Liverpool | un jour, une nuit
6 mai 2013



John Lennon Airport, du nom de l’aéroport qui porte ce nom

premières façades, les murs de la ville

église, toit de ciel


certains noms de certaines rues restent indéchiffrables

c’est donc ici qu’on est ici

nudité en trompe l’œil


toujours sans toit, toujours avec le ciel

we want beer (c’est écrit)

sur chaque façade : à vendre, à vendre (ou l’énigmatique : to let)

des cratères de maisons, l’invitation à cuisiner, pourquoi pas des fleurs

entrepôts transformés en commerces (mais aucune saison sur les quatre, ici)

implicite message

point d’interrogation

au pied du mur

à gauche, on irait quelque part par là

à droite, quelque part par ici


et devant, des murs encore


oui, quelles nouvelles ?

mêmes choses

rue assez large pour passer le corps

suffit de suivre les flèches

suffit de contourner les flèches

suffit de ne pas écouter les flèches

please




c’était cela, le mot, la posture, le geste

le centre est un trou, des couloirs dessous la terre

et sur d’étranges tours, le contraire du centre


et le contraire des oiseaux

ici est toujours autant ici


et le présent toujours aussi lointain

invitation à la tangente

certaines façades ressemblent à des façades

d’autres, pas du tout

à droite, il y a tout, à gauche, autant

promontoire partout, pâtre nulle part

choisissez

plus de toits, moins de ciel

même interrogation, rue différente

immeuble déformé par lui-même

docks comme des places fortes

des départs, s’il vous plaît

des arrivées, sans cesse




et pourtant

à la prochaine vague (c’est une menace, ou une promesse ?)

là est la menace

ici, la promesse

le manège

jamais plus haut que le ciel


ni plus loin que la terre

marcher jusque là, peut-être

s’approcher encore plus près

plus près encore

rien d’autre

que de la brique habitée

regarde le ciel

et descends par là


des heures plus tard, le ciel est tombé aussi

impossible de faire le point sur le jour

sur la mer qui s’éloigne

qui prend la couleur du soir d’encre

mais au détour, sous l’arbre, recroquevillé

son île

des rues sans nom

des porches immobiles

des docks nommés d’anonymat

des invitations à la nage

à rouler les yeux de fatigue


à suivre la piste (c’est par là, tout Babylone le devinait)

mais vide, toujours aussi vide

toujours aussi noire et vide

le nom du pub : Lady of Mann (oui)

la porte qui avait la forme de la rue



la rue qui avait la forme d’une porte



mais de l’autre côté, ce n’est que le matin

qui passe sous le coup des tambours


et d’autres docks (le jour en apporte tant)

une seule direction, une seule

par ici


arnaud maïsetti - 6 mai 2013

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