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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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		<title>Ladj Ly, Les Mis&#233;rables</title>
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		<dc:creator>arnaud ma&#239;setti</dc:creator>


		<dc:subject>_Chantier critique</dc:subject>
		<dc:subject>_cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>_col&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>_Violence</dc:subject>
		<dc:subject>_Ladj Ly</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De Ladj Ly, Images bris&#233;es&lt;/p&gt;

-
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/ 
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&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_violence" rel="tag"&gt;_Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://arnaudmaisetti.net/spip/mot/_ladj-ly" rel="tag"&gt;_Ladj Ly&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/logo/arton2496.jpg?1575323011' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;small&gt;
&lt;center&gt;Un film de Ladj Ly&lt;br/&gt;
Avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/center&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane, tout juste arriv&#233; de Cherbourg, int&#232;gre la Brigade Anti-Criminalit&#233; de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux co&#233;quipiers, Chris et Gwada, deux &#034;Bacqueux&#034; d'exp&#233;rience. Il d&#233;couvre rapidement les tensions entre les diff&#233;rents groupes du quartier. Alors qu'ils se trouvent d&#233;bord&#233;s lors d'une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes...&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;div id='blogvision'&gt; &lt;iframe src='http://player.allocine.fr/19583998.html' style='width:640px; height:360px'&gt; &lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;big&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Images bris&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/big&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Derni&#232;re image&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondu au noir. Face &#224; face : l'enfant face au flic. La lutte, c'est depuis toujours le moteur de l'histoire. Et de part et d'autre, le choix des armes. Quand l'histoire se termine, ce qui commence est le contraire du film. La vie, la politique, le contraire de l'un et de l'autre : la mort de la politique quand le corps &#224; corps tient lieu de langage, de lieu, de temps. Alors le face &#224; face par quoi se termine le film, l'histoire : en haut des escaliers, de la barricade lev&#233;e par les &#233;tages des tours, Gavroche, levant haut l'arme artisanale, le br&#251;lot par quoi ce monde pourrait &#234;tre emport&#233; ; et en contrebas, en face, le flic qui aura pass&#233; sa premi&#232;re journ&#233;e en enfer, et &#224; travers lequel on aura travers&#233; le film et la ville, lui comme nous faisant l'apprentissage des codes et des langages, des corps, des violences, des irr&#233;conciliables : et c'est lui qui tient l'arme braqu&#233;e sur l'enfant. Plan suspendu sur une mise en demeure, en d&#233;fi &#8212; alors quelle arme ? Le dialogue, quand tout a &#233;t&#233; dit, ne sert qu'&#224; faire taire. Les coups ? Le silence, et la mort ? Rien ? T&#226;che &#224; ce monde de reprendre pied o&#249; le film s'ach&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images des corps fuyants&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Gavroche, C'&#233;tait le moineau becquetant les chasseurs. [&#8230;] Il se couchait, puis se redressait, s'effa&#231;ait dans un coin de porte, puis bondissait, disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait &#224; la mitraille par des pieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissait son panier. Les insurg&#233;s, haletants d'anxi&#233;t&#233;, le suivaient des yeux. La barricade tremblait ; lui, il chantait. Ce n'&#233;tait pas un enfant, ce n'&#233;tait pas un homme ; c'&#233;tait un &#233;trange gamin f&#233;e. On e&#251;t dit le nain invuln&#233;rable de la m&#234;l&#233;e. Les balles couraient apr&#232;s lui, il &#233;tait plus leste qu'elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort ; chaque fois que la face camarde du spectre s'approchait, le gamin lui donnait une pichenette.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/small&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on voit deux heures durant : des corps &#233;voluant dans un espace qui les contraint, et les poursuit, et cherchant dans les couloirs, les all&#233;es, les terrains : des passages. Corps passants, corps cherchant les passages secrets. Corps en cavale, d'enfants souvent, qui courent : passent &#224; travers les grilles, sautent au-dessus des murs. Enfants qui courent d&#232;s qu'on les appelle : d&#232;s qu'ils entendent police. Jeu d'enfants de courir : on appelait &#231;a l'&#233;pervier : je ne sais pas s'ils jouent encore &#224; l'&#233;pervier : eux, ils courent, et passent. Souvenirs des &lt;i&gt;400 coups&lt;/i&gt; : ce plan en plong&#233;e, enfants en file derri&#232;re le prof, qui courent, prennent la poudre d'escampette, se tirent, se d&#233;filent. M&#234;me plan ici, mais cette fois &#224; hauteur d'&#233;paule : et sans la joie, mais la terreur de recevoir les coups si on se fait attraper, alors on court, on ne se retourne pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2526792.