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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>J&#233;r&#244;me Mauche | Sur-litt&#233;rature et r&#233;&#233;criture</title>
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		<dc:date>2007-12-11T16:36:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_J&#233;r&#244;me Mauche</dc:subject>
		<dc:subject>_lectures critiques</dc:subject>
		<dc:subject>_politiques &amp; commune</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Mauche, &lt;i&gt;La Loi des rendements d&#233;croissants&lt;/i&gt;, Seuil, coll. &#171; D&#233;placements &#187; &#8211; octobre 2007&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/lectures-livres-pieces-films/litteratures/" rel="directory"&gt;litt&#233;ratures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_jerome-mauche" rel="tag"&gt;_J&#233;r&#244;me Mauche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_lectures-critiques" rel="tag"&gt;_lectures critiques&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton85.jpg?1259674365' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;small&gt;Il y aurait d'un c&#244;t&#233; l'entreprise, les chiffres, l'ordre, et de l'autre c&#244;t&#233; les po&#232;tes, la litt&#233;rature, les raconteurs d'histoire. C'est l&#224; pourtant que J&#233;r&#244;me Mauche &#233;tablit son travail de langue. Une subversion douce, une mise &#224; nu qui s'amuse. Tout ce qui est cit&#233; ici et renvers&#233;, l'&#233;conomie politique, les notes de service, les micro-anecdotes du quotidien de l'entreprise, est ressaisi dans l'interrogation de la langue sur les choses, le monde, la vie des hommes. Les 201 fragments s'encha&#238;nent par ordre de taille croissante, comme un d&#233;fi. Placer tout cela joyeusement sur une table d'autopsie, la com', Internet, la s&#233;curit&#233; sociale et charger la barque, si po&#233;sie s'ensuit.&lt;center&gt;J&#233;r&#244;me Mauche, &lt;i&gt;La Loi des rendements d&#233;croissants&lt;/i&gt;, Seuil, &#034;D&#233;placements&#034;, 2007&lt;/center&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;small&gt;&#171; Au-del&#224; d'un certain seuil, l'efficacit&#233; productive diminue &#8211; et finalement en toute chose. &#187;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;nonce ainsi s&#232;chement, avec l'&#233;vidence implacable d'un trait&#233; d'&#233;conomie, la loi des rendements d&#233;croissants formul&#233;e par Turgot, reprise surtout par Ricardo (&#171; en accordant (...) que, dans l'&#233;tat de la bonne culture ordinaire, les avances rapportent 250%, il est plus que probable qu'en augmentant par degr&#233; les avances, (...) chaque augmentation serait de moins en moins fructueuse. &#187;), puis d'autres &#8211; aujourd'hui : simplicit&#233;, clart&#233;, violence de cette loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e : plus on produit, moins on va produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un certain stade, la production d&#233;borde le niveau o&#249; elle peut &#234;tre absorb&#233;e, et s'effondre. Juridiction du trop plein, prospection du bient&#244;t trop peu. R&#233;gulation interne qui organise les offres, les demandes, le reste aussi. Et le reste surtout, peut-&#234;tre. Au-del&#224; d'un certain seuil.