La Ville écrite | rage dedans
Plein de gens dehors
20 décembre 2021



Dehors, les types dehors, ceux qui dorment dehors parce que c’est ici chez eux, le froid et la faim, là où ils vivent, passent la nuit mais non pas comme nous dedans, non jamais, nous d’un clin d’œil la nuit passe (même si parfois, elle sait se mettre en travers de la gorge), non, dehors, passent la nuit dehors ceux-là comme on passe un champ de mines, posant le pied sur ce qu’on ne voit pas et qui pourrait être, on ne sait pas, et je ne sais pas ce qu’est un champ de mines, j’imagine, dehors est inimaginable comme seule se dresse la peur peut-être quand il fait plus froid que le froid et qu’il gèle à même le corps et que les ombres là-bas se rapprochent, dehors, et que personne ne fait rien, ce qui s’appelle rien,

et dedans : la rage dedans, pas seulement prête à mordre, mais à hurler de rage jusqu’à faire tomber le monde de là où il est pour qu’il regarde ceux qui, à sa surface, de rage, hurlent au-dedans de lui,

et qu’il en réponde


arnaud maïsetti - 20 décembre 2021

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