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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>Annie Rioux | Habiter un monde &#233;tranger</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Annie Rioux</dc:subject>
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		<dc:subject>_Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Annie Rioux, &lt;i&gt;Filles du Calvaire&lt;/i&gt;, publie.net &#8211; ao&#251;t 2011&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_paris" rel="tag"&gt;_Paris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton701.png?1314523719' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publication aujourd'hui du livre &lt;i&gt;Filles du Calvaire&lt;/i&gt;, de Annie Rioux, sur publie.net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des livres comme celui-ci sont rares, qui se confronte si directement &#224; ce qu'il faut bien nommer la vie. Et comment l'&#233;criture peut en rendre gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annie Rioux a multipli&#233; les blogs, les &#233;critures, les exp&#233;riences et les voyages ces deux derni&#232;res ann&#233;es, avant silence : je l'ai lu alors de nouveau depuis ce silence, et comme il vient se briser avec force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce court texte ci-dessous, &#233;crit en cours de relecture (ce livre appelle, puissamment, &#224; des relectures, et &#224; son &#233;criture), Annie a bien voulu l'ins&#233;rer en pr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t que ces prochains jours, c'est la rentr&#233;e litt&#233;raire. S&#251;r d'une chose : de ne pas trouver dans tous les livres pos&#233;s en tas sur les tables, ce qui se dit l&#224;, dans ce livre pr&#233;cis&#233;ment, peut-&#234;tre &#233;crit face &#224; tous ces autres livres, face &#224; la ville, &#224; la chair vive de soi et de son d&#233;sir, et qui l'emporte sur tout.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;a href=&#034;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504837/filles-du-calvaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8212; Annie Rioux, &lt;i&gt;Filles du calvaire&lt;/i&gt;, &#233;d. Publie.net &lt;br/&gt;(collection &lt;i&gt;D&#233;centrements&lt;/i&gt; dirig&#233;e par Mahigan Lepage)&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le roman sera toujours pour moi une forme d'&#233;criture emp&#234;ch&#233;e. L'adresse &#224; l'autre dans un contact direct est impossible dans la fiction. Mais rien de tout cela n'est incompatible avec l'invention, ce pour quoi, au fond, on &#233;crit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quand il faut &#233;crire contre toutes les formes fig&#233;es, fabriqu&#233;es par d'autres, pour d'autres temps et d'autres mondes, tous morts aujourd'hui, ce qu'on retrouve alors est toujours une &#233;preuve plus essentielle et directe, qui est le geste d'&#233;crire &#224; m&#234;me la vie, celle qu'on pourrait inventer pour mieux l'&#233;prouver en retour. Ainsi le livre d'Annie Rioux, tout tiss&#233; de ces mouvements d'&#233;carts et de refus, et de volont&#233; librement consentie &#224; sa pente naturelle : la vie telle qu'elle s'&#233;prouve, not&#233;e &#224; la vol&#233;e. C'est cette infime tension (la blessure ouverte) entre la vie et sa reformulation &#233;crite : ainsi ce passage de l'adresse &#224; l'&#233;crit, et du tu qui va rejoindre ce on, par un je qui s'&#233;crit, et s'invente, se cherche des espaces de contact pour se nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filles du calvaire est un texte double, dans son exposition : deux parties, dont la premi&#232;re serait le journal d'un s&#233;jour &#224; Paris &#8211; et la seconde (&#171; Amplifications &#187;), des textes &#233;crits en marge de ce journal. Mais quelle marge ? Ce qui travaille ce texte, justement, c'est l'impossibilit&#233; de penser l'&#233;criture comme seconde : seconde &#224; quoi ? &#192; autre chose qu'elle-m&#234;me, &#224; la vie ? Non : primaut&#233; de tout &#224; la fois, et la vie et l'&#233;criture brass&#233;e &#224; plein corps. Car l'&#233;criture est toujours ici le lieu o&#249; la vie se dit, et la vie, le moment appel&#233; par l'&#233;criture : pas de journal pour le journal de la vie elle-m&#234;me. Mais l&#224; o&#249; on va puiser, c'est &#224; l'exp&#233;rience la plus nue : sans artifice, sans &#233;chafaudage de fiction. Alors, en recherchant cette imm&#233;diatet&#233;, c'est naturellement que l'&#233;criture trouve dans l'adresse son mouvement propre. Et nulle exclusion cependant dans cette forme : si le texte s'adresse &#224; quelqu'un, on le devine, c'est aussi &#224; une part de nous d&#233;visag&#233;, mise &#224; nu. &#171; Tout n'est qu'une question de deuil, puisqu'il s'agit de langage. Tu as, toi aussi, nombre de fant&#244;mes sous la main. