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	<title>arnaud ma&#239;setti | carnets</title>
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	<description>Carnets d'&#233;critures et de lectures, journal, images, textes &amp; fictions web. (Depuis octobre 2005)</description>
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		<title>Jrnl | Et tout le tremblement</title>
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		<description>&lt;p&gt;Mardi 9 mai 2023&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;small&gt;
&lt;center&gt;Armand &#233;tait entr&#233; dans l'&#233;glise. &lt;br&gt;Il y avait un service mortuaire avec l'orgue et tout le tremblement.&lt;/center&gt;&lt;br&gt;
&lt;center&gt;Louis Aragon, &lt;i&gt;Les Beaux Quartiers &lt;/i&gt; (1936)&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait que l'expression soit n&#233;e dans un village normand au d&#233;but du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle : peut-&#234;tre sous la forme d'une plaisanterie d'enfants ou de vieillards (ce sont les m&#234;mes), quelques habitants de ce village l'ont forg&#233;e pour eux-m&#234;mes et &#224; leur usage pour d&#233;signer une &lt;i&gt;immense quantit&#233; de choses&lt;/i&gt; (et ce devait &#234;tre des pommes plut&#244;t que des monstres marins ou des coyotes), puis &#8212; qui sait ? &#8212; un voyageur passa par l&#224; qui l'emporta et la fit conna&#238;tre au monde qui n'attendait que cela : elle se r&#233;pandit comme un feu, br&#251;lant tout ; comment faisait-on avant ? j'imagine que le langage n'est pas n&#233; autrement, et nous autres aussi : dans le vent, le feu qui prend, le d&#233;sastre et la joie de voir le d&#233;sastre joyeusement &lt;i&gt;prendre&lt;/i&gt; vie, corps et &#226;mes et s'en aller : en 1856, l'expression (et avec elle le langage tout entier) entre en litt&#233;rature comme on prend possession des lieux &#8212; la gloire revient &#224; Auguste Marseille Barth&#233;l&#233;my qui note, dans &lt;i&gt;Troisi&#232;me journ&#233;e de la r&#233;volution&lt;/i&gt; la phrase fameuse : &lt;i&gt;Il fait trembler le sol sous un tremblement d'hommes&lt;/i&gt; ; la r&#233;p&#233;tition malheureuse n'entrave rien : le tremblement signifie au-del&#224; de son tremblement l'innombrable qui ne tremble en rien : ont surgi pour nous autres un mot et la r&#233;alit&#233; d&#233;sign&#233;e ainsi accrue, la possibilit&#233; de dire en elle ce qu'elle ne porte pas, le cri, tous les cris ensemble, et le silence, et ce qui suit, et ce qui pr&#233;c&#232;de, ceux qui les portent et ceux qui les vengent, ceux qui en sont veng&#233;s, les dieux, les arbres, les pierres et tout le tremblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment n'y avoir pas pens&#233; plus t&#244;t &#8212; toute une vie se serait ainsi d&#233;roul&#233;e vainement, mais maintenant je savais : c'&#233;tait, &#224; la sortie du sommeil, dans le petit matin de cinq heures, l'&#233;vidence : par elle je tenais le secret, celui qui descellait tout, cette existence terrestre et l'autre, vraiment : c'&#233;tait pourtant l&#224;, depuis tout ce temps sous mes yeux, et comment, et pourquoi pas plus t&#244;t ; le r&#234;ve me la livrait pied et poings, et avant que l'id&#233;e m'&#233;chappe, je saisis le t&#233;l&#233;phone et l'&#233;cris rageusement dans une note, puis m'effondre sans doute &#233;puis&#233; par l'acte terrible que je venais de commettre en quelques mots qui expliquaient sous des termes limpides et pr&#233;cis ce qu'il suffisait de faire pour commettre le livre imparable qui saurait d&#233;visager l'&#233;poque, celle-ci et toutes les autres : je me l&#232;ve deux heures plus tard ayant tout oubli&#233; ; ce soir, j'ouvre la note : j'avais &#233;crit : &#171; Raconter avec ses mots le r&#234;ve d'un autre dans les souvenirs de quelqu'un d'autre &#187; &#8212; on est peu de choses, d&#233;cid&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied de la cath&#233;drale de Bourges o&#249; je ne fis que passer la semaine derni&#232;re, et devant tout monument qui expose sa verticalit&#233; comme une puissance arrach&#233;e &#224; la terre et la d&#233;fiant, d&#233;fiant tout aussi bien le ciel et le temps, s'est impos&#233;e comme toujours cette pens&#233;e, comme une ombre port&#233;e sur les cris de ceux qui l'arrach&#232;rent du sol sous les cris de ceux qui tenaient le fouet et qui b&#226;tissant au-del&#224; d'eux au nom de la Gloire sacrifi&#233;e en son nom et dont le sang repose quelque part sous la premi&#232;re pierre, une simple pens&#233;e vers ces cris dont on entend dans Bourges endormi que l'&#233;cho disparu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_9451.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://arnaudmaisetti.net/spip/IMG/jpg/img_9451.jpg?1683647556' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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