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2526792.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg?1575322824' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images d'enfance&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la puissance terrible de la derni&#232;re s&#233;quence : que tout avait pourtant pr&#233;par&#233;. Les p&#232;res absents, les grands fr&#232;res parlant &#8212; came, fric, religion : foutaises &#8212;, enfants regardant plut&#244;t distraitement ailleurs, jouant, r&#234;vant : cherchent &#224; fuir encore, ici et l&#224;, les flics ou les barbus, Grands Fr&#232;res, autoproclam&#233;s m&#233;diateurs : les enfants tuent le temps plut&#244;t en attendant d'&#234;tre poursuivis, tu&#233;s, pire encore, laiss&#233;s pour mort. Sc&#232;ne o&#249; les gamins jouent &#224; la guerre avec des pistolets &#224; eau : et la bascule, imperceptible, o&#249;, soudain, ce n'est plus avec de l'eau qu'ils tirent. O&#249; l'enfance ? L&#224;, peut-&#234;tre, encore : dans les escaliers o&#249; ils montent la barricade, les insultes qu'ils hurlent les rendent dignes &#224; leurs propres yeux. Quand le nouveau flic tance l'autre, l'exp&#233;riment&#233;, celui-ci r&#233;plique : ici, on joue pas. Mais &lt;i&gt;le contraire du jeu n'est pas le s&#233;rieux, mais la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; : et la r&#233;alit&#233; qui s'invente par le jeu des enfants est plus r&#233;el que tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images du r&#233;el&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du r&#233;el des banlieues, il faudrait forc&#233;ment qu'il soit sordide : et quand il l'est, on r&#233;clame qu'il &#233;chappe aux clich&#233;s, et soit enchant&#233;. De part et d'autre, du r&#233;el ou de l'imaginaire, le cin&#233;ma voudrait se trouver pi&#233;g&#233; et se complait &#224; cela. Combien de films &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; la banlieue : au lieu d'&#234;tre des films. Comme si la banlieue &#233;tait un lieu &#224; part (elle l'est, comme tous les lieux). Peut-&#234;tre que le r&#233;el est lui-m&#234;me gorg&#233; d'imaginaires et de fantaisie, d'absurdit&#233;s magnifiques et d&#233;risoires, de beaut&#233;s &#233;tranges qui soul&#232;vent, d'ab&#238;mes. Par exemple ici : par effraction, un cirque entre dans la cit&#233; : imaginaire, documentaire ? Fragments arrach&#233;s &#224; la vie travers&#233;e par le r&#233;el hant&#233; par l'imaginaire. On vole un lionceau au cirque : c'est la fable, elle est simple, elle est aberrante et v&#233;ridique. Elle est un autre de ces tissus d'enfance par quoi le film se trame comme un complot contre le r&#233;el et l'imaginaire &#224; parts &#233;gales ; renversements incessants, vertigineux. Le documentaire dans l'art, c'est une facult&#233; &#224; arracher au pr&#233;sent son immanence : l'imaginaire n'est pas une cat&#233;gorie s&#233;par&#233;e du r&#233;el, il est son mouvement propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images de la violence&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle est &#233;videmment du c&#244;t&#233; de la loi, d'abord &#8212; moins faite pour &lt;i&gt;maintenir l'ordre&lt;/i&gt; que fabriquer de l'humiliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images du pouvoir&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absent. Pouvoir &#233;lu, irrepr&#233;sentable : partout pr&#233;sent dans les ruines qu'il a patiemment &#233;labor&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2568948.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2568948.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg?1575322824' width='500' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images des pouvoirs &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;jouant les oppositions st&#233;riles et lisses &#8212; police v/s d&#233;linquants des cit&#233;s &#8212;, film qui traverse les espaces stri&#233;s des autorit&#233;s pulv&#233;ris&#233;es. Religieux, m&#233;diateurs, BAC, m&#232;res : tous partagent un pouvoir mall&#233;able, qui parfois entre en collision, souvent s'&#233;change, se n&#233;gocie au nom d'int&#233;r&#234;t mouvant, distribu&#233;. On ne cherche pas la paix sociale, seulement &#224; garantir sa position d'influence. Quand on parle de &lt;i&gt;territoire perdu de la r&#233;publique&lt;/i&gt;, on oublie