crépuscules
21 novembre 2009



L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient.
Charles Baudelaire, Le Crépuscule du matin

16 octobre, au matin, devant le jour qui monte, prendre note par l’image chaque minute de ce qui s’efface à mesure que le ciel s’ouvre par le bas ; les détails, les reliefs, le froid, et la conscience des choses qui meurent, tout cela qu’on ne retient pas, mais que le jour met à mort, seconde après seconde.

attendre, pendant une heure, et chaque minute, prendre à la couleur sa latence comme un poids exercé sur l’horizon qui le plie et le déforme.

ne retenir ici au hasard que quatorze positions du jour, de 7h37 à 8h24.

quand le jour est levé, debout sur la terre, tout autour le réel en désordre est allongé de tout son long à ses pieds : le monde épuisé - épuisé oui, de tant de puissance, de tant d’énergie déployée pour s’ériger - retombe.

il commence à pleuvoir.


arnaud maïsetti - 21 novembre 2009

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