La Ville écrite | Violet
8 mars 2016



Un assaut, c’est ce qui s’annonçait sur les murs de la ville.

D’abord, un seul mot.


Le feutre violet prend le contrôle des rues de Marseille


Sur un endroit précis et anonyme – anonyme mais précis ? précis mais anonyme ? –, ce simple et décisif mot, qui est une phrase.

Et puis, rien.

Un mot griffé sous cette fenêtre, suivi de quelques jours, qui devenaient des mois, et des années. Un matin, on effacerait ce mot et avec lui son mystère.

Reste que le type qui avait écrit, en souriant, ou de rage, ou sans savoir pourquoi, ou sachant très bien le pouvoir inefficace de son appel, demeurait aussi inconnu que le sens de son mot.

C’est à ce genre de signes, intouchables, incompréhensibles et qui n’accompliraient jamais leur promesse qu’on reconnaissait la beauté du monde.

Peut-être parce qu’ils soulevaient en nous la colère d’en décupler la force, je crois.


arnaud maïsetti - 8 mars 2016

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