Théâtre / Public | Comment pense le théâtre
3 mai 2015




Comment pense le théâtre ? Le dernier numéro de Théâtre / Public soulève la question autant qu’il tâche d’y répondre.

Sous la direction de Christophe Bident et de Christophe Triau, plusieurs articles s’y essaient : défense et illustration d’une pensée critique en prise avec les arts de la scène d’aujourd’hui.

Manière de répondre – mais on ne le savait pas alors – à l’insulte qu’a été le sujet du CAPES de lettres cette année (qui réduisait la pensée critique à des antichambres de l’intelligence, laquelle, obsédée par les conventions, serait incapables de voir autre chose que de la vraisemblance (sic – le XVIIe s. nous salue) et d’entendre du parlé-vrai (l’orthographe doit aussi être d’époque, reste à savoir laquelle).

Onze articles : on y parle de la politique de pur soleil de Marie-José Malis (Olivier Neveux), de Lacoue-Labarthe (Jérémie Majorel), de Derrida et de Decroux (Christophe Bident), des scènes de la perception (Christophe Triau), de Claude Régy (Chloé Larmet),de théâtre(s) brésilien(s) (José Da Costa), de la tâche à l’œuvre du spectateur à Avignon 2014 (Yannick Butel) – et j’y écris contre cette sommation du sens, unique et unifié, homogène et originaire, néolibéral et totalitaire, dont le théâtre nous délivre.

Modestement, ce numéro tente de répondre à cette impuissance qu’on nous renvoie sans cesse, par la joie d’élaborer ensemble et chacun une pensée sur le théâtre, en faisant le pari que le théâtre dégage une pensée, de la pensée – non pour la pensée seule, mais pour l’émancipation qu’elle engage, dans la résistance qu’elle offre, et les ouvertures qu’elle propose.


Scènes contemporaines : Comment pense le théâtre

Coordination Christophe Bident et Christophe Triau

Depuis les années 1970, « l’ère de la mise en scène » a pris un nouveau virage. De nombreuses esthétiques scéniques, rompant avec les fidélités à Stanislavski, à Meyerhold, à Brecht ou encore à Artaud, ont entrepris de créer de nouvelles images, de nouveaux effets, un rapport inédit au public, bref, de concevoir autrement, radicalement, la création d’un spectacle. Comment les interroger dans leur puissance de pensée esthétique ? Ouvrent-elles de nouveaux paradigmes ou plus simplement de nouvelles manières de penser ?

Dans ce numéro, il s’agit d’interroger le(s) théâtre(s) contemporain(s) comme production de pensée. Comment pense(nt)-il(s) les questions érotiques et politiques ainsi que les révolutions contemporaines de la présence, de l’image, de la présentation, de la représentation, de la performance ? Comment modifie(nt)-il(s) nos capacités de perception ?

Sommaire


— Christophe Bident et Christophe Triau – Avant-propos
— Yannick Butel – Les assis de la pensée. Mon « voisin » préfère le théâtre énergétique au rideau idéologique…
— Olivier Neveux – « Une politique de pur soleil ». Sur Hypérion, de Hölderlin, mis en scène par Marie-José Malis
— José Da Costa – Agencements politiques
— José Da Costa et Christiane Jatahy – Entretien : Une toile sur le quotidien
— Guillaume Pinçon – Le théâtre en dehors : (re)/(dé)penser le territoire
— Christophe Bident et Guy Cassiers – Entretien : Un travail en contrepoint
— Christophe Triau – « Inquiéter le voir ». Esthétiques et pensées scéniques de la perception
— Chloé Larmet – Le visage vocal
— Jérémie Majorel – Les « archi-théâtres » de Philippe Lacoue-Labarthe
— Christophe Bident – Un savoir aveugle. Derrida avec et sans Decroux, une lecture mimologique
— Arnaud Maïsetti – En délivrance du sens

Miscellanées


— Geneviève Brun – De l’« Intérieur ». Maurice Maeterlinck, mis en scène par Claude Régy
— Thibault Fayner – Les ateliers d’écriture théâtrale. Méthodes et exercices
— Olivier Neveux – Révolutions précaires. Essai sur l’avenir de l’émancipation, de Patrick Cingolani
— Jonas Hassen Khemiri – J’appelle mes frères (extrait de la pièce)
— Samuel Gallet – Théâtre public = teatro publico. Une expérience chilienne, 2013-2014


arnaud maïsetti - 3 mai 2015

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