peut-&#234;tre que tous les mots sont insultants, &lt;i&gt;r&#233;publique&lt;/i&gt; d'abord, &lt;i&gt;territoire&lt;/i&gt; ensuite : comme un terrain mis en coupe r&#233;gl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images des tours&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un gamin utilise un drone pour filmer ce qui l'entoure, et tout bascule dans l'ordre de la repr&#233;sentation : depuis &lt;i&gt;L'Esquive&lt;/i&gt;, la g&#233;ographie des cit&#233;s rel&#232;ve surtout d'une g&#233;om&#233;trie &#8212; verticalit&#233; sans horizon, but&#233;e du regard qui dit la cl&#244;ture, l'enferment, l'impasse politique d&#233;j&#224; incorpor&#233;e dans le paysage. Mais le drone passe outre : se d&#233;pla&#231;ant de tours en tours, de hauteurs en hauteurs, il dresse la verticalit&#233; comme un enfant en fuyant la BAC : &#224; enjamber pour fuir. Ce qui change, dans la labilit&#233;, c'est la hauteur de vue : et c'est l'englobement : c'est aussi le labyrinthe vu d'en haut &#8212; la seule voie de sortie, ce seront les souterrains, l'int&#233;riorit&#233; du corps caverneux de la Cit&#233;, les entrailles des tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Premi&#232;re image &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fausse communion des victoires sportives, celles qui donnent l'illusion d'appartenir. Et pourtant la joie aussi, vraie, d'appartenir. Les enfants qui montent &#224; Paris pour la finale de la coupe du monde, ne verront rien du match, rel&#233;gu&#233;s sur les trottoirs, r&#233;agiront en voyant les autres r&#233;agir, ceux qui voient le match depuis l'int&#233;rieur des caf&#233;s. Reste que la Nation n'existe plus que comme c&#233;l&#233;bration sportive, et Mbapp&#233;, &#8212; comme on l'entend au passage &#8212;, un nuage autant qu'un mirage : une image.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/3929372.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/3929372.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg?1575322824' width='500' height='209' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Image du lion&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sc&#232;ne sid&#233;rante du face &#224; face (celui qui pr&#233;c&#232;de de loin la derni&#232;re image, mais l'annonce, la pr&#233;pare, la construit) de l'enfant et du lion, dans la cage. L'enfant, mort de peur : le visage d&#233;j&#224; d&#233;figur&#233; &#224; vie par le tir de flashball &#8212; et pourtant. Le lion, s'il est image de l'autorit&#233; virile, puissante, humiliante dans son d&#233;s&#233;quilibre, est aussi une force &#224; quoi se recharger. C'est en lion ensuite que l'enfant va apparaitre, d&#233;figur&#233; cette fois par la beaut&#233; de cette violence-l&#224; &#224; laquelle il puisera sa propre violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images des mis&#233;rables&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la mis&#232;re est la seule chose qui unit BAC et enfants de la Cit&#233;. Dans les regards mis&#233;rables, dans la mis&#232;re v&#233;cue, subie, partag&#233;e : m&#234;me s'ils restent de part et d'autre de la violence l&#233;gitime, de l'ali&#233;nation et de l'humiliation. Hugo voulait du roman des mis&#232;res lever l'image de la dignit&#233; de ceux qui ne sont pas dignes d'&#234;tre seulement repr&#233;sent&#233;s &#8212; dans les romans, &#224; l'Assembl&#233;e. Les mis&#233;rables, ce n'est pas qu'un titre : c'est le nom de ceux qui r&#233;pondent &#224; l'indignit&#233; qui leur est faite que le temps est pass&#233; du silence. Le titre est l'op&#233;ration d'un renversement : &#171; je suis tomb&#233; par terre, c'est la faute &#224; Voltaire ; le nez dans le ruisseau, c'est la faute &#224; Rousseau &#187;, chantait, agonisant, l'enfant des barricades glorieuses, qui rappelait la longue g&#233;n&#233;alogie des &#233;mancipations &#8212; la faute &#233;tait un titre de gloire. &#171; Tu diras que tu es tomb&#233; par terre. Que c'est de ta faute. R&#233;p&#232;te : c'est de la faute &#224; qui ? &#187;, &#192; l'enfant qu'il a mutil&#233;, le Baqueux ass&#232;ne une derni&#232;re violence politique : ajoute l'humiliation coupable &#224; la douleur. La &#171; faute &#187;, commise par la police fran&#231;aise, n'est pas une antiphrase : seulement une litote pour ne pas dire : l'institutionnalisation des crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Images derni&#232;res&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phrase d'Hugo, qui cl&#244;t le film : une &#233;pitaphe ou une derni&#232;re sommation ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_7575 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2587684.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/2587684.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg?1575322824' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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