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, c'est l&#224; qu'Annie Rioux, de Montr&#233;al, est venue s'installer un temps, travailler, &#233;tudier : le voyage modifie toute perception du monde ; en retour, c'est le texte qui notera le mouvement &#8211; on ne fait pas de voyage, ce sont les voyages qui nous font, &#233;crivait Nicolas Bouvier. Quel autre usage du monde d&#232;s lors que celui de l'&#233;criture ? Elle note : &#171; Le d&#233;sir d'&#233;criture de soi se fait plus insistant &#224; l'&#233;tranger. &#187; Alors, le journal est recueil, pr&#233;cipices intimes : et puisqu'il est aussi, pour une large part, lettre secr&#232;te, mais ouverte, le r&#233;cit fragmentaire des douleurs, les s&#233;parations, les d&#233;chirures entre les corps &#8211; il sera aussi m&#233;moire du corps. &#201;criture qui cherche toujours en intensit&#233; sa part charnelle dans ce qu'elle &#233;prouve : o&#249; le corps est l'instrument de mesure et le r&#233;ceptacle, &#171; le capteur sismique &#187; et le trait ondulant &#224; la surface de la page, &#224; la fois le geste et sa destination, et finalement le mot qui servira &#224; nommer et signer le texte en sa totalit&#233; : &#171; Carnet de voyage ou Journal, quelle diff&#233;rence entre les deux puisque le corps est le m&#234;me ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans la douleur d'habiter un monde &#233;tranger, se joue celle d'habiter sa propre &#233;tranget&#233;, celle qu'on porte en plus, avec l'&#233;tranget&#233; de l'autre &#8211; l'impossibilit&#233; d'habiter quelque part, de se trouver &#224; demeure. On pense au recueil de Ren&#233; Char, Seuls demeurent : ce mouvement de d&#233;part recommenc&#233; ; ou au dialogue entre Derrida et Blanchot : Demeure. Mais c'est moins une r&#233;flexion sur telle question, qu'une incessante formulation de cette question &#8211; sa fragilit&#233;, aussi : ce journal est aussi celui d'une rupture, tenue &#224; distance par une pudeur extr&#234;me. Les demeures qu'on invoque, comment les habiter seuls, et comment les partager, si on ne peut soi-m&#234;me pas les habiter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc un texte double aussi, dans sa profondeur : le r&#233;cit de sa propre &#233;criture, et ce que ce r&#233;cit raconte de la vie qui l'a &#233;prouv&#233;. Mais rien de th&#233;orique, au contraire. C'est parce que les deux pans, de la vie et de l'&#233;criture, sans saisie d'un m&#234;me tenant, dans la m&#234;me violence, pr&#233;cise, que le texte porte en lui sa n&#233;cessit&#233; profonde, r&#233;cursive. Dans le journal, notations s&#232;ches parfois, rapides, aussi vives que le mouvement de poignet qui va l'inscrire pour ne pas (ou pour mieux) l'oublier : et comme il devient m&#233;moire, rappel pour soi de citations, des phrases de Duras, Pizarnik, Kafka (toujours Kafka) &#8211; &#233;crivains des fronti&#232;res de la fiction, o&#249; la fiction, c'est le corps lui-m&#234;me de celui qui l'&#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, finalement, cette deuxi&#232;me partie : ces ultimes &#171; Amplifications &#187; &#8211; sorte d'envers du journal, ou ses reformulations successives dans l'&#233;l&#233;ment m&#234;me de l'&#233;criture : fragments de prose pure, br&#232;ves visions, beaut&#233;s brutales, lumineuses : &#171; des gestes m&#233;taphores &#187;, illuminations, r&#233;cits de r&#234;ve, &#233;vidences d'images juxtapos&#233;s dans les secousses. Alors, on pressent combien le journal a permis l'&#233;criture de ces fragments ; on devine aussi combien l'origine peut-&#234;tre renvers&#233;e : l&#224; o&#249; la finalit&#233; de la vie posait l'&#233;criture, l'&#233;criture ne cesse de tendre en retour &#224; la vie qui l'a produite. L'adresse se multiple. Et qu'on relise le texte, &#224; son d&#233;but, on le verra s'&#233;crire de nouveau, ne pas cesser de poser sa n&#233;cessit&#233; comme mode de lecture aussi &#8211; se poursuivre, et habiter son mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Expliquer avec des mots de ce monde / qu'un bateau est parti de moi en m'emportant, &#233;crivait Alejandra Pizarnik. L'entreprise ne m&#232;ne pas &#224; une meilleure compr&#233;hension ; &#231;a m&#232;ne &#224; l'abandon. Qu'il me soit permis dans ses pages de trahir mes secrets, d'exposer une vie, de nous donner le temps de s'inventer mourir, de se donner une langue, &#224; tra&#238;ner dans la boue, le temps qu'on prendrait pour creuser un tunnel sous la maison, laisser aller les entit&#233;s cannibales, que de mani&#232;re masochiste je ressuscite, en forme de revenances. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>le cri | Annie Rioux</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Annie Rioux</dc:subject>