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre id&#233;e, alors : &#233;crire selon cette loi m&#234;me : faire de cette loi d'&#233;conomie agricole, celle qui organisera le livre. Suivre la courbe des rendements d&#233;croissants par paragraphes croissants ; parler la langue que le monde nous fait parler &#8211; et voir ce que &#231;a fait sur la langue, ce que &#231;a produit de plus (de moins) sur le monde. Chercher le niveau du seuil o&#249; &#231;a bascule. Laisser le monde basculer avec la langue &#8211; et le reste. Surtout, la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce seuil, peut-&#234;tre depuis longtemps d&#233;pass&#233; sans qu'on le sache, comment le nommer sans &#234;tre pris dans sa logique foudroyante de production de plus, de mots de plus qui s'annulent sous le coup de la loi ? Comment le nommer hors lui-m&#234;me, hors sa propre loi &#233;rig&#233;e en dogme de langage duquel seul le langage pourra s'affranchir, parce que prise &#224; l'int&#233;rieur de la loi qu'elle d&#233;signera, elle en montrera les rouages, les trajets, les facilit&#233;s emprunt&#233;es par le monde pour accro&#238;tre ses rendements, se pr&#233;cipiter vers un ab&#238;me de plus.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;small&gt;
&#171; A cet endroit, de ce qui nous environne, nous entoure, nous d&#233;truit, qu'en retour nous d&#233;truisons, mais probablement nous aime, ne nous en aime que plus encore, nous entretient &#187;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;C'est sur le mod&#232;le de Picabia, qui composa des nues en recopiant pr&#233;cis&#233;ment (et sans rien y ajouter ou presque) les images &#233;rotiques qu'il trouvait dans des magazines vulgairement explicites, que le livre de J&#233;r&#244;me Mauche se d&#233;ploie en 202 fragments de taille croissante, copi&#233;-coll&#233; de la phras&#233;ologie abjecte d'un temps r&#233;duit &#224; sa syntaxe n&#233;o-lib&#233;ral, ses narco-concepts, ses lex&#232;mes qui font de la communication, une science politique de plus, de moins.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;small&gt;
&#171; Par des moyens scripturaux, rendre suspects le vocabulaire, la chose d&#233;sign&#233;e, le geste de la d&#233;signation.
&lt;br/&gt;S'autoriser de peu de touches le proc&#233;d&#233;.
&lt;br/&gt;(&#8230;) Moins le pr&#233;l&#232;vement, que le prolongement.
&lt;br/&gt;Ecrire &#224; partir de ce qui est &#233;crit d&#233;j&#224;. &#187;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Ecrire comme plonger dans la nasse de ces phrases qui font du partage, un simple lien social de plus (de moins), plonger dans le langage que le monde prononce &#224; la t&#233;l&#233;vision (et qu'est-ce le monde, selon lui-m&#234;me, en dehors de ce qu'il dit &#224; travers tel medium de verre, de plastique), et dans ce langage l&#224;, qui dit mesure du temps &#224; l'&#233;chelle des disponibilit&#233;s neuronales &#8211; qui crache mesure de l'espace en terre comme parcelles de part de march&#233; &#224; conqu&#233;rir (&#171; tant que les po&#232;tes ne les ont pas chant&#233;s, les conqu&#233;rants ne sont que des soldats vainqueurs &#187; ; Malraux), oui, dans ce langage l&#224;, entrer, p&#233;n&#233;trer les fausset&#233;s, parcourir l'artificiel d'une langue r&#233;duite &#224; un audit, langue d'audit, langue qui serait le r&#233;f&#233;rent premier du rapport au monde &#8211; o&#249; ce n'est plus les mots qui sont coup&#233;s des choses, mais o&#249; le mot remplace la chose v&#233;cue par de la chose produite en s&#233;rie sur plateformes automatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essai d'&#171; insubordination &#224; un id&#233;al exclusif &#187; &#8211; &#171; mutinerie organis&#233;e &#224; bord &#187; ; car on ne d&#233;tourne un avion qu'&#224; la condition d'y monter.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;small&gt;
&#171; La sur-litt&#233;rature ne sera pas le contraire de ce qui s'&#233;crit, mais s'&#233;crira tout contre. &#187;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;small&gt;
&#171; Ecrire &#224; partir de ce qui est &#233;crit d&#233;j&#224;.
