Vietnam #1 | Hanoi, ville réelle
19 octobre 2015



5 octobre. Thành Phõ’ Hà Nôi.

Chaleur moite, brume épaisse qui se déchirera à midi. La ville en tous sens : depuis le centre, ballets de motos qui s’évitent de justesse (pas vu un seul accident, miracles par centaines). Et puis, le communisme réel. Celui qui, loin du vieux-centre levé de maisons de trois étages étroites, dresse comme des hommes la pierre des monuments invivables, et le rouge pour rappeler le sang du peuple libéré.


premiers regards, premières lumières

notre seule patrie, l’enfance

même les insultes sont illisibles

en lettre de feu (et de sang)


l’invincibilité des forêts

ci-git le palais du Gouverneur des colonies françaises d’Orient


et ci-git la dépouille immortelle du cadavre dont le nom est sur toutes les lèvres


comme on garde un secret


pays dont les musées ressemblent à des prisons à la gloire de la liberté

les années passées comme pour justifier le présent


bureau du libérateur : sous le regard des maîtres


et dans les rues, le même défilé des passants indifférents



la ville est une occupation de l’espace, et son franchissement



là où le temps pourrait s’arrêter (l’arracher à pleine main)

couleur du passé perdu : formes noircies comme les dents d’un mauvais souvenir

le nom de la ville : Hanoi, presque 2 000 km de Saigon, que personne n’appelle jamais Ho Chi Minh (sauf en France)


arnaud maïsetti - 19 octobre 2015

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