<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
	<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?id_mot=537&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
		<url>https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/banniere_site.jpg?1748268196</url>
		<link>https://www.arnaudmaisetti.net/spip/</link>
		<height>81</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Aubes | VII. (De quelle amertume)</title>
		<link>https://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/aubes/article/aubes-vii-de-quelle-amertume</link>
		<guid isPermaLink="true">https://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/aubes/article/aubes-vii-de-quelle-amertume</guid>
		<dc:date>2014-03-03T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Fiction</dc:subject>
		<dc:subject>_silence</dc:subject>
		<dc:subject>_ville</dc:subject>
		<dc:subject>_sans mesure</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;septi&#232;me chapitre&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/fictions-du-monde-recits/aubes/" rel="directory"&gt;Aubes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_fiction" rel="tag"&gt;_Fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_silence" rel="tag"&gt;_silence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ville" rel="tag"&gt;_ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_sans-mesure" rel="tag"&gt;_sans mesure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1359.jpg?1393455735' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1359.jpg?1393455742&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;Aubes&lt;/i&gt;. R&#233;cit commenc&#233; en 2006, mille fois abandonn&#233;, repris mille et une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir pr&#233;sentation &lt;a href=&#034;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique103&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;du projet ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici le deuxi&#232;me chapitre &#8212; o&#249; il est question du silence d'Anna dont je ne dirai rien puisqu'il appartient &#224; Victor.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;
&lt;big&gt;
VII.
&lt;p&gt;De quelle amertume&lt;/p&gt;
&lt;/big&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De quelle amertume muette t&#233;moignait son visage, je l'ignore aujourd'hui. Si on lui avait demand&#233; &#8212; mais qui aurait os&#233; ? &#8212; Anna n'aurait pas su o&#249; commencer, ni comment &#8212; et de toutes mani&#232;res les choses qu'elle avait vues ne m&#233;ritaient pas qu'on leur pr&#234;t&#226;t des mots qui laissent &#233;clater leur suffisance, st&#233;rile et vaine. Victor la regardait comme on regarde quelqu'un dormir, quand l'instant d'apr&#232;s n'existe pas. Sa peau &#233;tait diff&#233;rente d'avant la maladie, bien plus blanche, et plus froide &#8212; ses cheveux &#233;taient maintenant courts, la nuque fine d&#233;gag&#233;e presque, la raie &#224; gauche filante et pr&#233;cise dessinait la ligne de partage du visage, sa ligne de force puissante et silencieuse qui descendait jusqu'aux commissures des l&#232;vres, l'espace de leur jonction invisible &#8212; et ses l&#232;vres, c'est ce que Victor avait reconnu d'abord, nervures p&#226;les d&#233;pos&#233;es sur la blancheur du visage comme des blessures stri&#233;es de rides, et immobiles, tendues vers le point o&#249; elles s'ouvrent et se s&#233;parent, les l&#232;vres d'Anna portaient constamment l'imminence d'un sourire qui ne venait pas, comme d'un sourire en instance, mais gardant en lui, contre la neutralit&#233; froide des peintures, la prescience des paroles qui jamais ne se produisent dans le sourire : ses l&#232;vres bordaient ce sourire, l'envisageaient puis l'&#233;cartaient en une seconde d&#232;s le silence &#233;tabli. Le visage d'Anna creus&#233; n'en &#233;tait que plus blanc et plus puissant, davantage inexpressif qu'auparavant, mais non pas sans vie &#8212; au contraire, le vide apparaissait ici dans toute sa splendeur et dans toute sa souffrance, l'&#233;vidence de ce visage posait sur chaque chose, chaque &#234;tre qu'il effleurait d'un regard, sa profonde et inqui&#233;tante retenue : sur toute chose et sur tout &#234;tre s'&#233;tablissait ce regard. Victor reconnaissait ce visage parce que jadis il lui avait appartenu et parce que d&#233;sormais il