façon, désinvoltes. Tout est si concret. Je peux compter les maisons et ne peux voir les êtres. Quand on revient, je vois tout Marseille ; les vagues tremblent. Ici on vit et meurt, on espère. Ici on ne croit plus au ciel et on se jette sur la terre pour qu’elles nous appartiennent. Ici, l’horizon se fracasse sur l’angle d’une rue.

Tandis que l’avion amorce son virage sur l’aile, on pourrait se croire à hauteur du soleil et imaginer encore que la ville est désirable.



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