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		<dc:subject>_r&#234;ves et terreurs</dc:subject>
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		<dc:subject>_vases communicants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il m'arrive souvent de tomber en r&#234;ve, quand pourtant je marche. C'est au lever du jour, alors que les carnets se r&#233;p&#232;tent et se chargent de l'exc&#233;dent du monde. Dans l'immolation, ce qui ne se dit pas. Le silence court, je note, l'intimit&#233; des choses qui est la mort, ce que dit Bataille - des faces battues dans les d&#233;dales du m&#233;tro, le bruit des bracelets d'une femme en sursis, et l'homme mordu par l'insomnie, qui fixe l'arrondi de ma chaussure avant la marche. &#192; descendre. &#192; la remont&#233;e on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il m'arrive souvent de tomber en r&#234;ve, quand pourtant je marche. C'est au lever du jour, alors que les carnets se r&#233;p&#232;tent et se chargent de l'exc&#233;dent du monde. Dans l'immolation, ce qui ne se dit pas. Le silence court, je note, l'intimit&#233; des choses qui est la mort, ce que dit Bataille - des faces battues dans les d&#233;dales du m&#233;tro, le bruit des bracelets d'une femme en sursis, et l'homme mordu par l'insomnie, qui fixe l'arrondi de ma chaussure avant la marche. &#192; descendre. &#192; la remont&#233;e on se choque, se cogne nerveusement dans l'escalator, on r&#234;ve encore. Peut-&#234;tre aussi qu'on meurt. On s'immole, on &#233;crit le livre des corps par l'&#233;rosion, sans savoir, m&#234;me, ce qu'&#233;crire veut dire. On occupe les lieux, moi je cherche &#224; cerner ma propre occupation, le dos contre une porte de m&#233;tro un matin de deuil, tous les matins du monde. Comme d'habitude, on se prend la ville en pleine gueule, raide, souffre les gens blas&#233;s, d&#232;s la premi&#232;re heure, les regards froids et les respirations &#233;paisses. Je suis heureuse de &#231;a. De tout &#231;a. Le pr&#233;sent est bloqu&#233; pour quelques minutes, quelques heures durant il n'en tient qu'&#224; moi, d'abord que je r&#234;ve, je traque les signes du d&#233;sespoir, les d&#233;sirs muets dans le flot du monde en rade. Je note tout, la blessure qu'elle porte au poignet, je la prends, le d&#233;sert sur son front &#224; l'autre, je l'emporte et sa voix dedans, comme le cri silencieux d'Edvard Munch. Je ne suis personne, je suis tout l'exc&#233;dent du monde. On s'&#233;veille, tant&#244;t, d&#232;s que je me r&#233;veille bord&#233;e de ton infini squelette, de ta main sur ma gorge, qui serre tendrement. Je voudrais dire quelque chose, mais je tombe et ce grand cri du monde qui reste emprisonn&#233;. Avec toi je meurs en r&#234;ve toutes les nuits. Je ne me l&#232;ve pas, et pourtant, les carnets s'&#233;crivent et d&#233;bordent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Annie Rioux&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Sous l'incitation de J&#233;r&#244;me Denis (de Scriptopolis) et Fran&#231;ois Bon (de Tiers livre), le premier vendredi du mois est l'occasion de Vases communicants : id&#233;e d'&#233;crire chez un blog ami, non pas pour lui, mais dans l'espace qui lui est propre ; vases communicants. Autre mani&#232;re, comme l'&#233;crit Scriptopolis, d'&#233;tablir les liens qui ne soient pas seulement des directions pointant vers, mais de v&#233;ritables textes &#233;mergeant depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Vases communicants #4, Annie Rioux occupe l'espace ici, et ce jour, je suis chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autres vases communicants ce mois :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#65532;&lt;br/&gt; Pascale Petit (&#034;tor up&#034;) avec Anna de Sandre (&#034;biffures chroniques&#034;)
&lt;br/&gt; Nathana&#235;l Gobenceaux (&#034;les lignes du monde&#034;) avec Brigitte C&#233;l&#233;rier (&#034;paum&#233;e&#034;)
&lt;br/&gt; Fr&#233;d&#233;rique Martin (&#034;carnet&#034;) avec &#034;D&#233;sordonn&#233;e&#034; &#65532; &lt;br/&gt; Fran&#231;ois Bon (&#034;Tiers livre&#034;) avec Philippe Maurel (&#034;La Vie dangereuse) &#65532; &lt;br/&gt; Gilles (&#034;Lignes de vie&#034;) avec Christophe Sanchez (&#034;Fut-il ou versa t'il dans la facilit&#233; ?&#034;) &#65532; &lt;br/&gt; Anne Savelli (&#034;Fen&#234;tre open space) avec Martine Sonnet (&#034;L'employ&#233;e aux &#233;critures&#034;) &#65532; &lt;br/&gt; Michel Brosseau (&#034;&#224; chat perch&#233;&#034;) avec Mahigan Lepage (&#034;le dernier des Mahigan&#034;) &#65532; &lt;br/&gt; Dominique Boudou (&#034;C'&#233;tait demain&#034;) avec C&#233;cile Portier (&#034;Petite Racine) &#65532; &lt;br/&gt; J&#233;r&#244;me Denis (Scriptopolis) avec Baptiste Coulmont (&#034;Blog&#034;) &#65532;
