
Celui dont l’âme pèse de cailloux de terres grasses de glaise à mottes lourdes et noires et lisses tranchées mais net par les charrues et renversées cul dessus tête et sur lesquelles on marche à se casser les chevilles mais même pas même pas et tout au bout du champ s’en retourner et reprendre sillon et puis encore et puis encore jusqu’aux draps gris du soir gris crépuscule qui nous mord à l’épaule et nous fait frissonner de peur de fatigue rentrer alors avec les bêtes l’araire est resté couché sur la terre on le lèvera demain pour s’y remettre et puis encore et puis encore sans trop savoir ce qu’on peut croire attendre de nos vies vides de nos semailles à tête de pioche sans pouvoir savoir qu’après viendront tracteurs et puis plus gros toujours plus gros mais nous déjà bien morts bien recroquevillés dessous nos terres nos bans nos espaces incertains nos chemins dénoués mais nous déjà rongés fondus presque oubliés dans nos cimetières fermant les routes les horizons presque oubliés de ceux d’après ceux nés juste après nous et puis après et puis après jusqu’à ce que naisse quand même celui dont l’âme pèse.
Le premier vendredi du mois, depuis juillet 2008, est l’occasion de Vases communicants : idée d’écrire chez un blog ami, non pas pour lui, mais dans l’espace qui lui est propre ; vases communicants. Autre manière d’établir un peu partout des liens qui ne soient pas seulement des directions pointant vers, mais de véritables textes émergeant depuis.
Pour les Vases communicants #5, Daniel Bourrion occupe l’espace ici, et ce jour,je suis chez lui.
Et d’autres vases communicants ce mois

Michèle Dujardin et Cécile Portier
Anthony Poiraudeau et Brigitte Célérier
François Bon et Marc Pautrel
Elle c dit et fut il ou versa-t-il
Christine Jeanney et Juliette Zara
Zoe Ludicer et Mot(s)aïques
Dominique Boudou et Anna de Sandre
Luc Lamy et Frédérique Martin
Hélène Clemente et Isabelle Rosenbaum
Pierre Ménard etJean Prod’hom
Pierre Chantelois et Hervé Jeanney