faisait &#233;cho &#224; la longue douleur d'attendre ; mais pour tous les autres, la reconnaissance s'imposait sans faille, dans son &#233;tranget&#233; m&#234;me irr&#233;ductible aux canons ou aux ressemblances. Pour ceux qui savaient encore voir, son visage irriguait les consciences, abattait d'une fl&#232;che et pour toujours les d&#233;risoires efforts de l'oubli. Victor n'avait pas chang&#233;, il portait d'ailleurs le m&#234;me manteau long qu'&#224; l'&#233;poque o&#249; Berlin faisait descendre la fra&#238;cheur de l'air sous un seuil intol&#233;rable, et les cheveux toujours si noirs r&#233;pondaient comme autrefois et de la m&#234;me nuance &#224; ceux d'Anna. Sans se parler, ni se toucher, ils marchaient au milieu de l'indiff&#233;rence des gens, de la ville qui apparaissait sous leurs pas dans la lumi&#232;re de dimanche, lumi&#232;re droite et verticale maintenant que midi sonnait aux horloges ; la lumi&#232;re de ce midi faisait croire au retour de jours plus chauds, elle effondrait sur la ville ses lignes s&#232;ches qui soulevaient la poussi&#232;re &#8212; le vent n'existait plus ici, et dans leur marche muette Victor et Anna reconnaissaient une dette que le vent honorait au silence. L'oubli autour d'eux voltigeait et rien d'autre que le pr&#233;sent pesant de tout son interminable poids maintenait la distance. D'un geste Victor orienta la marche vers le quartier sale et vide &#224; cette heure de l'ancien port sur le fleuve, et en peu de temps, ils se retrouv&#232;rent sur le petite place o&#249; tout &#224; l'heure le hasard et la col&#232;re avaient men&#233; Victor : les portes de l'&#233;glise s'ouvraient sur le vide des bancs, la noirceur de la nef &#8212; la brume inutile des cendres parfum&#233;es formait un rideau transparent masquant mal l'aust&#233;rit&#233; de l'autel sculpt&#233; dans une seule pi&#232;ce de bois, les vitraux qui le surplombaient n'arrivaient m&#234;me pas &#224; refl&#233;ter la pure lumi&#232;re de la matin&#233;e, qui traversait difficilement la crasse bleut&#233;e du verre pour finir par s'&#233;crouler sur le sol que de fausses dalles, irr&#233;guli&#232;res et poussi&#233;reuses, achevaient d'absorber et de recouvrir. Quelques bougies immenses et tordues vacillaient de mani&#232;re ridicule sur les parois humides des transepts. L'officiant achevait de mettre en place l'ordre que des si&#232;cles n'avaient pas jug&#233; bon d'&#233;branler, mais simplement ignor&#233; &#8212; et l'ignorance transpirait ce lieu comme nul autre. Les portes majestueuses et illisibles &#233;taient donc grandes ouvertes d&#233;sormais puisque tout &#233;tait fini, mais presque personne n'&#233;tait sorti, parce que presque personne n'&#233;tait entr&#233; tout &#224; l'heure &#8212; et le vide de l'&#233;glise s'&#233;tait montr&#233; au vide du parvis aussi inquiet qu'elle du sort des &#226;mes ; sur les marches, Victor s'assit aupr&#232;s Anna, et avec elle, prit le temps de respirer l'ombre recouvrant les trois quarts de la place. On n'entendait qu'&#224; peine le murmure insignifiant de la foule au loin, tandis que le fleuve passait sous les colonnades des ponts.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maurice Blanchot | &#171; Et &#233;ternellement elle est l&#224; &#187;</title>
		<link>https://arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/article/maurice-blanchot-et-eternellement-elle-est-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/article/maurice-blanchot-et-eternellement-elle-est-la</guid>
		<dc:date>2013-11-19T22:39:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_vies</dc:subject>
		<dc:subject>_pages</dc:subject>
		<dc:subject>_Maurice Blanchot</dc:subject>
		<dc:subject>_&#233;vidences &amp; accords</dc:subject>
		<dc:subject>_sans mesure</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Qui peut dire : ceci est arriv&#233;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/anthologie-personnelle-pages/pages-arrachees/" rel="directory"&gt;Pages | Arrach&#233;es&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_vies" rel="tag"&gt;_vies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_pages" rel="tag"&gt;_pages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_maurice-blanchot" rel="tag"&gt;_Maurice Blanchot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_evidences-accords" rel="tag"&gt;_&#233;vidences &amp; accords&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_sans-mesure" rel="tag"&gt;_sans mesure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton1267.jpg?1384900786' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1267.jpg?1384900800&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;Maurice Blanchot, &lt;i&gt;L'arr&#234;t de mort&lt;/i&gt;, p. 125-157.&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;