&lt;br/&gt; &#201;lise Lamiscarre (&#034;M&#234;me si&#034;) avec Pierre M&#233;nard (&#034;Liminaire&#034;) &lt;br/&gt; Jean Yves Fick (&#034;Gammalphabets&#034;) avec Yzabel (&#034;Aedificavit&#034;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bob Dylan | Comme le vent ou la pluie</title>
		<link>https://arnaudmaisetti.net/spip/a-la-musique-folk-song-etc/article/bob-dylan-comme-le-vent-ou-la-pluie</link>
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		<dc:subject>_Annie Rioux</dc:subject>
		<dc:subject>_&#192; la musique</dc:subject>
		<dc:subject>_folies</dc:subject>
		<dc:subject>_Bob Dylan</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rock Me Mama&lt;/i&gt; | Bob Dylan&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/a-la-musique-folk-song-etc/" rel="directory"&gt;&#192; LA MUSIQUE | FOLK, SONG, ETC.&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_annie-rioux" rel="tag"&gt;_Annie Rioux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_a-la-musique" rel="tag"&gt;_&#192; la musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_folies" rel="tag"&gt;_folies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_bob-dylan" rel="tag"&gt;_Bob Dylan&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton135.jpg?1259918691' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;object type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; data=&#034; http://arnaudmaisetti.net/son/dewplayer.swf?mp3=http://arnaudmaisetti.net/son/rockmemama.mp3&amp;autoreplay=0&amp;showtime=1&amp;volume= 75&#034; height=&#034;20&#034; width=&#034;200&#034;&gt;&lt;param name=&#034;wmode&#034; value=&#034;transparent&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;
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&lt;p&gt;&lt;br/&gt;Bob Dylan, &#034;Rock Me Mama&#034;, (Outtake from Pat Garret &amp; The Kid, 1973)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'on tient, quand on a juste une lointaine m&#233;lodie &#233;rafl&#233;e sur la guitare, et la voix du type qui ne prend m&#234;me pas la peine de dire les mots, ou en tout cas de les dire &#224; quelqu'un d'autre que lui ; et plus on se penche, plus on tombe, on ne saisira rien d'autre que cela, une &#233;raflure de plus en plus marqu&#233;e sur la guitare, et de plus en plus forc&#233;e sur la voix qui finira par dire deux mots, quelques autres, qui ne fera que tourner autour d'un rythme jusqu'&#224; ce que le ryhtme prenne possession de la chanson &#8212; alors, les musiciens &#224; la suite, qui sont entra&#238;n&#233;s de force, appuient davantage le lointain, et ce qu'on tient, c'est cette suite de mots qui forment le rythme ; on ne sait plus qui est premier, du rythme ou des mots ; ne sait plus qui a produit l'autre, lequel proc&#232;de de l'autre. Et puis, au bout d'un moment, on l&#226;che la chanson au beau milieu, parce qu'on n'aurait pas su l'arr&#234;ter, on n'aurait su ni o&#249; ni quand l'arr&#234;ter, alors les musiciens la l&#226;chent, tout simplement, et c'est tout aussi bien. On ne saura pas non plus comment, ni o&#249;, ni quand la reprendre, alors on la laisse l&#224; o&#249; elle est, quelque part, dans le vent ou la pluie, dans un train bond&#233; qui file au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En entendant cette chanson (pas m&#234;me une chanson &#8212; pas retenue sur le disque finalement : et sans titre, &#034;Rock me mama&#034; faute de mieux), certains se sont mis &#224; la r&#234;ver un peu plus loin encore, jusque, dans leur folie, lui jeter dessus des mots comme un v&#234;tement pour couvrir la peau du type qui passe, nu, en dansant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rock me mama like the wind and the rain &lt;br/&gt;Rock me mama like a south-bound train&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(sur &lt;a href=&#034;http://36poses.org/2009/08/12/like-a-wagon-wheel/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;36 poses, le site d'Annie Rioux&lt;/a&gt; - la chanson reprises (et r&#233;&#233;crite ?) par Old Crow Medicine Show, plus de vingt ans apr&#232;s, en lui donnant un autre titre &#8212; &#034;Wagon Wheel&#034;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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