&lt;br/&gt;Ne serait-ce que pour constater que ce n'&#233;tait pas cela qui &#233;tait &#233;crit en fait. &#187;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Mais autre chose ; autre chose de plus sourd, de plus latent, de plus bavard encore, de plus puissamment vain : violence faites &#224; ce qu'on vit. Dans la rue, les bureaux align&#233;s le long des trottoirs vomissent leurs certitudes, calibrent les pens&#233;es aux normes d'un cahier des charges o&#249; les cat&#233;gories socio-professionnelles ont remplac&#233; les classes, et o&#249; les luttes sont rang&#233;es dans les tiroirs &#224; fiction pour prime-time essouffl&#233;s, disponibilit&#233; du temps de cerveau toujours, on en revient toujours, peut-&#234;tre &#224; cette loi des lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre qu'on dirait subversif &#8211; s'il n'&#233;tait si violent dans ce d&#233;tachement feint, s'il n'&#233;tait si &#226;pre et si (finalement) beau dans ce d&#233;tournement des &#233;vidences qui nous apparaissent d&#232;s lors d&#233;masqu&#233;es. Un livre qu'on dirait dr&#244;le &#8211; si l'humour n'&#233;tait pas celui du fou, le bouffon de Lear qui ose r&#233;pondre &#224; la question du monarque :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;small&gt;
&#65532; &#171; Who is that can tell me who I am ? &#187; &#65532; &lt;br/&gt;&#171; Lear's shadow &#187; (acte I, sc. V)&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Ombre du monde port&#233;e sur 202 fragments, ombre qui d&#233;calque avec sa pr&#233;cision les phrases de l'id&#233;ologie de la fin des id&#233;ologies (et en cela l'ultime, le plus parfaitement r&#233;alis&#233; des syst&#232;mes), ombre qui porte au devant de lui, un autre monde possible. &#171; Entre savoir et ignorance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas savoir, ne pas ignorer non plus. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; d'un certain seuil, la virtuosit&#233; verbale du livre s'affirme pour ce qu'elle est &#8211; discours critique, c'est-&#224;-dire politique, c'est-&#224;-dire po&#233;tique (et qu'on ne parle pas de po&#232;me comme alibi, comme ailleurs, mais bien comme arme) : au-del&#224; d'un certain seuil, &#233;vidence que ce que nous lisons, ce n'est plus la syntaxe d'une techno-cit&#233; qu'on singe, ce n'est plus la langue d'un monde de masques qu'on d&#233;nonce, c'est soudain, &#224; travers ce transfert d'un langage &#224; un autre langage, &#224; un langage autre qui prend le monde dans son envers, la condition d'une certaine survie qui nomme le livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nommer, c'est faire exister les choses, on le sait bien ; on sait aussi que ceux qui ont charge d'&#226;mes, qu'on les appelle Eglise ou Pouvoir ou Mass Media, ont traditionnellement force de nomination : force de loi. C'est le pouvoir qui dit l'histoire, qui nomme chaque chose &#224; son image, et ayant nomm&#233; chaque chose, il vit que cela &#233;tait bon. Parvenu &#224; un certain seuil, la litt&#233;rature est ce territoire o&#249; la langue se r&#233;approprie ses mots. Est aussi cette seule possibilit&#233;, cette derni&#232;re peut-&#234;tre, o&#249; le temps n'est plus une donn&#233;e comptable, mais un espace donn&#233; &#224; la vie pour rendre &#233;paisseurs aux choses, forces de vie aux mots ; instance de survie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;small&gt;&#171; La loi des rendements d&#233;croissants dont sciemment on ignorera les effets, sans aucun doute perspicaces, d&#233;sertifie devant elle &#224; mesure &#224; tour de bras que ces m&#234;mes champs arables extensibles infiniment sans cesse s'exploitent quasi tout seuls de par l'&#233;nonc&#233; sit&#244;t dit de cette simple r&#232;gle, probablement tr&#232;s idiote. On se doute que machinant &#224; ce rythme sa finalit&#233; n'est plus que d'avaliser, flirter, combattre &#224; la marge ce fameux seuil atteint, sorte de twilight zone par del&#224; laquelle l'efficacit&#233; productive aussit&#244;t enclench&#233;e dramatiquement diminue &#8211; et en toute chose. (&#8230;) Admirable donc exp&#233;rience de la dur&#233;e temporelle de la vie humaine &#8211; car c'est elle qu'on s'appr&#234;te &#224; d&#233;vorer ou cuisiner &#224; sa guise &#224; belles dents &#8211;, &#224; relativiser n&#233;anmoins au vu des scores plus impressionnants que r&#233;alise en effet le moindre sachet plastique dont, c'est promis, les restants biod&#233;gradables compris orneront plusieurs mill&#233;naires &#224; venir, quand nos os et reliefs sous terre ou cram&#233;s si peu nous survivront. &#187;&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
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