&lt;object type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; data=&#034; http://arnaudmaisetti.net/son/dewplayer.swf?mp3=http://arnaudmaisetti.net/son/demort.mp3&amp;autoreplay=1&amp;showtime=1&amp;volume= 75&#034; height=&#034;20&#034; width=&#034;200&#034;&gt;&lt;param name=&#034;wmode&#034; value=&#034;transparent&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;
http://arnaudmaisetti.net/son/dewplayer.swf?mp3=http://arnaudmaisetti.net/son/demort.mp3&amp;autoreplay=1&amp;showtime=1&amp;volume= 75&#034;&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br/&gt; &lt;i&gt;&#171; viens &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne puis pas exactement dire si ces paroles, ou d'autres analogues, arriv&#232;rent jamais &#224; ses oreilles, ni non plus dans quel &#233;tat d'esprit j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; les lui faire entendre : c'est une question secondaire, de m&#234;me qu'il &#233;tait insignifiant de savoir si les choses s'&#233;taient r&#233;ellement pass&#233;es ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois seulement affirmer que cela est pour moi vraisemblable, les questions de dates mises &#224; part, car tout a pu remonter &#224; un moment bien plus ancien. Mais la v&#233;rit&#233; n'est pas dans ces faits. Les faits eux-m&#234;mes, je puis r&#234;ver de les supprimer. Mais, s'ils n'ont pas eu lieu, d'autres, &#224; leur place, arrivent et, &#224; l'appel de l'affirmation toute-puissante qui est unie &#224; moi, ils prennent le m&#234;me sens et l'histoire est la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se pourrait que N., en me parlant de ce &#8220; projet &#8221;, n'ait rien voulu de plus que d&#233;chirer, d'une main jalouse, les apparences dans lesquelles nous vivions. Il se peut que, lass&#233;e de me voir pers&#233;v&#233;rer avec une sorte de foi dans mon r&#244;le d'homme du &#8220; monde &#8221;, elle m'ait brusquement, par cette histoire, rappel&#233; la v&#233;rit&#233; de ma condition et montr&#233; du doigt o&#249; &#233;tait ma place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se peut encore qu'elle-m&#234;me ait ob&#233;i &#224; un commandement myst&#233;rieux, et qui &#233;tait le mien, et qui est en moi la voix &#224; jamais reconnaissante, voix jalouse elle aussi, d'un sentiment incapable de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut dire : ceci est arriv&#233;, parce que les &#233;v&#233;nements l'ont permis ? Ceci s'est pass&#233;, parce que, &#224; un certain moment, les faits sont devenus trompeurs et, par leur agencement &#233;trange, ont autoris&#233; la v&#233;rit&#233; &#224; s'emparer d'eux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi-m&#234;me, je n'ai pas &#233;t&#233; le messager malheureux d'une pens&#233;e plus forte que moi, ni son jouet, ni sa victime, car cette pens&#233;e, si elle m'a vaincu, n'a vaincu que par moi, et finalement elle a toujours &#233;t&#233; &#224; ma mesure, je l'ai aim&#233;e et je n'ai aim&#233; qu'elle, et tout ce qui est arriv&#233;, je l'ai voulu, et n'ayant eu de regard que pour elle, o&#249; qu'elle ait &#233;t&#233; et o&#249; que j'aie pu &#234;tre, dans l'absence, dans le malheur, dans la fatalit&#233; des choses mortes, dans la n&#233;cessit&#233; des choses vivantes, dans la fatigue du travail, dans ces visages n&#233;s de sa curiosit&#233;, dans mes paroles fausses, dans mes serments menteurs, dans le silence et dans la nuit, je lui ai donn&#233; toute ma force et elle m'a donn&#233; toute la sienne, de sorte que cette force trop grande, incapable d'&#234;tre ruin&#233;e par rien, nous voue peut-&#234;tre &#224; un malheur sans mesure, mais, si cela est, ce malheur je le prends sur moi et je m'en r&#233;jouis sans mesure et, &#224; elle, je dis &#233;ternellement : &#8220; Viens &#8221;, et &#233;ternellement elle est l&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
