Job | « Où étais-tu quand je fondais la terre ? »
29 novembre 2012



Le livre de Job, chapitre 38-39


[1] L’Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit :
[2] Qui est celui qui obscurcit mes desseins Par des discours sans intelligence ?
[3] Ceins tes reins comme un vaillant homme ; Je t’interrogerai, et tu m’instruiras.
[4] Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l’intelligence.
[5] Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ? Ou qui a étendu sur elle le cordeau ?
[6] Sur quoi ses bases sont-elles appuyées ? Ou qui en a posé la pierre angulaire,
[7] Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d’allégresse, Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ?
[8] Qui a fermé la mer avec des portes, Quand elle s’élança du sein maternel ;
[9] Quand je fis de la nuée son vêtement, Et de l’obscurité ses langes ;
[10] Quand je lui imposai ma loi, Et que je lui mis des barrières et des portes ;
[11] Quand je dis : Tu viendras jusqu’ici, tu n’iras pas au delà ; Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots ?
[12] Depuis que tu existes, as-tu commandé au matin ? As-tu montré sa place à l’aurore,
[13] Pour qu’elle saisisse les extrémités de la terre, Et que les méchants en soient secoués ;
[14] Pour que la terre se transforme comme l’argile qui reçoit une empreinte, Et qu’elle soit parée comme d’un vêtement ;
[15] Pour que les méchants soient privés de leur lumière, Et que le bras qui se lève soit brisé ?
[16] As-tu pénétré jusqu’aux sources de la mer ? T’es-tu promené dans les profondeurs de l’abîme ?
[17] Les portes de la mort t’ont-elles été ouvertes ? As-tu vu les portes de l’ombre de la mort ?
[18] As-tu embrassé du regard l’étendue de la terre ? Parle, si tu sais toutes ces choses. [19]
Où est le chemin qui conduit au séjour de la lumière ? Et les ténèbres, où ont-elles leur demeure ?
[20] Peux-tu les saisir à leur limite, Et connaître les sentiers de leur habitation ?
[21] Tu le sais, car alors tu étais né, Et le nombre de tes jours est grand !
[22] Es-tu parvenu jusqu’aux amas de neige ? As-tu vu les dépôts de grêle,
[23] Que je tiens en réserve pour les temps de détresse, Pour les jours de guerre et de bataille ?
[24] Par quel chemin la lumière se divise-t-elle, Et le vent d’orient se répand-il sur la terre ?
[25] Qui a ouvert un passage à la pluie, Et tracé la route de l’éclair et du tonnerre,
[26] Pour que la pluie tombe sur une terre sans habitants, Sur un désert où il n’y a point d’hommes ;
[27] Pour qu’elle abreuve les lieux solitaires et arides, Et qu’elle fasse germer et sortir l’herbe ?
[28] La pluie a-t-elle un père ? Qui fait naître les gouttes de la rosée ?
[29] Du sein de qui sort la glace, Et qui enfante le frimas du ciel,
[30] Pour que les eaux se cachent comme une pierre, Et que la surface de l’abîme soit enchaînée ?
[31] Noues-tu les liens des Pléiades, Ou détaches-tu les cordages de l’Orion ?
[32] Fais-tu paraître en leur temps les signes du zodiaque, Et conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits ?
[33] Connais-tu les lois du ciel ? Règles-tu son pouvoir sur la terre ?
[34] Élèves-tu la voix jusqu’aux nuées, Pour appeler à toi des torrents d’eaux ?
[35] Lances-tu les éclairs ? Partent-ils ? Te disent-ils : Nous voici ?
[36] Qui a mis la sagesse dans le cœur, Ou qui a donné l’intelligence à l’esprit ?
[37] Qui peut avec sagesse compter les nuages, Et verser les outres des cieux,
[38] Pour que la poussière se mette à ruisseler, Et que les mottes de terre se collent ensemble ?
[39] Chasses-tu la proie pour la lionne, Et apaises-tu la faim des lionceaux,
[40] Quand ils sont couchés dans leur tanière, Quand ils sont en embuscade dans leur repaire ?
[41] Qui prépare au corbeau sa pâture, Quand ses petits crient vers Dieu, Quand ils sont errants et affamés ?

[1] Sais-tu quand les chèvres sauvages font leurs petits ? Observes-tu les biches quand elles mettent bas ?
[2] Comptes-tu les mois pendant lesquels elles portent, Et connais-tu l’époque où elles enfantent ?
[3] Elles se courbent, laissent échapper leur progéniture, Et sont délivrées de leurs douleurs.
[4] Leurs petits prennent de la vigueur et grandissent en plein air, Ils s’éloignent et ne reviennent plus auprès d’elles.
[5] Qui met en liberté l’âne sauvage, Et l’affranchit de tout lien ?
[6] J’ai fait du désert son habitation, De la terre salée sa demeure.
[7] Il se rit du tumulte des villes, Il n’entend pas les cris d’un maître.
[8] Il parcourt les montagnes pour trouver sa pâture, Il est à la recherche de tout ce qui est vert.
[9] Le buffle veut-il être à ton service ? Passe-t-il la nuit vers ta crèche ?
[10] L’attaches-tu par une corde pour qu’il trace un sillon ? Va-t-il après toi briser les mottes des vallées ?
[11] Te reposes-tu sur lui, parce que sa force est grande ? Lui abandonnes-tu le soin de tes travaux ?
[12] Te fies-tu à lui pour la rentrée de ta récolte ? Est-ce lui qui doit l’amasser dans ton aire ?
[13] L’aile de l’autruche se déploie joyeuse ; On dirait l’aile, le plumage de la cigogne.
[14] Mais l’autruche abandonne ses œufs à la terre, Et les fait chauffer sur la poussière ;
[15] Elle oublie que le pied peut les écraser, Qu’une bête des champs peut les fouler.
[16] Elle est dure envers ses petits comme s’ils n’étaient point à elle ; Elle ne s’inquiète pas de l’inutilité de son enfantement.
[17] Car Dieu lui a refusé la sagesse, Il ne lui a pas donné l’intelligence en partage.
[18] Quand elle se lève et prend sa course, Elle se rit du cheval et de son cavalier.
[19] Est-ce toi qui donnes la vigueur au cheval, Et qui revêts son cou d’une crinière flottante ?
[20] Le fais-tu bondir comme la sauterelle ? Son fier hennissement répand la terreur.
[21] Il creuse le sol et se réjouit de sa force, Il s’élance au-devant des armes ;
[22] Il se rit de la crainte, il n’a pas peur, Il ne recule pas en face de l’épée.
[23] Sur lui retentit le carquois, Brillent la lance et le javelot.
[24] Bouillonnant d’ardeur, il dévore la terre, Il ne peut se contenir au bruit de la trompette.
[25] Quand la trompette sonne, il dit : En avant ! Et de loin il flaire la bataille, La voix tonnante des chefs et les cris de guerre. [26] Est-ce par ton intelligence que l’épervier prend son vol, Et qu’il étend ses ailes vers le midi ?
[27] Est-ce par ton ordre que l’aigle s’élève, Et qu’il place son nid sur les hauteurs ?
[28] C’est dans les rochers qu’il habite, qu’il a sa demeure, Sur la cime des rochers, sur le sommet des monts.
[29] De là il épie sa proie, Il plonge au loin les regards.
[30] Ses petits boivent le sang ; Et là où sont des cadavres, l’aigle se trouve.


arnaud maïsetti - 29 novembre 2012

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